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Juin
2005
Chers
Amis,
Dans notre dernière lettre, nous vous avons invités à
vous accorder au Christ par le chant quotidien des Psaumes. Si vous êtes
fidèles à cette pratique, vous entendez sans doute déjà
que « cela » chante au fond de vous. Une percée commence
à se faire vers le Son au-delà de tout son, le Verbe de
Dieu qui a établi sa demeure dans votre profondeur. Et plus vous
avancez dans ce mystère, plus vous aurez la secrète nostalgie
de connaître son Visage et de vivre dans son rayonnement. Vient
alors le moment d’ouvrir l’Evangile et d’en lire tous
les jours un petit passage. C’est ce que la tradition appelle :
« Lectio Divina », lecture divine, savoureuse, de la Parole
de Dieu. Elle ne doit jamais faire défaut de votre « Ordo
» journalier ! Pas plus que pour les Psaumes, il n’est question
ici de quantité…Si l’on n’a pas le temps, on
lit un verset et on l’emporte avec soi. On le rumine toute la journée
et il pénètre jusqu’à la moelle des os…Le
but est atteint !
Nous sommes dans la logique de l’Incarnation du Verbe : la Parole
devient chair en nous, elle nous féconde, nous modèle et
fait germer en nous une renaissance. Nous acquerrons peu à peu
l’Esprit du Christ et alors nous pensons, parlons et agissons en
Lui, comme Lui. En naissant ainsi au Christ, nous naissons à notre
propre identité, car le noyau de notre être et l’être
du Christ sont identiques. Nous sommes créés à chaque
instant « à son image » pour lui devenir toujours plus
« conforme », dit la Bible. C’est ce processus qui est
le tout du Chemin.
Vivante, en effet, est la Parole de Dieu, efficace et plus incisive qu’aucun
glaive à deux tranchants, elle pénètre jusqu’au
point de division de l’âme et de l’esprit, des articulations
et des moelles, elle peut juger les sentiments et les pensées du
coeur, dit l’Epître aux Hébreux (4,12). La Parole est
donc une puissance créatrice, mais aussi une puissance de restauration
: elle nous sauve et nous guérit, elle combat les passions et s’offre
à nous comme le plus merveilleux instrument de progrès spirituel,
un remède contre tous les maux, bien supérieur à
tous les autres…
Quelles sont les conditions d’une lecture féconde de la Parole
de Dieu ?
1.
Invoquer l’Esprit Saint avant de lire le texte. Toute la Tradition
l’enseigne : dès que j’accueille le Verbe dans la
prière, l’Esprit me le rend intérieur et m’en
communique l’expérience. Il fait de la Parole un sacrement,
elle devient chair en moi. Sans l’invocation de l’Esprit
Saint, il ne se passera jamais rien ; le texte ne sera qu’une
relique d’un passé définitivement révolu…
2.
Après la prière vient alors le temps de la lecture elle-même.
Il est important de se fixer et l’heure de la lecture et le laps
de temps qu’on lui consacrera. Cette discipline fait partie de
l’ascèse et ouvre déjà le coeur au don de
soi. Si le texte est vraiment pour moi une Présence, ce temps
est alors un rendez-vous. Qui oserait le manquer ?
3.
Un temps déterminé, mais aussi un passage déterminé.
Une bonne méthode de lecture consiste à suivre le calendrier
liturgique au jour le jour, ce qui permet d’épouser les
mystères qui se déploient tout au long de l’année
: Noël, Pâques, Pentecôte…etc. Ou tout simplement
lire l’Evangile du début à la fin, tous les jours
un peu, et recommencer indéfiniment. Cela fait naître une
familiarité avec le texte, une intimité avec le Christ,
et c’est cela qui importe avant tout. On connaîtra un jour
la Parole par coeur et par le coeur…Alors elle nous transforme
de l’intérieur et évangélise nos profondeurs.
4.
Cela nous amène à la qualité de la lecture. Il
faut savoir s’arrêter, puis lire et relire le texte sans
arrêt pendant un long temps, le savourer : Si vous demeurez dans
ma Parole, dit Jésus, vous serez vraiment mes disciples, vous
connaîtrez alors la vérité (Jn 8,31). Saint Grégoire
le Grand (VI°siècle) parle de « rumination »
et de « mastication » de la Parole jusqu’à
ce que notre ventre contienne le Livre et que nos entrailles en soient
remplies ! C’était la pratique de tous les Pères.
Cela suppose une grande assiduité dans la fréquentation
du texte. Sans régularité, il n’y a rien, dans aucun
domaine d’ailleurs !
On voit qu’on est ici loin d’une « lecture »
habituelle ! La Parole agit vraiment comme l’Eucharistie : on
accueille une Présence, il s’agit d’une réelle
communion. Lire équivaut à manger la Parole (Ap.10,9)
.
5.
Mais l’Ecriture ne nous transforme qu’avec notre collaboration.
Mettre la Parole de Dieu en pratique, c’est vivre les préceptes
et les commandements du Christ. Ce travail sur soi nous fait entrer
alors de mieux en mieux dans la compréhension du texte, car nous
le connaîtrons par expérience. « Connaître
» au sens biblique du terme, c’est-à-dire naître
et renaître à des plans de conscience toujours plus profonds,
jusqu’à ce que nous soyons un jour totalement solaires,
comme le Christ lui-même. Ceux qui vivent cela connaissent des
moments d’ivresse inouïe et de ravissement, ils se sentent
fou d’amour pour le Seigneur et tout leur être se met à
danser d’allégresse : David, la prophétesse Anne,
Jean-Baptiste, Marie…et tous les grands familiers de la Parole
à travers l’histoire.
Pourquoi pas
nous ? Aujourd’hui je commence ! dit un psaume. Souhaitons qu’à
notre prochaine missive cette Joie évangélique aura déjà
commencé sa visite chez vous…
Avec toute notre affection, à bientôt !
Père Alphonse et Rachel
Texte
d’un Père à méditer :
« Notre
vie est portée par la Bible comme un bateau est porté par
les flots de la mer. Nos racines sont fixées en Dieu. Tel l’homme
sur son vaisseau au large ne voit plus que la mer, ainsi celui qui lit,
relit, assimile et rumine l’Ecriture, ne voit plus que Dieu en tout
et partout : c’est un contemplatif.»
Saint
Jean Cassien (IVème siècle)
Psaume 119, 9 -16 (BETH
Comment
pour un jeune garder son chemin droit ?
En dirigeant ses pas d’après ta parole.
De
tout mon coeur je Te recherche,
ne me laisse pas dévier loin de tes commandements.
J’ai
conservé tes paroles dans mon coeur,
pour ne point pécher envers Toi.
Tu
es béni, Seigneur,
enseigne-moi par tes commandements.
De
mes lèvres j’ai énuméré
toutes les sentences de ta bouche.
Je
me suis réjoui à suivre les sentiers de tes témoignages,
comme si je possédais tous les trésors.
J’ai
médité tes commandements,
toutes tes voies sont sous mon regard.
Je
fais mes délices de tes volontés,
je n’oublierai pas tes paroles.
Sessions
en cours à Béthanie
19
Juin : «fête solennelle de la
Pentecôte, descente de l’Esprit Saint sur les Apôtres
et les chrétiens de tous les temps. A 10H30 chant des Tierces
Solennelles et célébration de la Divine Liturgie, suivie
d’agapes fraternelles. info
Du
25 au 26 Juin : « Rencontre avec Abba
Thomas », Père du Désert d’Egypte devenu
évêque. Un enseignement nouveau et toujours ancien, mais
insolite ! info
Information
Pour
les Parisiens ou habitants proches de Paris : une exposition d’icônes
coptes de Victor Fakhoury se tient à la chapelle du « Forum
», 102 Bis, rue de Vaugirard, du 3 au 19 Juin (du Lundi au Vendredi
de 12H à 18H et les Samedis-Dimanches de 14H à 20H)
L’iconographe s’inscrit, comme disciple d’Isaac Fanous,
son maître, dans le prodigieux renouveau des icônes coptes.
Leur splendeur vaut le déplacement ! info
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