| Gorze,
novembre 2008
Chers
Amis,
L’année liturgique vient de s’achever par la lecture
de la fin des temps. La roue tourne à une vitesse folle et nous
apprenons, à nos dépens, que le temps lui-même est
fou, « grand dévoreur » des peuples, disent les Anciens,
car à chaque seconde il m’enlève la vie. Qu’à
cela ne tienne : celle-ci en effet n’est que guerres, famines, afflictions
et malheurs de toutes sortes, « abomination de la désolation
», renchérit Jésus (Mt 24,1-31).
Voilà donc que nous entrons dans un autre temps, celui de l’Avent.
Quarante jours pour apprendre à inverser les données d’une
façon radicale et absolue. Noël, c’est l’éternité
qui, en Jésus Christ, entre dans le temps pour le transfigurer
totalement. A partir de là, le point de croisement de l’éternité
et du temps, l’instant présent, sera l’essence suprême
de la vie de chacun. Le temps du faire est un enfer, une « abomination
». Illuminé par l’éternité, le faire
devient le chantier de l’être. Les deux s’épousent
pour ouvrir le ciel sur la terre.
«
Etre » c’est être présent au Présent,
la mobilisation de toutes les énergies dans la momentanéité
de chaque instant ; c’est la perception de l’Amour et de la
Plénitude de l’Etre au moment où se croisent l’éternité
et le temps dans l’instant présent.
C’est pourquoi celui qui vit le moment présent est mystérieusement
toujours en prière, car le présent c’est l’éternité
dans le temps ; l’absence, au contraire, c’est la rupture
originelle, l’éloignement de la Source. Par le Christ, l’éternité
entre dans le temps ; plus quelqu’un s’unit à Lui,
plus son être se concentre donc dans le présent. Il n’y
a pas d’ascèse plus puissante : vivre ici et maintenant,
dans une coïncidence totale avec la seconde qui est là. C’est
la voie royale de l’obéissance qui n’est pas soumission
servile, mais épousailles de la volonté humaine et de la
Volonté divine, dans l’abnégation totale de ma volonté
propre.
Tout est là. Etre à chaque instant là où Dieu
me veut et accueillir le moment présent comme un don de ses mains.
C’est vivre consciemment et habiter le moindre mouvement intérieur
et extérieur… En réalité, on est habité
alors par la conscience même du Christ. Etre conscient de Lui dans
toutes les parties de notre être, sans exclure le corps, être
saisi par Lui et le saisir en nous-mêmes et en toutes choses, goûter
sa Présence dans toutes les expériences, passives ou actives,
qu’elles nous plaisent ou nous déplaisent, c’est le
couronnement de la conscience personnelle et le sommet de toute joie.
Mais c’est aussi le sommet de l’ascèse que de vouloir
s’y consacrer complètement et d’une façon exclusive,
conquérir vraiment la totalité du temps. Tout obstacle doit
être écarté, même les bons prétextes…
Se mettre en chemin avec une volonté divisée, une petite
fraction seulement de son énergie, et un mental hésitant,
ne mène nulle part ! Il faut briser radicalement avec ses habitudes,
rompre avec sa manière d’être et introduire en soi,
par un acte décisif qui secoue toute notre nature, une nouvelle
idée-force, une consécration si totale de toutes ses énergies
à Jésus-Christ que vivre de Lui devienne pour notre cœur
la seule chose désirable et pour notre volonté la seule
chose à faire…à travers tout ce que nous faisons et
vivons.
A partir de là, tous les autres désirs et besoins entrent
dans un processus de conversion et se concentrent dans une passion unique
pour le Christ. Il ne s’agit pas d’une concentration intellectuelle,
mais d’une conscience physique, psychique et spirituelle, globale,
où tout est senti, vu et voulu dans le Seigneur. Faire de chaque
détail, de chaque forme de la vie, de chaque incident et de chaque
mouvement un aliment revêtu du saint Nom pour nourrir le Feu divin
qui nous habite…
Le chercheur peut prendre contact avec la Lumière qui est au fond
de lui, la même qui habite le plus grand des saints… Au début
on ne la perçoit que comme une petite vibration de silence à
l’arrière-plan de notre être ; avec les « rappels
» qui se succèdent, on se rend compte qu’elle est toujours
là comme une profondeur derrière notre conscience et que
l’on peut à volonté s’y reposer au milieu même
du tourbillon quotidien. Mais progressivement cela devient de plus en
plus sensible, comme un immense océan silencieux qui vibre au fond
de nous, une vraie Présence avec laquelle l’office divin
ou les rappels renouent sans cesse, dialoguent, en tirent des seaux d’eau
vive comme d’un puits…
A mesure que l’on avance, la prière s’installant de
plus en plus d’une façon continue, le mental devient muet,
et l’on s’aperçoit progressivement que l’on n’a
plus besoin de penser pour agir ou pour parler et faire quoi que ce soit.
Avec l’habitude de nous référer constamment à
la Présence au fond de nous, tout nous est donné à
l’instant voulu et avec une précision infaillible : sans
aucune réflexion la parole juste surgit et les actes se posent
; tout sans exception vient et bien mieux, sans effort, par le silence
de la pensée et de la volonté, par la rémission totale
à « Celui qui peut tout ». C’est un tout autre
style de vie, celui de l’Evangile. Là vraiment l’action
devient contemplation. Qu’il mange, qu’il travaille, ou qu’il
se promène, cet homme reste branché et laisse toujours passer
la même Force à travers tout. Cette Force est conscience,
elle est source. Rien ne la trouble, pensées, images ou événements
même violents peuvent la traverser sans porter atteinte à
cette paix intérieure.
On pressent jusqu’où peut aller la « liturgisation
» du temps et de notre être. Il n’y a pas de limites
à la fête joyeuse de la Rencontre dans le « ici et
maintenant », où l’homme, prêtre du sacerdoce
royal, restitue le monde à Dieu comme une offrande. Il fait du
monde un temple et de sa vie un chant.
Que ce temps de l’Avent soit pour chacun une gestation vers un nouveau
départ !
Avec
toute notre affection, à bientôt !
Père
Alphonse et Rachel
Prière
Dieu,
c’est Toi mon Dieu, je Te cherche,
mon âme a soif de Toi,
après Toi languit ma chair,
terre sèche, altérée, sans eau.
Oui, au sanctuaire je T’ai contemplé,
voyant Ta puissance et Ta gloire.
Meilleur
que la vie, Ton amour ;
mes lèvres diront Ton éloge.
Oui, je veux Te bénir en ma vie,
à Ton nom , élever les mains ;
comme de graisse et de moelle se rassasie mon âme,
lèvres jubilantes, louange en ma bouche.
Quand
je songe à Toi sur ma couche,
au long des veilles je médite sur Toi,
Toi qui fus mon secours,
et je jubile à l’ombre de Tes ailes ;
mon âme se presse contre Toi,
Ta droite me sert de soutien.
Extraits du Psaume
62
Il
faut se reposer en Dieu
par-dessus tous les biens et tous les dons de la nature et de la grâce.
Thomas
a Kempis (XVe s.)
Sessions
en cours à Béthanie
Du
22 au 23 novembre : «
Retrouvailles autour d’un chantier »
Que Dieu vous bénisse pour l’aide que vous nous apportez
! Allier la prière et le travail, l’être avec le faire…
Nous serions heureux d’avoir un peu plus d’aide masculine.
Merci d’entendre notre appel ! Cliquer
pour en savoir plus.
Du
6 au 7 décembre : « Gagner sa
vie sans perdre son âme » avec Alain Setton. Apprendre
la relation juste à l’avoir et au pouvoir, à gérer
les conflits et à faire de son métier un chemin de foi..
Cliquer
pour en savoir plus.
Télécharger http://www.centre-bethanie.org/compresion/setton_ame.pdf
Du
13 au 14 décembre : : « La bénédiction
: puissance de guérison » Bénir tout est, dans
la Bible, une manière d’être, un style de vie qui transforme
l’existence ! Cliquer
pour en savoir plus.
Du
26 au 31 décembre : «
Initiation à la méditation et à la sagesse du corps
». Un chemin concret de pratique quotidienne
pour la transformation de l’homme corps-âme-esprit ! Cliquer
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en Terre Sainte du 5 au 16 juillet se raccourcissent. Si vous ressentez
l’appel, contactez-nous !
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