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Novembre
2005
Chers
Amis,
Avec
l’exercice proposé dans notre dernière lettre, nous
nous sommes acheminés vers ce temps liturgique merveilleux de l’Avent.
Voilà que nous allons encore approfondir, pendant ces 40 jours
qui nous séparent de Noël, ce que nous appelions « l’ascèse
fondamentale » : laisser vivre le Christ en soi, être le Christ
à travers tout ce que nous sommes et ce que nous faisons. Alors
la fête de Noël sera vraiment, pour chacun de nous, l’incarnation
du Visage de l’Amour. Quelle fête !
En s’exerçant ainsi à vivre d’une façon
toujours plus consciente chaque geste, l’Amour révèle
son identité bouleversante et en même temps fait basculer
sa méthode. On a fait de l’Amour une morale, une philanthropie
ou un dévouement, même chez les chrétiens, alors qu’il
se révèle ici comme étant l’intimité
même de la vie de Dieu ! Il ne s’agit donc plus tellement
de vivre pour l’Amour du Christ, mais que la substance même
de notre action, la manière et la façon dont elle est vécue
soit la vie du Christ, une « démonstration de sa puissance
», pour dire les choses encore avec saint Paul. A ceci tous vous
reconnaîtront pour mes disciples : à l’Amour…
dit Jésus (Jn 13,35).
Quiconque
aime est né de Dieu et connaît Dieu (1Jn 4,8) au sens biblique
du mot « connaître », c'est-à-dire expérimenter.
Et saint Jean continue justement par cette précision qui contient
une fois de plus toute la révélation : En ceci s’est
manifesté l’Amour de Dieu pour nous : Dieu a envoyé
son Fils unique dans le monde afin que nous vivions par Lui (1Jn 4,9).
Aimer veut donc dire « vivre par le Christ » et c’est
pour cela qu’il est venu parmi nous, puis en nous !!!
Cette formidable unité entre l’homme et Dieu, parce que l’un
s’abandonne entièrement à l’autre, va jusqu’à
la fusion, une fusion sans confusion, comme le feu est dans le fer. L’Esprit
fait pénétrer le Christ en nous jusqu’au bout de nos
doigts, il pénètre notre corps, s’écrie saint
Syméon. Toute la Tradition hésychaste l’a reconnu,
aujourd’hui la science commence à le confirmer : l’incorporation
au Christ, qui est le but de toute prière, change la substance
même des choses, jusqu’à la moelle des os, l’image
du sang, voire la structure de la cellule qui se modifie…
C’est ici que l’on voit à quel point le christianisme
introduit pour la première fois dans l’histoire de l’humanité
une vision radicalement autre du corps. Dans la conscience religieuse,
non chrétienne, le corps a toujours été plus ou moins
refusé au nom de l’esprit. Déjà dans le monde
antique se développait un dualisme extraordinaire dans l’anthropologie,
consistant à considérer le corps comme une prison pour l’âme.
Or toute la métaphysique de l’Incarnation de Dieu, qui est
le mystère fondateur du Christianisme, repose avant tout sur la
reconnaissance de la nature métaphysique de la corporalité,
ce qui est exprimé avec beaucoup de force dans l’enseignement
de la résurrection des corps (déification). Le corps fait
partie métaphysiquement de l’être de l’homme
et la mort, qui détruit le corps, ne peut pas l’annihiler
complètement. Ne savez-vous pas que votre corps est un temple de
l’Esprit Saint qui vit en vous ? dit saint Paul, et vos corps sont
les membres du Christ (1 Cor 6, 19 et 15).
L’un
des grands signes de vérification de ces enseignements est cette
nostalgie qui habite en chaque homme depuis son plus jeune âge,
cette béance bien spirituelle qui s’inscrit pourtant avec
puissance tout autant dans le corps que dans l’âme. On a «
mal au ventre ». Autrement dit, le corps n’est pas un objet
qu’on a, mais la manifestation physique de ce qui est métaphysique,
au-delà du physique, l’expression visible du mystère
invisible de l’être, l’extériorisation sur le
plan de l’histoire de la dimension intérieure de l’homme
au-delà de l’espace et du temps.
Pour
paraphraser le mot « corps », il faudrait dire que c’est
« notre manière d’être là au monde ».
Dans l’Ancien Testament, il n’y a même pas de mot pour
dire « le corps » en tant que réalité séparée
du reste ! L’homme est un tout inséparable : toujours dans
tous ses aspects il est spirituel et corporel, c’est une «
périchorèse » disent les Pères, une compénétration
réciproque et totale.
Il se passe donc les plus grandes choses dans les gestes les plus ordinaires
! Dieu ne s’est-Il pas incarné dans une étable à
Béthléem ? N’a-t-Il pas vécu 30 ans dans le
silence et la banalité du quotidien à Nazareth ? Habiter
son corps, vivre le geste, faire des actes conscients, être pleinement
là…Rien n’ouvre plus le ciel en nous pour l’avènement
de Celui que nous attendons !
Avec toute
notre affection, à bientôt !
Père
Alphonse et Rachel
Texte
d'un Père à méditer :
« Le
fer mis en contact avec le feu prend aussitôt la couleur de celui-ci,
de même la chair, après avoir reçu en elle le Verbe
vivifiant, est libérée de la pourriture et revêtue
de la chair du Christ.»
Saint Cyrille d’Alexandrie
(IV°siècle)
Prière
Jésus
dit : « C’est moi qui suis le pain vivant descendu du ciel…Si
vous ne mangez la chair du Fils de l’homme et si vous ne buvez son
sang, vous n’aurez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair
et boit mon sang a la vie éternelle… Car ma chair est vraie
nourriture et mon sang vrai breuvage. Celui qui mange ma chair et boit
mon sang demeure en moi et moi en lui » (Jn 6,51-56).
Les paroles du Christ dans l’Evangile deviennent la plus
haute prière dès lors qu’on les laisse vivre en soi.
Sessions
en cours à Béthanie
Du
25 au 27 novembre : Retraite de l’Avent,
dans la prière, le jeûne et la méditation de
la Parole de Dieu. Un temps-fort dans cette sainte quarantaine qui prépare
Noël. info
Du
3 au 4 décembre : « Le lâcher-prise»
» avec un maître de yoga et chrétien engagé,
Nils Daum. C’est dans le vide de soi que s’expérimente
la Plénitude. info
Du
26 au 31 décembre : « Initiation
à la méditation et à la sagesse du corps »
: C’est la base même de tout Chemin spirituel. Acquisition
d’un « outil » pour la transformation du quotidien.
La méditation comme style de vie. info
Information
Comme
nous l’avions déjà annoncé, notre livre d’entretiens
avec Bertrand Vergely « Le philosophe et la vie » vient maintenant
de paraître aux éditions Desclée-de-Bouwer. Vous y
trouverez toutes les grandes questions qui tissent notre vie quotidienne.
Si vous désirez l’acquérir pour vous ou en faire un
cadeau de Noël à vos amis, nous vous l’enverrons avec
joie. Merci de tout coeur !
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BETHANIE, Prieuré Saint Thiébault, 57680 GORZE
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« Le Philosophe
et la Vie » (22 € l'exemplaire) Ci-joint mon règlement
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7 et plus : 6,50€
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