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Octobre
2005
Chers
Amis,
Nous avons insisté plus d’une fois, et en particulier dans
la dernière Lettre, sur l’importance de l’instant présent.
Vivre n’est rien d’autre que d’être pleinement
ici et maintenant. Mais cela est tellement difficile qu’on n’y
arrive pas sans « une détermination très déterminée
», comme disait sainte Thérèse d’Avila, «
et dussé-t-on mourir en chemin », ajoutait-elle. C’est
la fameuse décision, sans laquelle il n’y a pas d’homme
ni de chemin. Nous l’avons déjà dit.
Une fois la décision prise, et toujours reprise, s’opère
un grand lâcher-prise, tout se simplifie, s’unifie et s’accomplit.
Dès lors, il n’y a plus dans notre vie qu’un seul effort,
un effort unique à travers tout ce que nous faisons du matin au
soir : river notre regard sur Dieu qui nous cherche et nous aime. Etre
dominé par cela, s’en laisser saisir, en être possédé
littéralement…C’est le propre de tous les saints et
de tous les génies de ramasser ainsi toutes leurs énergies
en un seul point, de poursuivre inlassablement un grand dessein qui draine
et unifie toute leur existence, de se cloîtrer en quelque sorte
dans l’œuvre à laquelle ils s’appliquent…
Pour celui qui construit sa vie sur une telle exclusive, orientée
de façon aussi radicale, tout commence vraiment et les choses vont
vite, le Chemin est rapide ! Car dans un être livré ainsi,
totalement abandonné, Dieu agit sans cesse ; même s’il
n’y pense pas toujours, les rênes de sa vie sont entre les
mains du Seigneur et c’est Lui seul qui a toute l’initiative.
C’est cela la véritable humilité. Et elle est le fondement
de la sainteté.
La Prière de Jésus : « Seigneur Jésus Christ,
Fils de Dieu, aie pitié de moi pécheur » ou une autre
phrase que l’on répète, peuvent être l’instrument
de cette percée. Rien ne mortifie plus l’élan de notre
nature à l’indépendance et ne nous met davantage sous
l’emprise de la grâce ; c’est pratiquer le renoncement
intérieur le plus absolu, porter la cognée à la racine
de l’arbre, attaquer l’ego non plus en ses manifestations,
mais en sa profondeur…
Peu à peu, nous prendrons l’habitude de nous détourner
de nous et de nous tourner vers le Christ. La seule mise en Présence
avec sa Personne, ce contact avec Lui, toujours repris, régulier,
finit par devenir constant et nous modifie. Au sens propre du terme, la
Personne du Christ déteint sur nous. A force de le regarder il
passe en nous. Ses manières, ses réactions, ses pensées
deviennent nôtres par une sorte de contagion, par une réelle
osmose.
Ce « mimétisme sélectif », comme le met en valeur
maintenant la psychologie des profondeurs, est un des grands constructeurs
de la personnalité : il n’y a rien de plus structurant que
d’être sous l’influence directe d’une personne
en qui nous avons mis notre amour. Mais quand il s’agit du Christ,
ce phénomène n’est pas qu’une simple symbiose
humaine, il s’agit d’une mutation ontologique où les
« Energies incréées », c'est-à-dire la
vie même de Dieu, circulent en nous et nous rendent toujours plus
conformes au Christ (Rom 8,29), et progressivement jusqu’à
la ressemblance avec Lui.
Le mime, repris par les psychologues d’aujourd’hui au service
de l’âme, est, dès l’antiquité chrétienne,
une réalité mystique au service de l’homme tout entier
pour sa transformation totale corps-âme-esprit. Quand saint Paul
dit qu’il est « imitateur du Christ », il prend le mot
dans la langue profane du théâtre : le mime se met tellement
dans la peau de son personnage qu’il en prend tous les traits, il
est à ce point un même être avec le Christ qu’il
le rend visible aux hommes. Ce n’est plus moi qui vis c’est
le Christ qui vit en moi (Gal 2,20).
Un être est unifié quand tous les éléments
qui constituent sa vie ne font plus qu’un, c’est-à-dire
procèdent de la même source et tendent au même but
: le Christ. Etre Lui, à chaque moment, à travers mon geste,
ma parole, mon regard, mon comportement, mes désirs…et peu
à peu jusqu’aux réflexes spontanés.
L’ascèse fondamentale, la voilà ! Etre cloué
sur la croix du Christ, selon une expression forte de saint Paul (Gal
2,19), veut dire alors que ce n’est plus l’ego qui est le
principe de mes actions les plus profondes, mais le Christ qui vit en
moi. Jésus dit lui-même la veille de sa mort : Qui demeure
en moi, comme moi en lui, porte beaucoup de fruits ; car hors de moi vous
ne pouvez rien faire (Jn 15,5).
Que cette radicalité de la vie en Christ soit pour chacun un total
renouvellement de son être !
Avec toute notre affection, à bientôt !
Père Alphonse et Rachel
Texte
à méditer :
« Bien
comprise, la prière est un acte de maturité indispensable
au complet développement de la personnalité, l’ultime
intégration des facultés de l’homme les plus hautes.
C’est seulement en priant que nous achevons cette union complète
et harmonieuse du corps, de l’intelligence et de l’âme
qui confère au frêle roseau humain sa force.
L’influence de la prière
sur l’esprit et le corps humains est aussi aisément démontrable
que la sécrétion des glandes. Ses résultats se mesurent
à un accroissement d’énergie physique, de vigueur
intellectuelle, de force morale, à une compréhension plus
profonde des réalités fondamentales. »
A. C.
Prière
Tard
je t’ai aimée, ô Beauté si ancienne et si nouvelle,
tard je t’ai aimée ! Mais quoi ! Tu étais au-dedans
de moi, et j’étais, moi, en dehors de moi-même ! Et
c’est au-dehors que je te cherchais; je me ruais, dans ma laideur,
sur la grâce de tes créatures. Tu étais avec moi,
et je n’étais pas avec toi, retenu loin de toi par ces choses
qui ne seraient pas, si elles n’étaient en toi.
Saint
Augustin ( V° siècle)
Sessions
en cours à Béthanie
Du
15 au 16 octobre : « Retrouvailles
autour d’un chantier ». Merci encore une fois de participer
à la vie de Béthanie en donnant un peu de votre temps. Chaque
coin de la Maison porte la marque de votre amour ! info
Du
29 octobre au 1° novembre : « Guérisons
des maladies de l’âme ». Seule la libération
de la possession de soi par soi-même, à travers toutes les
dépendances, nous fait naître à notre véritable
identité et à la vie divine. info
Du
5 au 6 novembre : : « Trouver sa voix
» : Un chemin direct et efficace de travail sur soi pour
une transformation de l’homme tout entier corps-âme-esprit.
info
Du
11 au 13 novembre : « Une thérapie
divine : le pardon ». C’est le coeur de l’Evangile,
le message libérateur du Christ. Aucune guérison, physique,
psychique ou spirituelle, n’est possible sans le pardon ! info
Information
Une
heureuse nouvelle : la parution, en ce mois d’octobre, aux éditions
Desclée-de-Bouwer, de notre dialogue avec Bertrand
Vergely , intitulé : « Le philosophe
et la vie ». Dialogue passionnant avec un homme passionné
autour des grandes questions existentielles qui nous préoccupent
tous au quotidien : qu’est-ce que vivre, comment vivre, la souffrance,
la mort, la politique, la foi, l’amour, le témoignage des
grands penseurs de l’histoire…etc.
Un
livre à vous offrir et à offrir à vos amis…
peut-être une idée de cadeau pour Noël ? Prenez contact
avec votre libraire !
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