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Janvier
2005
Chers
Amis,
Le 24 décembre, c’était la nuit la plus longue de
l’année ; au solstice de l’hiver, les ténèbres
nous envahissent. Au cœur même de ces ténèbres,
en leur centre le plus intime, puisque c’est à minuit : la
naissance du Christ ! Désormais nous le savons : toutes nos nuits,
tout ce qui est sombre en notre vie, nos problèmes et jusqu’au
moindre souci, mais surtout nos souffrances si obscures, portent en leur
profondeur un secret mystère.
C’est
la Lumière du Christ ! Elle éclaire tout homme, dit saint
Jean, et de sa plénitude nous avons tous reçu grâce
pour grâce (Jn 1,5,9 et 16). De là découle, depuis
l’Incarnation du Verbe à Noël, un véritable style
de vie, une manière d’être radicalement nouvelle :
s’exposer, non aux ténèbres ou à nos problèmes
et souffrances, mais à Celui qui y est descendu. Ne pas se laisser
emprisonner par ce qui est négatif, mais se laisser irradier par
la Présence et la Lumière du Christ. Ceux qui persévèrent
dans cette attitude, et la renouvellent souvent au cours de la journée,
savent qu’elle contient la réponse à tous nos tourments
!
Nous
voulions encore une fois partager avec vous cette extraordinaire «
Bonne Nouvelle » de notre libération en ce début d’année,
car quel vœu peut être plus grand que celui-là ? Avec
lui, nous avons vraiment l’audace de croire que votre année
sera profondément « heureuse » !
Mais ce n’est pas tout…Pour que cet événement
inouï de Noël prenne racine dans nos consciences et nos cœurs,
il a fallu qu’il se déploie dans toute l’ampleur de
son mystère à travers les trois grandes théophanies
que nous avons célébrées durant les premiers dimanches
du mois de janvier. On peut donc dire que toute l’année trouve
ici son ancrage et que le temps qui va s’écouler peut puiser
en cette Source sa dimension d’éternité. Ce n’est
qu’à cette condition d’ailleurs que Noël, c'est-à-dire
la naissance du Christ en nous, sera la fête de tous les jours.
La première grande théophanie, c’est la manifestation
de Jésus aux trois Mages. A travers eux, la « Bonne Nouvelle
» qu’est l’Evangile, est proclamée à toutes
les nations. Le Messie ne vient pas seulement pour les Juifs, mais pour
tous les hommes sans distinction. Les trois Mages récapitulent
toute l’humanité, toutes les Traditions sans Dieu ou en recherche
de Dieu à travers les éléments du monde : l’or,
l’encens et la myrrhe. C’est le chemin long de toutes les
Traditions. Elles sont toutes humaines comme la myrrhe, royales comme
l’or et divines comme l’encens. Les méandres de leur
cheminement peuvent être longs, mais si leur recherche est humble
et leur question sincère : « Où est le Roi des Juifs
? », alors l’astre qui passionne leur vie se manifestera un
jour comme « le Soleil de Justice » et l’hommage de
leur quête deviendra adoration vivante. Que cherchez-vous ? demandera
le Christ à ses premiers disciples (Jn 1,38). Tout est là,
en effet. Quels sont les motifs qui m’animent à chaque instant
? Quelle est l’étoile qui illumine mon ciel intérieur
?
La deuxième théophanie, c’est le baptême de
Jésus dans les eaux du Jourdain. En descendant physiquement dans
l’eau, le Créateur s’immerge dans la matière
et sanctifie tout l’univers. Tout s’imprègne de sa
Présence, le cosmos tout entier est appelé à être
transfiguré. Le monde minéral n’est pas de pierre,
mais rempli d’Esprit ; à travers chaque brin d’herbe
Dieu me dit : « Je suis là et je t’aime » ; toute
beauté qui me touche est l’expérience de ce Buisson
Ardent intérieur à tout et m’invite à une relation
vivante…C’est cela le sens du ciel qui s’ouvre sous
les yeux stupéfaits de Jean-Baptiste. Il entend la voix du Père
et voit descendre l’Esprit sur le Christ plongé dans les
eaux. Révélation suprême du Dieu trois fois saint
au cœur de toute chose ; le ciel, c’est la profondeur de tout
ce qui existe, le fond de toute chose est Amour. Nous chantons à
juste titre : « Toi qui es partout présent et qui remplis
tout … !». Par notre baptême, nous avons en permanence
la grâce de vivre « à ciel ouvert »…
La troisième théophanie, ce sont les noces de Cana en Galilée,
où Jésus manifeste pour la première fois sa gloire
de Messie. On retrouve ici le rôle primordial, normatif, de Marie
: Ils n’ont plus de vin, dit-elle et fait remarquer ce manque fondamental
d’une vie plate, sans saveur, où toute ivresse mystique est
tragiquement absente. Mais en même temps, elle donne la vraie clé
pour faire muter le quotidien en une toute autre dimension : Faites tout
ce qu’Il vous dira. Alors Jésus transforme l’eau en
vin et ouvre par là les temps messianiques annoncés par
les prophètes : c’est son « Heure » qui culminera
au Golgotha, où Il transformera ce vin en son propre sang et ce
sang en feu de l’Esprit qui remplit tout.
Le Christ est l’Amour incarné, ce qu’Il nous dit de
faire c’est d’aimer. Il ne peut rien dire d’autre !
Or « aimer », c’est la clé de toute transformation.
Seul l’amour ouvre l’instant présent sur l’Au-delà,
troue l’absurde et le néant, arrache le quotidien à
ses limites et nous fait découvrir que la vie est une noce, une
alliance avec l’Eternel au cœur du temps. Exerçons-nous
à ce tressaillement de joie inconnue qui sourd pourtant au fond
de nous et entrons, ne serait-ce qu’un peu, dans ce vacillement
d’ivrogne fou…car, pour celui qui aime, les promesses du Messie
se réalisent !
Avec
toute notre affection, à bientôt
Père
Alphonse et Rachel
Prière
de saint Syméon le Nouveau Théologien (XI°siècle)
C’est
Toi le Royaume des cieux,
C’est
Toi, ô Christ, la terre promise aux doux,
Toi la prairie
du paradis, Toi la salle du banquet divin,
Toi la chambre
des noces ineffables, Toi la table ouverte à tous,
Toi le pain
de vie, Toi le breuvage inouï,
Toi à
la fois l’urne pour l’eau et l’eau de la vie,
Toi encore
la lampe inextinguible pour chacun des saints,
Toi le vêtement
et la couronne, et celui qui distribue les couronnes,
Toi la joie
et le repos, Toi les délices et la gloire,
Toi l’allégresse,
Toi la félicité ;
et ta grâce, ô mon Dieu, brillera comme le soleil, grâce
de l’Esprit de toute sainteté.
Texte d’un Père à méditer
De l’expérience spirituelle dépendent la modification
radicale
de l’homme et l’avenir du monde.
Père Thomas
Merton (XX°siècle)
Sessions
en cours à Béthanie
Les
5 et 6 février : « La puissance
de la louange », clé de toute joie pour transfigurer
le quotidien. info
Du
11 au 15 février : initiation à
la « Prière de Jésus : Prière du Coeur »,
le bâton de pèlerin de la prière incessante
et quintessence de l’antique Tradition hésychaste. info
Les
19 et 20 février : Bertrand Vergely
sur le thème de « l’émerveillement ».
Ecouter ce philosophe passionné par la vie éveille vraiment
nos fondements endormis ! info
Les
26 et 27 février avec le Père
Francis Dekeyser sur « L’art d’être dans l’instant
». La vigilance est le nerf de toute vie spirituelle. C’est
un vrai combat, mais le corps nous en offre la victoire.info
Informations
Nous
nous réjouissons avec tous à cause de l’extraordinaire
solidarité humaine qui s’est manifestée autour du
cataclysme indonésien.
Il
y a des ressources inouïes dans le cœur de l’homme et
cela allume une grande Lumière au milieu des ténèbres
de notre histoire. Mais, comme nous l’avons dit dans la lettre plus
haut, il serait tragique que cette Lumière ne fasse pas son chemin
en chacun de nous pour nous transformer. En effet, l’homme est un
« microcosme », disent les Pères, il contient le cosmos
tout entier et se trouve dans une unité inséparable avec
lui.
La
conclusion est alors claire : ce qui arrive à l’homme arrivera
à la nature. Si l’homme est divisé, décentré,
sans vie spirituelle, c’est-à- dire sans aucune référence
au Créateur, ne vivant que de violences et de guerres…la
nature se révolte, se met en colère, tremble et nous fait
des caprices climatiques. La plus haute urgence, si nous voulons transformer
le monde, c’est de commencer par la transformation de nous-mêmes.
Là, chacun est vraiment responsable.
Aujourd’hui,
pas seulement les mystiques, mais des scientifiques, comme par exemple
Masaru Emoto, le prouvent (voir son livre « Messages sur l’eau
»).
En savoir plus:
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