Chers
Amis
Depuis
que Dieu est descendu dans notre chair, notre sang et notre souffle,
se faisant Un avec tout ce qui existe, le moindre grain de poussière
est une « Epiphanie », c'est-à-dire un tabernacle
rayonnant de sa Présence. Nos cinq sens sont à nouveau
des fenêtres ouvertes sur l’Invisible et peuvent s’émerveiller
devant l’autre face du monde dans un face à Face à
chaque instant stupéfiant.
Le
péché, c’est la rupture avec cette Réalité
enivrante et le refus d’être pleinement heureux. Nous
n’avons qu’un devoir au monde, disait Claudel, c’est
la Joie, la vivre et la donner ! Mais c’est là aussi
le seul propos de l’Evangile, et voilà pourquoi on
l’appelle « Bonne Nouvelle ».
Déjà
dans l’Ancien Testament, Dieu proclamait à l’homme
: Mon bonheur, c’est ta joie ! Maintenant, avec l’Incarnation
de Dieu en toutes choses, le Ciel est à la portée
de main. Il s’agit simplement d’en faire l’apprentissage
et de découvrir que Noël est un style de vie qui peut
transformer de fond en comble notre quotidien.
Dans
ce sens, l’un d’entre vous nous a fait un extraordinaire
cadeau en envoyant un texte de Fra Angelico de Fiesole que nous
ne pouvons pas ne pas partager avec vous tous. Le voilà :
Il n’y a rien de ce que je pourrais vous offrir que vous
ne possédiez déjà, mais il y a beaucoup de
choses que je ne puis donner et que vous pouvez prendre.
Le
ciel ne peut descendre jusqu’à nous, à moins
que notre cœur n’y trouve aujourd’hui même
son repos. Prenez donc le ciel.
Il
n’existe pas de paix dans l’avenir qui ne soit cachée
dans ce court moment présent. Prenez donc la paix.
L’obscurité
du monde n’est qu’une ombre. Derrière elle, et
cependant à notre portée, se trouve la joie. Il y
a dans cette obscurité une splendeur et une joie ineffables
si nous pouvions seulement les voir.
Et
pour voir, vous n’avez qu’à regarder. Je vous
prie donc de regarder.
La
vie est généreuse donatrice, mais nous, qui jugeons
ses dons d’après l’apparence extérieure,
nous les rejetons, les trouvant laids ou pesants, ou durs. Enlevons
cette enveloppe et nous trouverons au-dessous d’elle une vivante
splendeur, tissée d’amour par la sagesse avec d’abondants
pouvoirs. Accueillez-la, saisissez-la et vous toucherez la main
de l’ange qui vous l’apporte.
Dans
chaque chose que nous appelons une épreuve, un chagrin ou
un devoir, se trouve, croyez-moi, la main de l’ange ; le don
est là, ainsi que la merveille d’une présence
adombrante.
De même pour nos joies : ne vous en contentez pas en tant
que joies, elles aussi cachent des dons divins.
La
vie est tellement emplie de sens et de propos, tellement pleine
de beautés au-dessous de son enveloppe, que vous apercevrez
que la terre ne fait que recouvrir votre ciel. Courage donc pour
le réclamer. C’est tout. Mais vous avez du courage
et vous savez que nous sommes ensemble des pèlerins qui,
à travers des pays inconnus, se dirigent vers leur patrie.
Ainsi,
en ce jour de Noël, je vous salue, non pas exactement à
la manière dont le monde envoie ses salutations, mais avec
la prière : que pour vous, maintenant et à jamais,
le jour se lève et les ombres s’enfuient.
Pour celui qui prend au sérieux ce qui est proposé
là, tout est à nouveau possible, la porte est ouverte
pour chacun : il faut y entrer avec la reconnaissance et la profonde
gratitude.
Avec
toute notre affection, à bientôt !
Père Alphonse et Rachel
Prière
Qu’au
Nom de Dieu tout Puissant
l’Archange Michaël soit à ma droite,
l’Archange Gabriel à ma gauche,
l’Archange Uriel devant moi,
l’Archange Raphaël derrière moi
Que la gloire de Dieu Tout Puissant repose sur ma tête,
Que le Seigneur Jésus habite en mon cœur,
Que l’Esprit Saint éclaire mes pas
Et que Marie chemine avec moi
Alors il ne me sera fait aucun mal, je ne ferai pas de mal, je ne
me ferai pas de mal.
Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit.
Texte
à méditer
Les
choses naturelles ne sont que l’ombre d’une réalité
spirituelle, et cette réalité spirituelle n’est
à son tour que le reflet d’une image originelle de
nature divine, la connaissance des correspondances devient le
mode fondamental de connaissance. Ainsi, sous nos yeux, le monde
naturel se métamorphose merveilleusement. Rien en ce monde
n’est seulement la forme ou le nom qu’on lui prête,
mais tout, d’une manière mystérieuse, renvoie
aux régions supérieures de l’être. Chaque
grain de poussière témoigne des mystères
célestes.
(Ernst Benz)