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Septembre
2005
Chers
amis,
La
fête appelée « Exaltation de la Sainte Croix »
illumine tout le mois de septembre par une atmosphère toute particulière.
Historiquement cette fête commémore la découverte
de la Croix du Christ, enfouie sous terre depuis plus de trois siècles.
C’est l’impératrice Hélène qui, lors
d’un pèlerinage à Jérusalem, fit faire des
fouilles sur le Golgotha, à l’endroit même de la crucifixion.
On y trouva plusieurs croix. Mais comment reconnaître celle du Christ
? La Tradition rapporte qu’un cortège funèbre passant
par là, on mit les croix en contact avec le défunt. Lorsqu’on
toucha celui-ci avec la Croix du Christ, il se leva aussitôt, ressuscité
!
La Croix, identifiée et attestée par ce miracle, fut élevée
et dressée au-dessus du peuple, avec une cérémonie
particulièrement solennelle. C’était en l’an
326. La fête se répandait très vite de l’Orient
à l’Occident. Elle est célébrée avec
grande pompe chez les Orthodoxes le 14 septembre. Après l’Evangile
de la liturgie, le prêtre sort du Saint des Saints avec la croix
de l’autel et se place au centre de l’église. Pendant
que le chœur chante 400 fois le « Kyrie Eleison », le
célébrant accomplit lentement la bénédiction
des quatre points cardinaux. Son geste accompagne la puissance ascendante
et descendante de ce chant prodigieux, en s’inclinant avec la croix
jusqu’à terre comme s’il s’abîmait dans
la mort du Christ, puis en se redressant, il lève la croix au plus
haut, marquant ainsi la victoire de la résurrection.
Si le christianisme ouvre de cette façon l’année liturgique,
cela veut dire que le temps trouve ses fondations dans la Croix, mais
aussi son sens et son accomplissement. A la liturgie de la fête
on chante : il n’y a pas d’autre Joie que la Croix. Quelle
audace ! Et voilà pourquoi, au lieu de fuir la Croix et de s’en
détourner en perdant ainsi sa vie, il faut l’exalter, la
vivre intensément à chaque moment. Car elle est un chemin,
l’unique Chemin, celui de l’Amour sans limites.
En dehors de la Croix et de la Résurrection, le monde ne serait
que chaos. Par elles, au contraire, ce même monde devient «
cosmos organique ». La Croix et la Résurrection sont désormais
au centre de toutes les relations qui constituent le réel, puisqu’elles
« récapitulent », comme dit saint Paul, c’est-à-dire
ramènent sous une seule Tête, le Christ, ce qui était
inorganique et désorganisé ! Ainsi le mystère der
la Croix nous révèle du dedans ce qu’est la véritable
mort, c’est-à-dire une relation brisée, une absence
de lumière, un manque de communion, une rupture, un exil, un esclavage.
La Croix, donc, est l’Arbre de Vie planté au Golgotha, lieu
du grand combat cosmique. Elle fait voir dans sa branche verticale la
descente et la montée du Verbe, et c’est pourquoi, dans l’iconographie
orthodoxe, le pied de la Croix s’enfonce dans une caverne noire
où gît la tête d’Adam, c’est-à-dire
dans l’enfer et la détresse humaine pour les relier au ciel.
Dans son horizontale, la Croix est balance de justice qui crible tout,
mais aussi embrasse tout d’un Amour infini grâce à
la verticale qui ouvre une brèche d’éternité
dans l’espace et le temps.
Mais où se vit cet Amour ? Nulle part ailleurs que dans l’instant
présent. Tout le reste n’est qu’évasion et refus
de la Croix, trahison : l’instant seul EST la Croix, le point de
croisement de l’éternité et du temps. Mais cet instant
c’est le Christ Lui-même, puisqu’Il est l’Eternité
entrée dans le temps et donc, oh merveille, à chaque instant
se manifeste à mon égard la plénitude de son Amour,
car Il est suspendu à chaque instant comme à une croix,
pour me sauver d’un présent qui, sans Lui, serait enférique.
La seule réponse de l’homme, de chacun de nous, c’est,
comme dit saint Paul encore, de se laisser clouer sur la Croix du Christ,
c’est-à-dire de communier à l’instant présent,
totalement et tel qu’il est. Ce « Oui », que Marie nous
épelle sous la Croix, nous sort de la distance, de l’éloignement
qu’on appelle « péché ». L’Amour,
c’est de devenir un avec la réalité, de s’ajuster
à chaque instant comme le Christ s’est ajusté à
sa Croix, au point qu’il n’y avait « plus l’épaisseur
d’un cheveu » entre Lui et Elle. Le Christ nous demande d’aimer
ce qui nous est le plus contraire, même l’ennemi .Une contrariété,
une difficulté, une souffrance et tant de choses nous sont hostiles
tous les jours : elle est là, notre croix !
L’aimer ne veut pas dire avoir de l’affection pour elle, cela
est impossible et inutile. Il s’agit de devenir un avec elle en
la bénissant. Aimer, c’est bénir, nous l’avons
dit souvent dans nos Lettres. « Seigneur, sois béni dans
cette difficulté, dans cet évènement ! » et
le répéter sans cesse. Cela provoque d’abord un extraordinaire
lâcher-prise et abandon, ce qui est le propre de la Croix, puis
s’opère une percée car, en bénissant, on permet
à Dieu d’être Dieu, le couvercle du quotidien se soulève
sur une toute autre dimension et la souffrance se transfigure. La résurrection
fait son œuvre. La Croix devient glorieuse…
Nous vous souhaitons de faire cette formidable découverte qui transforme
notre vie de fond en comble…
Avec toute
notre affection, à bientôt !
Père
Alphonse et Rachel
Texte
d’un Père à méditer :
« Semblablement
à la façon dont les quatre bras de la Croix se tiennent
fermement et se lient solidement l’un à l’autre par
le milieu-centre, de même c’est par le truchement de la Force
divine que se tiennent la hauteur, la profondeur, la longueur et la largeur,
c’est-à-dire en quelque sorte toute créature visible
et invisible.
L’Arbre de Vie, plantée par Dieu dans
le paradis, préfigurait la vénérable Croix. Car puisque
la mort était entrée au moyen de l’Arbre, il convenait
que ce soit au moyen de cet Arbre que la Vie et la Résurrection
soient gratifiées.
C’est la mort du Christ, ou la Croix, qui nous
a revêtus de la Sagesse et de la Force hypostatique de Dieu. Nous
aussi, nous adorons l’image de la Croix vénérable
et vivifiante, nous l’adorons et vénérons, non pas
sa matière (Dieu nous en pré&serve), mais l’image
comme symbole du Christ. »
Saint
Jean Damascène (VIIème
siècle)
Prière
Les
étendards du Roi s’avancent,
La
Croix dans son mystère brille ;
La
vie y meurt dans les souffrances,
Et
Sa mort produit la vie.
Le
fer d’une lance cruelle,
Le
perce et voilà qu’à longs traits,
L’eau,
le sang, en source nouvelle,
Jaillit
pour laver nos forfaits.
O
Croix, salut, seule espérance !
En
ce temps de l’Exaltation,
Donne
aux bons grâce en surabondance,
Donne
aux mauvais rémission.
Trinité
source de bonheur,
Que
tout esprit Te glorifie,
A
nous que la Croix rend vainqueurs,
Accorde
en plus le prix de vie, Amen ! Alleluia !
(Venance
Fortunat, 6e siècle)
Information
Nos
programmes qui recouvrent les saisons automne-hiver-printemps viennent
de sortir. Au cas où vous ne les auriez pas reçus ou si
vous en désirez davantage, n’hésitez pas à
nous le faire savoir ! Merci de nous aider à leur diffusion !
Pour télécharger le programme automne-hiver
2006 (pdf) cliquez
ou l'imprimer en ligne
Comme
chaque année aura lieu un week-end de « chantier »,
les 15 et 16 octobre. Beaucoup apprécient
ces retrouvailles dans la convivialité, la prière et le
travail manuel pour l’entretien intérieur et extérieur
de Béthanie. Nous vous disons maintenant notre profonde reconnaissance
pour votre aide !
Le numéro d’automne
de la revue «
Le Chemin » est sorti.
Au sommaire :
Pistes
pour méditer
Alphonse Goettmann
Un
évènement en Europe : la restauration du rite des Gaules
M. Kovalevsky
Vers
une écospiritualité
Michel-Maxime Egger
Des
créatures nouvelles
Marc Ménestret
Ecriture
de lumière
Frère Jean
Le
Malin : réalité ou fiction ?
Rachel Goettmann
La
Messe sur le Monde
La Messe sur le Monde
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