![]() |
||||
| |
||||
| Lettre
N°6 |
||||
| Juillet-Août
2004 Après
avoir déroulé, sous notre regard contemplatif, quelques
uns des grands mystères de notre foi, dans les précédentes
lettres, comment vivre l’attitude juste du disciple que nous sommes,
celle qui ouvre aux profondeurs de la vie ? Dans l’émerveillement
! Marie, qui est le modèle du disciple, la première à
prendre le Chemin du retournement, nous le montre en cette fête
extraordinaire au début du mois de juillet : la Visitation. Enceinte
de Jésus, Marie visite sa cousine Elisabeth, enceinte de Jean-Baptiste,
et s’exclame : Mon âme magnifie le Seigneur et mon esprit
est ravi de joie en Dieu mon Sauveur ! A cet instant-même, Jean-Baptiste
saute et danse dans le ventre de sa mère…L’ère
messianique s’ouvre par la joie, ce sera pour toujours sa tonalité
profonde, et le chemin qui y conduit, c’est l’émerveillement,
la louange, le grand « oui » à la vie. Mais
seul l’émerveillement constant devant ce prodige nous maintient
loin de l’habitude et du ritualisme en marge de l’existence.
L’émerveillement nous plonge dans l’instant
présent. |
||||
| Or la pleine conscience de l’instant est le révélateur de Dieu. C’est pourquoi le Père Maurice Zundel a pu dire : Dieu, c’est quand on s’émerveille ! Si bien que l’immédiateté, ce qui se passe ici et maintenant, est le lieu même de notre rendez-vous avec Dieu. Cela dépend seulement de notre conscience libre que de vouloir se sentir de moment en moment en relation avec Celui qui nous cherche et nous aime. Il faut laisser monter en nous cet enthousiasme qui est capable de transformer de fond en comble notre quotidien! Pourquoi l’émerveillement opère-t-il un tel miracle ? Ce n’est pas seulement parce qu’il concentre tout notre être en cet endroit où la vie est pleinement vivante, l’instant présent, mais parce qu’il détourne notre regard de nous-mêmes, nous arrache donc à la possession de notre moi par moi, nous fait devenir vraiment pauvres et humbles, le mental vidé de tout et n’étant « plus rien », nous pouvons accéder à la nouveauté absolue, le Réel au coeur de toute réalité, Dieu. Nous sommes à la fois guéris et comblés, libérés de la tristesse de toutes les dépendances ou déterminismes…C’est l’état d’enfance retrouvée, la totale transparence divine. Le temps qui passe n’est plus alors la morne répétition d’instants morts, mais une incessante résurrection, une naissance et une renaissance à des plans de conscience toujours plus profonds. L’émerveillement suspend notre regard usé et nous fait découvrir tout à coup que l’existence a des dimensions tout à fait inconnues, autant dans notre propre intériorité que dans l’altérité et le monde extérieur. Ainsi on peut être saisi par l’immensité de la Présence : Toi qui es partout présent et qui remplis tout, chantons-nous tous les jours, mais cette présence à la Présence a bien des degrés, selon notre éveil et notre vigilance. Nous sommes en Dieu comme les poissons dans l’eau : nous buvons Dieu et le respirons sans cesse, mais combien souvent n’est-ce pour nous que les eaux de l’inconscience ! Il faut se réveiller de notre sommeil, insiste saint Paul. L’émerveillement en est le grand moyen, la racine de notre conversion et d’un nouveau commencement… Demandons ensemble la grâce de l’émerveillement et, dans cet élan, nous vous souhaitons un bel été, Avec toute notre affection, et à bientôt ! Père
Alphonse et Rachel
Texte d'un Père à méditer : Il boit largement à pleine bouche, jusqu’à l’ivresse ; alors il se remplit tellement de Dieu que, dans la joie qui l’inonde et l’allégresse de son esprit, il s’oublie totalement lui-même.
Il lui semble qu’il est à même de supporter les plus
dures épreuves, non seulement avec courage mais avec joie…
Or, cette joie qui inonde ainsi l’intérieur des hommes s’appelle
jubilation, c’est l’effet de cette ivresse spirituelle que
les curieux et les faux savants ignorent.
Louez-Le
pour ses hauts faits, Louez-Le
aux sonneries du cor, Louez-Le
avec tambour et danses, Louez-Le
avec les cymbales sonores,
Sessions
en cours à Béthanie · ·
·
Informations
|
||||