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La joie
Visage de Dieu dans l'homme

Auteurs : Alphonse et Rachel GOETTMANN

Éditeur : Desclée de Brouwer

Présentation

La joie est un chant, une lumière, un échange, un rayonnement qui traverse toute la Bible de part en part, de la première à la dernière page. C'est le trésor de tout être vivant, même le plus démuni. Toute joie a sa racine dans la joie créatrice du Dieu vivant et ressuscité. Il exprime en chaque être sa vitalité propre et la vibration joyeuse pour en faire une note unique dans la polyphonie de l'univers. Cette joie fondamentale a été inscrite dans les gênes de nos cellules. C'est le " oui " à la vie, la plus haute victoire de l'homme sur toutes les épreuves qui l'accablent, le plus puissant moyen de transformation. L'authenticité d'une vie spirituelle se mesure au degré de joie qui l'habite. Elle est donc le sommet de la mystique et de tout accomplissement. Il n'y a qu'un devoir : être heureux, et qu'une trahison : ne pas l'être. Alors : si trouver la joie c'est vivre, comment devenir Joie ?


Préface de Stan Rougier

C'est un crève-coeur que de refuser une préface à un ami qui vous en fait la demande. Mon agenda m'avait interdit toute lecture de manuscrit dans les mois prochains. Mais l'amitié a de ces ressources inattendues... ou de ces folies !

Alphonse, je n'ai pas lu ton manuscrit. Je l'ai médité dans le silence. J'en ai fait le pain de mes prières, le miel de mes pensées. Il m'a confirmé sur la justesse de certaines intuitions qui me sont infiniment chères, mais que la faiblesse de ma foi rend fragiles.

Je sortais à peine de la lecture d'un livre qui ne ménage pas le christianisme : « Le bonheur chrétien est de jadis ou de demain dans la nostalgie ou dans l'espérance, jamais d'aujourd'hui... Peu de religions ont insisté comme la religion catholique sur l'ordure humaine, ont manifesté un tel sadisme dans la piété » (L'Euphorie perpétuelle, Pascal Bruckner). L'auteur auquel je dis ma surprise m'écrit « Je n'ai jamais rencontré un Évangile de joie ni chez les catholiques, ni chez les protestants, ni chez les orthodoxes. »
Cette lecture me rappelait combien j'avais vibré durant ma jeunesse aux accusations de Nietzsche : « Il faudrait qu'ils me chantent des chants meilleurs. Il faudrait qu'ils aient des têtes de sauvés pour que je puisse croire à leur Sauveur. »

Aujourd'hui où tout est remis en question, où les repères sont mélangés, les croyances soupçonnées, comment ne pas perdre le nord ?

J'aime le propos de Claudel : « Là où il y a le plus de joie c'est là qu'il y a le plus de vérité. » Mais de quelle joie s'agit-il ? « Je ne déteste rien tant que le mot "épanoui". Les têtes de veaux sont épanouies à l'étalage », disait mon ami Maurice Clavel.

La joie dont tu nous parles, cher Alphonse, est une joie qui coexiste avec les tourments de la condition humaine et qui est reçue d'un Dieu crucifié, ce n'est pas la joie due à la bonne santé ou à un heureux tempérament.

Un personnage de Marguerite Yourcenar disait : « La vue des gens heureux donne la nausée du bonheur. » Il ne faut pas dénigrer pour autant la simple joie humaine. L'homme est né d'un débordement de la joie divine. « La joie est le signe que la vie a réussi », disait Bergson.

Le mot hébreu Ashrey qui revient une soixantaine de fois dans la Bible ne retrouve pas toute sa saveur dans le mot « heureux » ou « bienheureux ». Il signifie la marche en avant, l'accomplissement ultime de l'homme. Les béatitudes n'ont rien de béat.

« Quand nous prendrons conscience de notre rôle, alors seulement nous serons heureux », disait Saint-Exupéry. Le bonheur n'est pas un état d'âme à rechercher, il est une conséquence. La joie est comme le sillage d'un navire qui avance. C'est une trace. Une joie factice, une joie de propagande, une joie racoleuse sont des attitudes qui tuent la joie. On ne se méfiera jamais assez des contrefaçons.

Parfois dans nos communautés chrétiennes il n'y a pas de joie. On pourrait même croire que Jésus aurait dit « C'est à votre air coincé que l'on vous reconnaîtra. » Or Il nous a dit : « C'est à l'amour que l'on vous reconnaîtra. » Et la trace de l'amour c'est la joie.

Celui qui cherche à aimer, à la façon de Jésus (« en son Nom »), celui-là trouvera la joie, dans le sillage de cet amour. Celui qui chercherait la joie ne la trouverait pas. Si nous disons comme Claudel : « Nous n'avons pas d'autre devoir que la joie », il ne faudra pas oublier cela. « Cherchez d'abord le Royaume de Dieu et sa justice. Le reste vous sera donné en plus. »

Alphonse, j'aurais aimé t'écrire dix pages sur ton manuscrit. J'ai souligné une centaine de passages qui me parlent intensément. J'y retrouve l'extraordinaire joie de mes amis Olivier Clément, Michel Evdokimov, le père Stéphane et tant d'autres. J'y retrouve ces auteurs fabuleux que sont Nicolas Cabasilas, Maître Eckhart, Alexandre Schmemann...

Depuis quarante ans à l'écoute des jeunes qui « ont mal de la poussée de leur âme », je sais qu'ils vont là où il y a le plus d'amour et le plus de joie. Tu as pour eux des paroles qui réveilleraient des morts
« L'éternité ne se donne qu'à celui qui se rend totalement présent au présent. »
« Le secret de la vie c'est se donner et se recevoir. »
Tout est habité par un buisson ardent. »

Je ne veux pas déflorer ce livre mais seulement mettre le lecteur en appétit. C'est un livre exigeant, qui ne peut pas se lire avec les yeux mais avec le coeur, dans le profond silence où les personnes divines échangent leur éternel « Je t'aime ».

Stan Rougier, Jour de Pâques, avril 2000.

Dédicace

Dedicace en joie

Texte

Le secret de l'instant présent
Notre vocation profonde

 

   

     
 
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