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| Lettre
N°10 |
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| Décembre
2004 Le temps de l’Avent chemine lentement vers sa fin…La sobriété dans le boire et manger, peut-être le jeûne et une prière plus intense, nous ont fait sentir en profondeur le mystère de cette secrète attente…Notre désir s’est retiré des multiples besoins que fait miroiter à nos yeux la société de consommation, il expérimente ainsi l’immense bienfait du recueillement le plus intérieur et de son enracinement en Dieu seul. Et voici Noël ! Mais, comme dit saint Jean Chrysostome (IV°s), que nous soyons préparés ou non, pour tous indistinctement et pour chacun en particulier, Noël c’est le temps qui bascule définitivement des ténèbres dans la Lumière et de la tristesse dans la Joie ! Noël, c’est le temps qui s’accomplit et entre dans sa Plénitude, la création est à son achèvement, la terre-mère enfante Dieu en personne, l’Emmanuel annoncé par les prophètes, Dieu avec nous. Avec nous, en nous, en toutes choses, en tout temps, en tout événement, en toute souffrance, en toute contrariété, en tout ce qui va et en tout ce qui ne va pas !
Oui, désormais plus rien n’est pareil, tout, sans exception
est épiphanie, tout accouche du Verbe de Dieu, tout est Signe,
Parole, partout le Visage du Christ se manifeste…Tout est joie,
tout est lumière, tout est Présence ! Cette Nuit, Dieu devient
pour moi plus réel que le pain dans lequel je plante mes dents,
disait Antoine de Saint Exupéry. Carl Jung dit que l’homme ne devrait jamais oublier que Dieu est né dans une écurie. Dieu ne peut naître en nous que si nous acceptons de voir notre propre écurie en nous, notre chaos et notre désordre intérieur, ce qui pue en nous et que nous cachons aux autres… A Noël nous fêtons le commencement de la vie nouvelle. Dieu devient homme pour renouveler l’humanité moribonde. Dieu veut naître en chacun de nous pour déposer en nous la nouveauté absolue, pour que chacun éprouve ce qu’est le premier contact avec son commencement le plus personnel : sa naissance en Dieu et de Dieu en lui. Hélas…bien souvent nous refusons la nouveauté, nous avons nos idées sur la manière dont Dieu doit venir à nous, nous ne permettons pas à Dieu d’être Dieu. Comme à Bethléem, « il n’y a pas de place pour Lui dans notre hôtellerie »… En s’incarnant, Dieu, l’éternité, est entré dans le temps. Maintenant Dieu est Dieu dans l’instant présent ; l’instant est désormais une Présence, une Présence réelle. Comme disait François d’Assise : la profondeur d’un homme est dans sa puissance d’accueil, dans l’acceptation humble et joyeuse de ce qui est, de tout ce qui est. A travers chaque événement c’est Dieu qui m’aime et vient à moi : il est au creux de l’événement, dans le « ici et maintenant », comme dans la grotte de Bethléem, Il se cache à ceux qui le refusent (Hérode, Grands Prêtres, Scribes...), et Il se manifeste à ceux qui l’accueillent (Bergers, Mages…tous les humbles !), et cela dans le même événement. Dans le même événement aujourd’hui encore, les uns rencontrent Dieu, les autres le refusent…
La seule attitude qui peut nous donner la Paix et nous inonder de Joie,
nous l’apprenons en cette Nuit lumineuse : devenir enfant, c'est-à-dire
réceptivité totale, ouverture à tout ce qui advient,
abandon à la volonté divine : fais de moi, Seigneur, ce
que Tu veux ! C’est le grand « oui » à la vie
de Marie. Que la lumière de Celui qui était, qui est et qui vient illumine toute votre vie ! Avec notre profonde affection, à bientôt ! Père
Alphonse et Rachel. Prière pour le temps de Noël:
Bethléem
a ouvert l’Eden ; venez, contemplons Le : Où Tu es né pour nous, enfant nouvelet, Dieu prééternel. Kondakion
de Noël (Roman le Mélode, VI°s)
Il ne vient pas juger la terre, mais la sauver. Voici qu’une voix s’est fait entendre par toute la terre : le Seigneur vient. Ne fuis pas, ne crains pas. Il ne vient pas avec des armes ; Il cherche à sauver, non pas à punir. Il vient petit enfant et la Vierge sa mère enveloppe dans les langes ses membres fragiles, et tu crains encore ? Cela même pourtant doit te convaincre qu’Il ne vient pas te perdre, mais te sauver ; Il
vient te délivrer et non t’enchaîner. Saint Bernard,
abbé de Clairvaux (XIIe s.)
Sessions
en cours à Béthanie
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