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Gorze,
Avril 2007
Chers
Amis,
Nous sommes entrés dans la saison du pur émerveillement…
Le
printemps est tout entier illuminé par la Gloire de la Résurrection
du Christ ! Le soleil éclatant en témoigne, la moindre petite
fleur qui perce du sol vient nous le dire, l’extraordinaire éveil
de toute la nature qui passe de la mort à la vie le crie à
qui veut l’entendre et les oiseaux le chantent à plein gosier…
Mais heureux ceux qui ont des yeux pour voir et des oreilles pour entendre
! dit Jésus. Nous croyons, en effet, que cela va de soi et que
tout nous est dû : nous restons alors aveugles et sourds devant
le miracle permanent de la Résurrection du Christ.
Peut-être une petite parabole nous donnera une autre approche de
ce mystère inouï. Dans votre journal vous avez lu le fait
divers. Un incendie éclate une nuit dans une maison. Aussitôt,
tandis que les flammes jaillissent, on voit sortir précipitamment
le père, la mère et les enfants qui assistent navrés
au spectacle de leur maison en feu. Soudain ils s’aperçoivent
que le plus petit manque, un garçon de 5 ans, qui, au moment de
sortir, a pris peur devant la fumée et les flammes, et rebroussant
chemin a grimpé à l’étage. On se regarde :
aucune possibilité de s’aventurer dans ce qui commence à
être un brasier. Et voici qu’une fenêtre s’ouvre
là-haut : l’enfant appelle au secours. Son père le
voit et lui crie : « Saute ! » L’enfant ne voit que
la fumée et les flammes, mais il entend la voix de son père
et répond : « Papa, je ne te vois pas ! » Et le père
de lui jeter ces mots : « Moi je te vois, cela suffit, saute ! »
Et l’enfant sauta et se retrouva sain et sauf dans les bras de son
père qui l’avait saisi au vol.
Cette
petite parabole traduit exactement ce qui est arrivé à l’homme
et à l’histoire le jour de la Résurrection :
>
Par son éloignement de Dieu, l’homme a mis le monde en feu
et en sang, tout est tragique dans sa vie, parfois désespérant.
>
Devant la situation impossible dans laquelle il s’est plongé
lui-même, il ne cesse de grimper les étages de son orgueil
et de ses fausses sécurités.
>
Mais quand un jour rien ne va plus dans son paradis artificiel et qu’au
milieu de son drame il perçoit une autre voix, celle du Père
qui ne cesse de l’appeler, alors subitement il se trouve devant
un choix qui va décider de sa vie ou de sa mort définitives.
>
La pierre du tombeau écartée, le tombeau vide, c’est
la brèche que la Résurrection a ouverte dans l’épaisseur
et l’opacité de notre histoire ; à travers cette fenêtre
ouverte, alors que nous ne voyons rien, je peux percevoir dans la profondeur
de mon quotidien, qui ressemble si souvent à un tombeau vide, la
voix du Père qui m’appelle, et si je me mets à écouter
cette voix alors, mais alors seulement, commence mon chemin spirituel
: Shema Israël… Ecoute…
Mais
attention : c’est là le paradoxe de l’absolue nouveauté
de la Résurrection : il n’y a pas de chemin en réalité.
Il n’existe pas de chemin, il n’y a qu’un abîme,
saute !
Depuis
la Résurrection chaque instant est cet abîme ouvert sur l’éternité,
chaque instant contient ce regard du Seigneur sur moi qui me dit : «
Je te vois, cela suffit, saute ! »
La
seule attitude vraie alors d’instant en instant, si je veux sauver
ma vie du feu infernal, c’est de dire oui à l’évènement
présent quel qu’il soit, joyeux ou horrible, d’adhérer
vraiment dans la confiance et l’abandon total, de sauter en somme.
A cette attitude Dieu répond toujours en ouvrant les bras, mais
l’abîme c’est son propre cœur… Il faut rouler
la pierre des apparences de moment en moment et, à travers ce tombeau
ouvert, sauter dans le cœur du Dieu trois fois saint !
La vie du Christ ressuscité, c’est notre vie, son corps glorieux,
c’est notre corps, car nous sommes morts avec Lui et ressuscités
avec Lui. En nous, Il a restauré l’éternelle jeunesse,
l’éternité est au cœur du présent et l’infini
dans le fini des choses qui passent. A nous d’y descendre comme
Lui !
Le disciple du Christ est un être littéralement consumé
par la Joie pascale, qui est désormais le phare de son existence,
le son juste de sa vie. L’agneau ressuscité irradie toutes
choses et, comme un prophète l’a dit, « les casseroles
aussi scintillent d’une étrange lumière pour qui sait
les regarder… »
Cette foi est notre vie nouvelle ; elle élargit, elle fait éclater
nos facultés, elle change la prison de l’espace et du temps
en fête éternelle de la rencontre, en Amour qui se donne
et ne cesse de se métamorphoser, car elle reconnaît en l’autre
le miracle de la Présence, comme les disciples d’Emmaüs
ont reconnu le Ressuscité dans l’Etranger…
L’émerveillement et la joie sont la clef de tout… Le
tout c’est de commencer… Alors, c’est pour quand ?
Avec toute notre affection, à bientôt !
Père
Alphonse et Rachel
Texte
à méditer :
Nous
sommes des êtres liturgiques parce que nous marchons dans le temps
et que Dieu habite ce temps. Nous sommes dans l’égrenage
des jours et des saisons.
Nous sommes
la traversée de la vie et de la mort, l’affleurement de
l’aube et le dépôt du crépuscule, le retour
des heures et des événements dans le sanctuaire de l’âme
où Dieu murmure : Ouvre la bouche et moi je l’emplirai
(Ps 80,11).
Nous recevons
ainsi la Vie de la vie et, comme dans le chant des lamentations, nous
répandons notre cœur comme de l’eau en présence
du Seigneur (Lam 2,19).
Nathalie
Nabert
doyen de la Faculté des lettres de l’Institut catholique
de Paris et directeur du Centre de recherche de la spiritualité
cartusienne
Prière
Que
brille toujours sur nous, Seigneur, la lumière de ton visage.
Dans les tristesses comme dans les joies ce visage en lui-même est
toujours paisible, serein, et tout épanoui dans le secret de la
lumière intérieure…
C’est sur ce visage souriant du roi qu’est la vie
et sa clémence est comme une pluie tardive.
(Guerric
d’Igny, Guerricus abbas Igniacensis, XII°siècle)
Sessions
en cours à Béthanie
Du
7 au 8 mai : « Une thérapie
divine : le pardon » Une guérison à partir
des racines de notre être.
info
Du
17 au 20 Mai : « Les mantras chrétiens
». La répétition d’un mot ou d’une
phrase brève est la trame de toutes les Traditions. Il s’agit
de se libérer du mental et d’expérimenter le mystère
de l’Etre.
info
Du
26 au 27 Mai : Fête de la Pentecôte
avec la Communauté de Béthanie. Le samedi, à
16 heures, conférence sur le thème
de la présence de l’Esprit et sa plénitude,
suivie de l’imposition des mains «pour la guérison
de l’âme et du corps».
A 19 heures Grandes Vêpres et le dimanche, à 10H30, Liturgie
festive et Agapes fraternelles
info
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Informations
Il y a parmi vous, chers lecteurs de cette Lettre, de grands amis
qui viennent de publier des livres fort intéressants. C’est
avec grande joie que nous vous en faisons part. Dans l’ordre alphabétique
des auteurs :
«
Guide des Retraites spirituelles » (Ed. Inédit) par Anne
Ducrocq, journaliste et écrivain à Paris. Pour revenir
à l’essentiel et renaître à soi, on trouve dans
ce livret des lieux de ressourcements avec tous les détails utiles.
«
Le signe de la croix » (Ed. L’Harmattan) par Pierre Erny,
ethnologue à l’université de Strasbourg. C’est
un « geste total » qui remonte au début du Christianisme.
L’auteur en retrace l’évolution, les significations
et la symbolique.
«
Naître et mourir » (Ed. François-Xavier de Guibert)
par Michel Fromaget de Caen, anthropologue, professeur d’Université.
L’homme est corps-âme-esprit. On parle très peu de
ce dernier et de sa terrible souffrance au moment de la mort, si on ne
prend pas soin de lui. Quelle est cette souffrance spirituelle et que
nous dit-elle ?
«
Gagner sa vie sans perdre son âme » (Presses de la Renaissance)
par Alain Setton, consultant et formateur pour des entreprises.
Comment vivre la Bible dans un contexte aussi profane que le travail?
Le texte biblique interpelle à chaque instant, inscrit nos comportements
dans une éthique, transforme les obstacles professionnels en repères
et fait des épreuves un parcours initiatique.
http://www.ethique-management.com/
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