Gorze,
mai 2009
Chers
Amis,
La
Pentecôte, que nous allons fêter bientôt, n’est
pas seulement l’apothéose de toute l’année
liturgique, mais illumine tout ce temps appelé « ordinaire
», qui va se dérouler longuement jusqu’au retour
de l’Avent. Dans l’ordinaire, l’ennui quotidien,
l’épaisseur du banal se cache désormais l’extra-ordinaire
que reconnaît celui qui s’y rend pour en faire la percée.
Le point focal où cela se passe est le détail, le détail
apparemment petit et insignifiant.
A un guichet de poste, une dame s’impatientait au milieu d’une
file un peu trop longue à son gré. Lorsque, enfin, son
tour arrive d’être servie, elle dit, toute énervée,
à l’employé débordé de besogne :
« Voilà une demi-heure, Monsieur, que je me trouve devant
ce guichet ». Et l’employé de répondre placidement
: « Moi, Madame, voilà trente ans que je me trouve derrière
». C’est une question de point de vue et d’optique,
et si nous essayons de regarder les choses de l’autre côté
du guichet, du point de vue des autres, un monde de délicatesses
et de prévenances s’ouvrira brusquement devant nous.
Nous découvrirons alors ces mille petits gestes qui rendent
aux autres la vie plus belle et plus heureuse. L’Esprit Saint
nous envahira comme un torrent, viendra briser nos cloisons étanches
et nos murailles de Chine, et voici que notre coeur s’ouvrira
à des dimensions nouvelles, aux dimensions mêmes de l’amour
de Dieu. Car l’Esprit Saint, c’est l’amour de Dieu
qui s’installe dans un coeur d’homme, le dilate et lui
donne une extension et une force insoupçonnées. C’est
Dieu Lui-même qui vient aimer en nous, qui veut aimer à
travers nous. Chose bouleversante, tout comme à la première
Pentecôte, dans la mesure où nous lui donnons accès
en nous.
En chacun de nous, depuis notre baptême et notre chrismation
(confirmation), sommeille toute cette capacité d’amour,
qui bien souvent reste sous-employée jusqu’à notre
mort et pourrait faire de nous des êtres inoubliables. L’habitation
de l’Esprit Saint en nous, c’est aussi vrai que l’Incarnation,
la venue de Jésus sur terre. L’Incarnation historique
du Christ se continue et s’accomplit en une présence
de l’Esprit dans l’humanité tout entière.
La Pentecôte a révélé que Dieu s’était
incarné non pour 33 ans, mais pour toujours, qu’Il nous
avait partagé ce qui fait sa vie, c'est-à-dire son Esprit
d’amour, pour toujours. La Pentecôte, c’est le début
d’une présence irrévocable du Christ, à
jamais, dans le monde. Dans l’humanité de chacun de nous.
C’est là maintenant qu’Il continue son travail,
son travail d’incarnation de Dieu et de rédemption du
monde. « Je serai avec vous tous les jours, jusqu’à
la fin des temps », disait-Il.
L’habitation de l’Esprit de Jésus dans nos cœurs
est quelque chose d’aussi important que l’incarnation
historique. La Pentecôte est un évènement aussi
formidable que Noël. L’Incarnation, c’est Dieu qui
devient homme, un homme. La Pentecôte, ce sont les hommes qui
sont appelés à devenir Dieu, à vivre de cet amour
extraordinaire qui les habite. L’Esprit Saint, c’est la
transparence du Christ sur le visage de chaque homme.
L’autre jour, quelqu’un nous disait que tout cela était
du baratin et de la théorie. L’incroyant moderne a beaucoup
de peine à reconnaître ce qu’il est vraiment et
à voir au-delà des apparences. Il est séduit,
bouleversé par l’image que la science offre de l’homme
perdu dans l’immensité des espaces que nos satellites
artificiels croisent en tous sens. L’homme d’aujourd’hui
se sent perdu dans cette révolution gigantesque. Il se sent
poussière, goutte d’eau dans la mer, fourmi dans une
termitière. Conscient de sa petitesse, il est tenté
de croire qu’il est devenu trop petit, trop insignifiant, trop
microscopique pour l’attention de Dieu.
Ecoutez un de nos contemporains athées dire le néant
de l’homme sans Dieu. C’est Jean Rostand, un des plus
célèbres biologistes, qui dit dans le message final
de son livre sur l’Homme ceci : « Atome dérisoire,
perdu dans le cosmos inerte et démesuré, l’homme
sait que sa fiévreuse activité n’est qu’un
petit phénomène local, sans signification et sans but.
Il sait que ses valeurs ne valent que pour lui, et que, du point de
vue sidéral, la chute d’un empire, ou même la ruine
d’un idéal, ne compte pas plus que l’effondrement
d’une fourmilière sous le pied d’un passant distrait
».
Mais cette question d’un savant, elle se pose aujourd’hui
dans la rue, dans les films, les journaux ou les émissions
télévisées. « L’homme n’est-il
pas plus qu’un amas de chair et d’os, dont on peut faire
strictement n’importe quoi, de toute façon cela n’a
aucun sens et ne dure que le temps d’un soupir ! »
En face de ce désespoir sans nom, Dieu, dans ce message de
la Pentecôte, nous redit au contraire combien chacun d’entre
nous est unique, aimé infiniment, et que notre personne est
un mystère inépuisable.
Il parait tellement incroyable que Dieu s’occupe de nous et
gouverne le monde en détail. A la rigueur, nous admettrions
qu’Il s’intéresse à nous en gros, en série
; un peu comme un chef d’Etat connaît son peuple d’une
façon globale. Mais cette arithmétique–là
ne vaut pas lorsqu’il s’agit de Dieu. Il nous accorde
à chacun, non une parcelle, mais la totalité de son
attention et de son amour.
Il est si rare de rencontrer quelqu’un qui fait attention à
un autre, quelqu’un pour qui on existe vraiment, non comme une
pièce dans un rouage, ni comme un numéro dans une série,
mais comme un être en soi, vivant, irréductiblement personnel.
Si rare et si grand. Cette merveille, Dieu la réalise pour
chacun d’entre nous. Pour Dieu, nous existons. Il nous connaît
un à un. Il ne nous confond avec aucun autre. Il connaît
notre histoire, page par page. Il en connaît toutes les lignes,
chaque interligne, et même le filigrane. Il nous suit pas à
pas, du berceau à la tombe, rien n’échappe à
son regard, à sa tendresse, car son Esprit d’Amour est
mêlé à nous comme le sang l’est à
chacune de nos cellules.
Prions pour qu’il soit aussi en nous une Source de lumière
pour les autres, ceux que nous rencontrons, afin qu’Il les éclaire
dans leur désespoir.
avec
toute notre affection, à bientôt !
Père
Alphonse et Rachel
Texte
à méditer
«
L’Esprit
Saint fait pénétrer le Christ en nous jusqu’au
bout de nos doigts… Moi, indigne, je suis la main et le
pied du Christ ! Je meus ma main et ma main est tout Christ, car
la divinité de Dieu s’est unie à moi indivisiblement.
»
(Saint Syméon
le Nouveau théologien, XI°siècle)
Prière
(hymne de la Pentecôte)
L'Esprit
Saint, Dieu Créateur, Dieu d’Amour, Dieu de douceur,
Viens descends dans notre coeur.
Toi, l’Auteur de tous les biens, Toi, des indigents le Père,
Toi, le Flambeau des chrétiens, viens pour éclairer
la terre.
O divin Consolateur, viens pour essuyer nos larmes,
Viens bénir notre labeur, et dissipe nos alarmes.
Viens, sans ton secours puissant, tout fléchit et tout
chancelle,
rien sans Toi n’est innocent, O Lumière universelle.
Ranime toute langueur, efface toute souillure, réchauffe
toute froideur,
et guéris toute blessure.
Viens, répands sur nous Tes Dons, seul Trésor des
cœurs fidèles,
et tous nous Te bénirons, dans les splendeurs éternelles.
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Informations
Le
dimanche 28 juin de 10h30 à 17h, pèlerinage à
Saint-Thiébault à Gorze, gardez
cette date libre sur vos agendas. Un pèlerinage rassemblait
des foules jusqu’en 1940 pour honorer saint Thiébault
et obtenir de lui une guérison pour soi-même ou pour
ses proches. C’était aussi l’occasion de rencontres
et de réjouissances. Nous vous proposons de restaurer cette
démarche de prière, de foi et de joie par la célébration
de la Divine Liturgie en l’honneur de Saint Thiébault,
par la prière de guérison autour de ses reliques, et
par des réjouissances à travers la musique, le chant
et la danse.
Le
réseau de Béthanie :
Pour
s'inscrire et visiter le réseau vous devez vous inscrire en
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