| Centre de Rencontres
Spirituelles Prieuré Notre-Dame et St-Thiébault 57680 GORZE Tel.03 87 52 02 28 (de 10h à 12h et de 15h à 18h sauf le dimanche et le mercredi) Fax 03 87 69 91 79 E-mail : centre.bethanie@wanadoo.fr Site web: www.centre-bethanie.org |
![]() |
Gorze, septembre 2006
Chers Amis,
Peut-être êtes-vous rentrés de vacances un peu « tristes
et désespérés », comme les disciples d’Emmaüs,
traînant langoureusement leurs pieds sur un chemin qui ne mène
nulle part… ? Alors il ne faut pas manquer le début de cette nouvelle
année, repartir du bon pied, car tout est dans le commencement !
Comment faire ? D’abord prendre conscience que le Christ chemine avec
nous, comme cet Evangile nous le révèle, qu’Il écoute
et accueille nos difficultés, mais qu’ensuite Il veut transformer
notre coeur et le rendre brûlant (Luc 24, 13-35). Ce feu c’est la
joie, parce que c’est le Christ ressuscité lui-même. «
La joie est un mouvement du Feu vivant, qui émeut l’âme (le
coeur) d’une vibration de sa nature… Si le Feu est actif il rayonne,
et son rayonnement est Joie… L’absence de Joie est un suicide lent…
» (Schwaller de Lubicz).
En effet le coeur-esprit, désencombré des passions, est paix,
joie, amour, selon la révélation que nous en a fait saint Paul
(Ga 5,22) ; sa nourriture est donc la paix, la joie et l’amour, là
est sa vie, et son mouvement cherche la dilatation jusqu’à trouver
Dieu lui-même qui est la Joie en personne. Tout sentiment d’anxiété,
d’inquiétude quelconque, de rancune ou de tristesse va évidemment
contre cette propension naturelle du coeur et empêche la communion, c’est
une entrave à la manifestation de la Présence divine.
Il n’est pas étonnant alors que le Christ et, à sa suite
saint Paul, aient pu insister à ce point pour qu’on évite
toute inquiétude et cherche à ne se faire aucun souci (Mt 6, 25-34
; 1 Co 7,32 ; Ph 4,6). C’est un obstacle majeur sur le chemin. Il faut
apprendre à lâcher prise et à cultiver la joie comme une
fontaine de vie. Dieu est Dieu et nous ne sommes pas les maîtres du monde.
La moindre crispation veut dire que nous comptons plus sur nous que sur Dieu.
Nous avons le droit et la joie de nous délester de tout et de Lui remettre
les rênes de notre vie, car Il a pris sur Lui nos infirmités et
nos maladies (Mt 8,17) et n’a-t-Il pas encore insisté : Venez à
moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai
(Mt 11,28) ?
Nous pouvons faire de nombreuses fois dans la journée, et peut-être
à chaque rappel, un saut dans les bras de Dieu, toujours ouverts sur
la croix ; parfois il faut s’y jeter aveuglément, tant la chose
est irrationnelle et les circonstances parfois absurdes ; mais là est
le prix d’une confiance totale et d’un abandon qui, seuls, nous
ouvrent à cette joie de ressuscités… Alors on peut laisser
monter la joie, car elle était là, au fond de nous, il fallait
seulement enlever le couvercle ! Il faut donc « s’accorder »
d’aussi nombreuses fois, comme on accorde un instrument quand il émet
des fausses notes ou quand il « pleure » ; se remettre dans la tonalité
de la joie, qui est vraiment la note juste dont doit témoigner un disciple
: Entre dans la joie de ton Maître ! (Mt 25,21).
On peut remarquer en passant qu’il s’agit d’un commandement
du Christ, et non d’un conseil selon notre bonne humeur ! D’ailleurs,
saint Paul le rappellera avec vigueur aux premières communautés
: Réjouissez-vous, je le répète, réjouissez-vous
! (Ph 4,4).
La raison de cette expérience inouïe est si souvent aux antipodes
de nos « envies » du moment, c’est qu’il n’y a
pas de vrai progrès spirituel sans être heureux. C’est par
la joie que l’on progresse, s’il est vrai qu’elle est la présence
de Dieu lui-même. Par la joie, c’est Dieu qui prend peu à
peu toute la place, l’ego ne peut alors que reculer et mourir. Il ne subsiste
et ne se sent exister qu’en se plaignant ou en s’immergeant dans
ses problèmes, incapable de vivre ici et maintenant. C’est pourquoi
toute plainte est une plainte contre Dieu, et tout jugement nous déporte
loin de la vigilance à ce qui EST réellement.
En revanche, partout où il y a la joie, Dieu s’exprime, mais à
l’inverse chaque fois que nous exerçons la joie, Dieu s’imprime,
et notre coeur se transforme. Or l’exercice de la joie, le moteur de notre
transformation, c’est la gratitude. Si nous manquons de vigilance, si
nous tombons constamment dans l’oubli de Dieu, c’est parce que nous
sommes ingrats. Voilà une découverte majeure des Anciens ; elle
peut devenir, pour nous aussi, la base de l’entraînement à
la vigilance et nous introduire dans l’expérience fondamentale
de celle-ci. De la gratitude ressentie du fond du coeur naîtra ce sentiment
puissant et constant d’amour qui est l’essence du Chemin, sa permanence.
Plus la vigilance est constante, grâce à l’exercice incessant,
plus elle devient donc un état. L’amour, la gratitude est un état
d’être, une manière d’être, non conditionné
par le dehors, invariable au sein des circonstances. Cet état nous fait
ressembler à Dieu qui est comme le soleil : il luit sur les bons et sur
les méchants (Mt 5,45). Ce n’est pas parce qu’un méchant
s’expose à lui qu’il rayonnera moins fort ! L’amour
des ennemis est cet état non conditionné. Tous ceux qui approchent
d’un être se trouvant dans cet état sont pris par sa lumière
et sa chaleur, indifféremment. Cette joie est un trésor de force
insoupçonnée. Elle attire la venue de l’Esprit Saint jusqu’au
ravissement, mais elle attire aussi les hommes, car ils ne cherchent que cela.
Quand Jésus avait fini d’ouvrir les yeux des pèlerins d’Emmaüs
sur cette Réalité et que leur coeur s’enflammait, ils s’en
retournèrent immédiatement à Jérusalem et reprirent
la vie à bras le corps avec un dynamisme inconnu jusque là…
Cette grâce du retournement est offerte à chacun d’entre
nous, si nous nous laissons visiter tous les jours par la joie de Celui qui
est plus intime à nous que nous-mêmes !
Alors, « à vos marques » pour une nouvelle année,
Avec toute notre affection, à bientôt !
Père Alphonse et Rachel
Prière :
Seigneur, Tu me sondes et me connais ;
que je me lève ou m’assoie, Tu le sais,
Tu perces de loin mes pensées ;
que je marche ou me couche, Tu le sens,
mes chemins te sont tous familiers.
La parole n’est pas encore sur ma langue,
et voici, Seigneur, Tu la sais tout entière ;
derrière et devant Tu m’enserres,
Tu as mis sur moi ta main.
Merveille de science qui me dépasse,
hauteur où je ne puis atteindre (…)
Je te rends grâce pour tant de prodiges !
Psaume 139 (138)
Texte à méditer :
Tout commence par le sentiment d’amour pour Dieu dans le coeur. La chose
principale est d’avoir constamment ce sentiment. C’est lui qui nous
donne la force de mener la vie spirituelle et qui garde à notre coeur
sa chaleur.
C’est ce sentiment qui constitue notre règle. Aussi longtemps qu’il
demeure, il remplace toutes les autres règles. A partir du moment où
votre coeur est enflammé par la chaleur divine, votre transformation
intérieure commence.
Allumer cette première étincelle est donc la seule chose qui importe
et c’est vers cette fin que vous devez diriger vos efforts.
Saint Théophane le Reclus (XIX°siècle)
Sessions en cours à Béthanie :
- Du 21 au 22 octobre : « L’art d’être dans l’instant » avec le Père Francis Dekeyser. La découverte du corps comme chemin de vie ici et maintenant.
- Du 4 au 5 novembre : « A la découverte de l’Amour ».
L’Amour est un chemin mystique avec ses moyens propres. Sans ceux-là,
il s’ensable dans les problèmes psychiques sans issue.
Information :
· Nous vous annonçons une grande joie : la parution en septembre, du dialogue du Père Alphonse et Rachel avec Sa Sainteté Shenouda III, Patriarche d’Alexandrie. Le livre est intitulé : « La voix d’un Père du désert », aux Editions Desclée-de-Brouwer (Paris). Les propos du Patriarche qui, au sein même des plus hautes responsabilités demeure un vrai moine, sont d’une extrême densité spirituelle. Il traite des thèmes tout à fait fondamentaux comme : qu’est-ce que l’homme, la libération de l’âme, l’éveil à soi, le jeûne, la foi, l’espérance.
· Attention, la session « Prière de Jésus – Prière du Cœur » annoncée sur les programmes du 28 octobre au 1er novembre 2006 est annulée.
Pour recevoir la lettre de Béthanie gratuitement chaque mois par internet,
inscrivez-vous en vous connectant à l’adresse http://www.centre-bethanie.org/liste_diffusion.htm
et enregistrez votre adresse e-mail. Si vous ne disposez pas d’internet
nous vous enverrons la lettre par courrier mais pour ce faire, merci de nous
adresser des enveloppes timbrées libellées à votre adresse.
BETHANIE, Prieuré Notre-Dame et St-Thiébault, 57680 GORZE