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| Lettre
N°52 |
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| Gorze,
octobre 2008 Il n’est pas étonnant alors que l’homme biblique soit un nomade, en exode permanent… Aussi les premières paroles que Dieu adresse au premier homme de l’histoire datée, à Abraham, c’est : Va, quitte ton pays, et va vers le pays que je te montrerai (Gn 12,1). Ce « pays », que Dieu veut nous montrer, c’est notre propre mystère, la splendeur de notre identité profonde, là où Dieu est chez Lui en nous. Mais cela n’est possible qu’en se mettant en route, en rompant les amarres du « petit moi » englué dans les dépendances extérieures, en s’ouvrant aux horizons lointains de la radicale nouveauté. Du début jusqu’à la fin de la Bible, c’est la même tension que l’on rencontre partout. Elle culmine dans la Croix, où le « lâchez-prise » perce l’abîme. Et au lendemain de la Résurrection, Jésus dit à ses disciples : « Allez, c’est à vous, soyez témoins de cela ! » Ce qui fera dire à saint Paul : J’oublie ce qui est derrière moi, je vais droit de l’avant, tendu de tout mon être, et je cours vers le but (Ph 3,13). Lâcher-prise, c’est avoir le courage de sauter hors de sa vieille vie… L’Evangile met avec puissance en relief cette attitude fondamentale des disciples de Jésus. Pêcheurs sur le lac de Génésareth, leur univers c’est l’eau, le poisson, leur famille et les amis, la joie d’une existence rude, bien implantée et sans question, un cadre de vie que rien ne pouvait briser… Jésus passe par là et les appelle : Venez à ma suite…Eux, aussitôt, laissant les filets, le suivirent (Mt 4,20). La sobriété de ces mots ne permet pas de soupçonner l’énormité des conséquences d’un tel acte. L’important, c’est de savoir couper les ponts, le reste est une affaire de confiance… pensent-ils. La même chose arrive à Lévi, le percepteur, assis en plein travail à la douane, lorsque Jésus passe et l’appelle : Suis-moi ! Et quittant tout et se levant, il le suivait (Lc 5,28). Voilà un homme qui s’arrache à ses sécurités de fonctionnaire, bien assurées par tout le contexte politique et commercial, pour se livrer à ce « prophète » inconnu, errant et sans ressources, qui n’a même pas une pierre où reposer sa tête, selon ses propres propos (Mt 8,20). Tous les bien-pensants invités au repas d’adieu de Lévi sont choqués. Il porte atteinte au sens qu’ils ont donné à leur vie : faire carrière, s’installer, être honoré, vivre sans risques… C’est une vie morte, mais Jésus dit : Laisse les morts enterrer les morts ! (Mt 8, 18-22) Parole scandaleuse… Autrement dit : tout réside dans le but qu’on a dans la vie. Vivre ne veut pas dire s’occuper de ce qui est mort, mais du Vivant. Quelqu’un qui veut être vivifié ne va pas s’asseoir dans une mare d’eau croupissante et morte, mais dans la source. Les Apôtres ont profondément perçu cette réalité dans la puissance extraordinaire de l’appel du Christ. Cela seul explique comment ils ont pu se lever aussitôt et lâcher tout. Saint Paul, qui est toujours embrasé par ce dynamisme de la nouveauté, est sans doute celui qui a le mieux formulé le motif : Tous ces avantages dont j’étais pourvu, je les ai tenus pour un désavantage à cause de la supériorité de la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur. A cause de Lui j’ai accepté de tout perdre, je considère tout comme déchets, afin de gagner le Christ et d’être trouvé en Lui… (Ph 3, 7-9). Le petit mot « à cause de », qui définit le but, revient comme un leitmotiv. Le Christ Lui-même l’utilise à maintes reprises, en particulier à la fin des « Béatitudes », qui sont la charte de son enseignement. Le but de l’homme c’est d’être heureux, et chacun cherche à l’être pour de multiples motifs, mais le Christ n’en propose qu’un seul : A cause de moi (Mt 5,11). Il dit même que, si le but de notre vie c’est Lui, alors, serions-nous dans la persécution et la souffrance, vivre pour nous c’est « joie et allégresse ». L’important pour l’homme c’est de « se lever », d’être debout, dans la vie verticale, à l’écoute du Maître intérieur et de le « suivre », en lâchant tout sans rien quitter. Celui qui a une fois perçu la voix du dedans, la cherche et la trouve partout. Il acquiert une sensibilité au Son au-delà de tous les sons et au cœur même de ceux-ci. Sa caractéristique, c’est la transparence. Tout est dans l’écoute qui ouvre à la vision : « Ecoute voir ! ». Et quand on est alors dans l’émerveillement, on s’aperçoit qu’on a tout lâché.
Alors, soyons comme les feuilles qui tombent des arbres : elles ne sont
pas du tout « mortes », selon les dires, puisque leur lâcher-prise
les remplit de joyeuses couleurs et qu’elles descendent vers la
Terre en dansant pour la féconder d’une semence d’immortalité…
Prière
Texte à méditer
Sessions en cours à Béthanie
Télécharger http://www.centre-bethanie.org/compresion/setton_ame.pdf Informations
Ceux qui aimeraient le connaître pourraient lire son autobiographie intitulée : « Jean de saint Denis – un prophète pour notre temps » (Ed. Le Chemin), 10 euros, réalisé par Pascal Sauvage, et pour connaître son chef-d’œuvre : « La messe de l’ancien rite des Gaules – Origine et restauration » (Ed. L’Harmattan), 22 euros dont l’auteur est notre évêque Monseigneur Grégoire. A cela il faut ajouter l’album d’aphorismes de Mgr Jean, accompagnés de photos de sa vie, ainsi que des icônes qu’il a peintes : « De l’Orient à l’Occident. Le sens d’un exode », 20 euros, réalisé par Alphonse et Rachel Goettmann. Ces trois livres sont disponibles à Béthanie, ajouter 4 euros de port.
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57680 GORZE |
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