Gorze,
décembre 2009
Chers
Amis,
Nous voici
au cœur de ce merveilleux temps de l’Avent et Noël
approche…Pour ceux qui se laissent travailler et en prennent
les moyens, c’est un temps de féconde germination. Une
nouvelle conscience s’introduit dans l’humanité.
Par la chute, elle était tombée dans « l’ombre
de la mort », par l’Incarnation elle entre dans «
la lumière de la vie ».
En
devenant homme, Dieu recrée l’humanité et lui
restitue le pouvoir d’éternité. Jésus est
« la Lumière du monde », la lumière du sens,
désormais chacun de nous sait pourquoi il vit et pourquoi il
meurt, et malheur à nous (malheureux sommes-nous) si, malgré
sa venue, nous vivons sans motifs ou pour d’autres motifs et
restons dans l’enfer de nos peurs et de l’absurdité.
Toutes
mes mélancolies, mes insatisfactions, mes ressentiments et
agressivités, mon manque de joie… etc. sont les symptômes
importants que l’Incarnation du Christ ne s’est pas vraiment
réalisée pour moi, l’événement n’a
pas labouré et bouleversé ma vie, il reste sur le plan
théorique ou intellectuel. Au fond, si Celui qui est la vie
n’est pas entré chez moi, si je n’ai pas l’expérience
concrète de sa Présence incarnée dans ma chair
et dans mon sang, s’Il ne mobilise pas toutes mes énergies
et la direction de ma conscience, je ne sais pas encore ce qu’est
vivre, je n’ai aucune idée de ce que cela veut dire être
heureux et je ne connais pas l’unique programme de ma vie :
devenir dieu.
Il
faut entrer, durant tout l’Avent, dans cette immense germination,
cette extraordinaire gestation de l’histoire enceinte de Dieu,
car elle est notre propre histoire, l’histoire de chacun. Nous
portons en nous, jusque dans nos cellules cette mémoire ancestrale,
l’Ancien Testament décrit les étapes de notre
propre croissance spirituelle et quand Noël arrive, c’est
l’éternité qui éclate dans le temps, toute
l’histoire bascule, désormais l’histoire universelle
portera la date de cet événement : 2009 après
Jésus-Christ. Mais, ce que l’on oublie plus facilement,
c’est que mon histoire personnelle, la plus banale, celle de
tous les jours, n’a aucun sens hors de cet événement.
« Sens », au double sens de ce mot, horizontal et vertical,
une direction et une profondeur. Cette double réalité
est le poids même de l’instant. Les anciens philosophes
grecs ne connaissaient pas le mystère de l’instant présent,
Platon l’appelait « cette réalité d’étrange
sorte, ce soudain inexplicable ». Mais depuis que Dieu en Jésus
Christ est entré dans l’histoire, l’instant présent
c’est Sa Présence, puisque, comme dit saint Basile, c’est
« le surgissement de l’éternité dans le
temps, l’instant c’est le point d’attouchement de
l’incréé et du créé et de ce qui
se passe de l’un à l’autre ».
Regardez
bien l’icône de la Nativité : le Christ dans la
Grotte est posé exactement sur le point d’intersection
de l’horizontale et de la verticale, sur l’intersection
de l’éternité et du temps, Il est l’Eternel
entré dans l’histoire. Maintenant vivre pleinement l’instant
présent, c’est inévitablement être dans
sa Présence mystérieuse et approfondir sans cesse sa
connaissance et son expérience : là où je suis
et nulle part ailleurs, là à cet endroit, en ce moment
précis, dans ce que je fais (hormis le péché)
se trouve le plus grand des trésors, là, ici et maintenant,
au plus profond de ce qui me laisse indifférent, de ce que
je méprise, ce qui me fait souffrir ou ce qui me réjouit
se trouve la possibilité de la plus haute expérience
et de ma plus grande transformation !
Si
donc l’instant présent contient le Christ, s’unir
à l’instant c’est s’unir au Christ et le
connaître, c’est naître à Lui et Lui à
nous. Dans cette osmose se trouve ma transformation, c’est le
tout du Chemin. Si, de moment en moment, je descends dans la profondeur
de l’instant pour m’accorder complètement à
ce qui est, à ce qui se présente, le Christ naîtra
aussi en moi par les difficultés, la souffrance et la mort
jusqu’à ma naissance définitive qui est la résurrection.
Noël et Pâques sont toujours inséparablement à
l’œuvre en moi, c’est d’une même naissance
dont il s’agit, dont Noël n’est que le commencement.
C’est pourquoi saint Paul a pu écrire aux Philippiens
cette phrase admirable :
«
Le connaître, Lui, avec la puissance de sa résurrection,
et la communion à ses souffrances, Lui devenir conforme dans
la mort, afin de parvenir si possible à ressusciter d’entre
les morts (3,10-11).
Ce
temps de l’Avent et Noël est donc littéralement
la transfiguration du temps qui, par la chute, n’était
plus qu’un chaos vide et informe. L’instant présent
retrouve sa splendeur paradisiaque avec la venue du Christ ; le temps,
le ici et maintenant, redevient une fête, le miracle permanent
des fiançailles entre Dieu et l’homme, annoncées
par le Cantique des cantiques. La nouvelle naissance, devenir un homme
nouveau dépend de la décision immédiate et ferme
de notre esprit.
Que
Noël soit la libération de la Joie qui sommeille au fond
de chacun de nous, sautons hors de cette vieille vie !
avec
toute notre affection, à bientôt !
Père
Alphonse et Rachel
Texte
à méditer
«
La
joie réside au plus intime de l’âme,
on peut aussi bien la posséder dans une obscure prison
que dans un palais »
(Sainte
Thérèse de Lisieux)
«
Tard
je t’ai aimée, Beauté si ancienne et si nouvelle,
Tard je t’ai aimée.
C’est que Tu étais au-dedans de moi,
Et moi j’étais en dehors de moi !
Et c’est là que je te cherchais ;
Ma laideur se jetait sur tout ce que tu avais de beau.
Tu étais avec moi et je n’étais pas avec toi.
Ce qui me retenait loin de toi,
c’était ces choses qui ne seraient pas si elles n’étaient
en toi.
Tu m’as appelé, Tu as crié, Tu as répandu
ton parfum,
je l’ai respiré et je soupire après toi ;
Je t’ai goûtée et j’ai faim et soif de
toi
Tu m’as touché, et je brûle du désir
de ta paix.
Saint Augustin (354-430)
Prochaines
sessions à Béthanie
Du
26 au 31 décembre : «
Initiation à la méditation
et à la sagesse du corps »
. Vivre en pleine conscience l’instant
présent. Un Chemin de purification et de transformation
selon l’enseignement et la pratique de Graf Dürckheim.?
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Du
30 au 31 janvier : «
Trouver
sa voix »
avec
Gundelinde. Descendre dans le secret de son intimité pour
y laisser émerger le son de la Vie.
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Du
30 au 31 janvier : «
L’art
d’être dans l’instant »
avec
le Père Francis Dekeyser. Une nouvelle manière d’être
dans le quotidien par le corps que je suis.
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Du
12 au 14 février: «
La guérison des maladies de l’âme ».
Le diagnostic et la thérapie des troubles psychiques
vus par la sagesse des Pères du désert. Une psychologie
des profondeurs et une ascèse de libération.
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Informations
Les
entretiens de Béthanie : chaque
mois Père Alphonse et Rachel Goettmann s'expriment dans un
entretien vidéo sur une thème de leur enseignement.
http://www.centre-bethanie.org/video_entretiens_bethanie.htm
Le
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