Bibliographie
 

cliquer pour agrandir

GRAF DÜRCKHEIM

Auteurs : Rachel et Alphonse GOETTMANN

Éditeur : Dervy-Livres

Extrait de l'introduction

AU TOURNANT DE CE SIÈCLE, UN TÉMOIN DE LA VIE KARLFRIED GRAF DÜRCKHEIM

« Écoute, mon fils, l'instruction d'un père... Que ton coeur retienne mes paroles, observe mes préceptes et tu vivras ; acquiers la sagesse, acquiers l'intelligence, ne l'oublie pas et ne t'écarte pas des paroles de ma bouche. Ne l'abandonne pas, elle te gardera, aime-la, elle veillera sur toi... Écoute, mon fils, accueille mes paroles et les années de ta vie se multiplieront... (1). »

Le monde aujourd'hui est vide de sages et, s'il en existe, ils n'écrivent guère. Graf Dürckheim, lui, a beaucoup écrit, non pas à cause de sa sagesse, mais parce que l'écriture était l'un de ses lieux d'accouchement. Il a sondé l'Orient et l'Occident, s'est laissé lentement féconder par les plus antiques traditions, sans jamais faire de plagiat ni de syncrétisme, ces plaies de notre temps. Mais s'ouvrant au Verbe par l'exercice de la parole et simultanément à l'Esprit par la fidélité à l'expérience, les entrailles de la sagesse se sont ouvertes peu à peu à lui.

Dürckheim est-il un sage ou un maître ? C'est une fausse question... On ne l'est pas en soi ou pour soi, mais pour les autres. Or nombreux sont ceux qui, à travers ce dernier demi-siècle, ont trouvé la vie dans ce petit hameau de Russe en Forêt Noire. L'Ancien les a engendrés... Mais on peut dire que Dürckheim a un tout autre impact sur l'histoire que d'engendrer de-ci de-là un disciple et de disparaître un jour sans laisser beaucoup de traces !

En Occident, il est, avec quelques autres, le géniteur d'une nouvelle manière de penser et de vivre, qui est ni plus ni moins celle que le Christ est venu révéler à l'humanité et qui se perd dans un lent glissement, consommé par l'avènement de la théologie scolastique au Moyen Âge et plus tard par la raison raisonnante de la Renaissance. « Connaître » ne signifiera plus alors re-naître grâce au contact avec l'Erre que l'on écoute et qui transforme, mais penser, objectiver, séparer, distinguer...

Le sommet de cette inculture sera « l'aphorisme » de Descartes : « Je pense donc je suis ! » D'où la progressive disparition de l'expérience spirituelle, hormis chez les saints qui, pour cette raison, ont toujours été en conflit avec le système... La théologie, au lieu d'être la description d'une expérience faite et invitation à en faire autant, comme c'est le cas chez les Pères (2), devient interprétation de textes, spéculation (« théologie spéculative », le mot est bien choisi!), exégèse... matière à diplômes au lieu de matière à sainteté... Or, nous rappellent les Pères avec force, « la seule pensée sur Dieu nous empêche de le rencontrer » !

Est-ce un hasard si le Nouveau Testament, « la plénitude des temps », s'ouvre par la décapitation de Jean-Baptiste ? Tel ce précurseur, Dürckheim, à l'aube d'un gigantesque tournant de l'histoire, met « la cognée à la racine de l'arbre » (3). Le retournement ne peut se faire que vers le Centre incandescent de l'Histoire universelle et de l'histoire la plus intérieure et personnelle de chacun : Jésus-Christ. Et l'Église ne sera rien d'autre que la Communauté de ses disciples, la matrice de cette nouvelle manière de penser et de vivre, dont l'Évangile est la plus pure expression. Voilà de quoi Dürckheim est l'un des pionniers, sans toujours le savoir..., mais nous sommes nombreux à le vivre ainsi.C'est le lot des prophètes que « d'arracher et d'abattre, de bâtir et de planter » (4), sans connaître la satisfaction d'en voir tous les accomplissements...

Dans ce sens l'oeuvre de Dürckheim est une lave brûlante. Il faut d'abord se laisser faire par elle. C'est une étape. Puis vient l'attrait pour un seul de ses livres, mais au bout d'un certain temps, c'est encore infiniment trop. Une oeuvre ne devient chemin et méthode que lorsqu'on peut la conduire à son plus petit dénominateur commun. Un maître n'a qu'une seule chose à dire, même s'il la dit de mille manières, comme pour moudre le grain ; car l'homme est un, Dieu est un et son approche est une. Il faut donc que chacun trouve la manière de cheminer qui lui est la plus personnelle.

Dans la Bible chacun a son verset, auprès d'un maître chacun reçoit son conseil. C'est la méthode même de l'aphorisme que nous présentons dans ce livre. Il ne s'agit pas d'un recueil de belles pensées, mais d'un outil de « percée vers l'être »... Tout Dürckheim est dans chaque aphorisme, comme le tout est dans la partie. Et son originalité ici se manifeste plus que jamais non comme un maître à croire, mais comme un maître à vivre...

(1) Bible : Proverbes 4.
(2) Les Pères de l'Église sont les « maîtres » spirituels qui jalonnent l'histoire du christianisme. Pour les découvrir on peut consulter Hammann « Dictionnaire des Pères de l'Église » (DDB).
(3) Luc 3, 9.


Liens

Biographie 1

Biographie 2
Article en ligne 1
Article en ligne 2
Article en ligne 3

Citations 1
Citations 2


Plus sur KG Durckheim
 

     
 
accueil