Centre de Rencontres Spirituelles
Prieuré Notre-Dame et St-Thiébault
57680 GORZE
Tel.03 87 52 02 28
(de 10h à 12h et de 15h à 18h sauf le dimanche et le mercredi)
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Site web: www.centre-bethanie.org

Gorze, Janvier 2007


Chers Amis,

Le mois de Janvier est celui de la nouveauté, de partout on nous souhaite une Année « Nouvelle », l’important étant de sauter maintenant hors de tout ce qui est vieux ! Or la seule et unique réalité qui soit radicalement neuve, c’est l’Amour. L’Amour est toujours inédit, il ne se répète jamais, aimer c’est à chaque fois la première fois ! Que nous souhaiter alors de mieux, réciproquement, sinon d’aimer tous les jours plus et de faire de cet Amour l’axe de notre vie ?

En Extrême-Orient nul n’est maître spirituel sans être illuminé ; dans le Christianisme l’illumination n’intéresse que si elle est l’expression de l’Amour. Beaucoup de saints et de maîtres chrétiens n’ont jamais été illuminés, mais tous ont été littéralement consumés par l’Amour comme par un feu. En dehors de cela rien ne peut les combler, car l’Amour contient tout, il est la profondeur de l’homme, il est Dieu Lui-même (1Jn 4,8).

Ma réalité profonde c’est l’Amour, et plus je m’enfonce dans l’Amour, plus je suis. Les racines, le fondement de mon être, c’est l’Amour (Eph 3,17 ; Rm 5,5). Là je suis illuminé dès maintenant et la prière n’est pas chemin de conquête, mais d’ouverture à l’Amour qui est au plus profond de moi-même. Méditer et prier c’est aimer, car Dieu ne veut pas d’autre réponse à son Amour que notre amour, l’inhabitation réciproque des consciences, la transparence de la conscience divine à la conscience humaine et vice versa. Une compénétration infinie de Dieu et de l’homme. L’Amour cherche l’Amour et se suffit à lui-même. Cette croissance de l’un dans l’autre n’est jamais terminée, c’est une union transformante continuelle. Quand l’Amour perce à travers notre nature humaine, il ouvre en elle des capacités infinies d’aimer à son tour, et d’avancer éternellement vers la ressemblance divine. C’est dans cette réciprocité amoureuse que consiste la sainteté, conscience abyssale au contact des Personnes divines où s’éveille et croît la personne humaine. Nos détresses se dissipent alors et notre visage commence à se transfigurer ; nous devenons nous-mêmes, nous commençons à vivre pleinement…

Mais avant d’être illumination, l’Amour est purification. A Dieu qui ne cesse de chercher l’homme et de descendre dans le dépouillement le plus extatique jusqu’à adopter un corps pour être son égal, à vivre les affres de la croix et de l’enfer pour pouvoir dire à son coeur un « Je t’aime » inconditionnel, « Tu es tout pour moi », je ne peux donner qu’un accord sans réserve ou… refuser, car chacun a le droit aussi de choisir la mortalité. Pourvu qu’il le fasse consciemment ! Mais celui qui dit « oui » entre dans un mouvement d’acceptation de tout, inconditionnelle et anticipée, y compris de l’humiliation, du rejet ou de l’insignifiance, de la mort sur sa propre croix, comme nous l’avons dit. Car il faut mourir à la dépendance de soi pour dépendre de l’Autre. Hors de Toi j’accepte de n’être rien. Je veux être par Toi et pour Toi. Pauvreté totale. Désappropriation.

La médiation et la prière sont le champ privilégié où se livre ce combat. Et si cette purification est une agonie, l’Amour qui la réalise en moi est la plénitude de la Présence divine. Cloué sur les difficultés de ma méditation et de ma prière, je traverse d’une manière ou d’une autre les mystères de Celui qui m’a précédé à Gethsémani. C’est Lui qui les vit en moi et avec moi. Ce qui se passe alors est très important, même si parfois le désespoir me frise parce que j’ai mal médité ou mal prié et qu’à mes yeux je n’arrive à rien… Cette saveur-là, quand on la goûte et la vit intensément dans l’Amour, nous révèle la profondeur de Dieu autant que la joie ou l’illumination. Et bientôt les deux ne feront plus qu’un. C’est quand le Christ n’en peut plus sous le poids de ses souffrances qu’Il s’abandonne entre les mains du Père et que tout est accompli. La Résurrection n’est pas loin…

Seule cette ouverture extrême à l’Amour inouï de Dieu fait que l’homme devienne vraiment lui-même, car il a été créé pour répondre à cet appel. Et de là naît toute fécondité. Transparent à Dieu, l’homme Le reconnaît partout et en tout ; ce n’est que maintenant qu’il devient vraiment sensible à l’autre dans sa réalité dernière, capable de communiquer au-delà des apparences impersonnelles.

De tout temps les mystiques savent quelle énergie extraordinaire est libérée par l’Amour. Aujourd’hui certains savants commencent à le corroborer. L’énergie vitale contenue dans l’Amour dépasse toutes les autres et ne tombe pas sous le coup des instruments de mesure. « La mesure de l’Amour, dit saint Bernard, c’est d’être sans mesure. » Voilà l’énergie qui soutient l’homme et l’univers entier. C’est pourquoi un seul acte d’Amour réalise plus que toutes les œuvres extérieures ensemble dans le monde. En disant cela, le grand mystique qu’était saint Jean de la Croix résume la conviction la plus intime de la Tradition spirituelle. Cette force prodigieuse agit d’une façon mystérieuse, la plupart du temps invisiblement, et fait du coeur de l’homme un foyer rayonnant de la plus haute activité élevant l’humanité et transformant le monde, y compris du cosmos. « La fibre la plus dure, disait Gandhi, est tenue de se dissoudre au feu de l’Amour. C’est la puissance la plus active qu’il y ait au monde, indestructible, supérieure à toutes les forces réunies. Dès qu’elle devient active, elle se propage avec une rapidité extraordinaire et le miracle éclate, la victoire est manifeste »
Voilà l’étincelle première apportée par le Christ au monde. Allons au front de la vie avec Lui ! Il n’y a pas d’autre révolution, c’est la seule qui nous introduira dans la « nouveauté » absolue de cette année…

Avec toute notre affection, à bientôt !

Père Alphonse et Rachel


Texte à méditer :


Qui nous séparera de l’amour de Christ ? La tribulation, ou l’angoisse, ou la persécution, ou la faim, ou le dénuement, ou le péril, ou l’épée ?
Selon qu’il est écrit : A cause de toi, l’on nous met à mort tout le jour. On nous considère comme des brebis qu’on égorge. Mais dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés. Car je suis persuadé que ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les dominations, ni le présent, ni l’avenir, ni les puissances, ni les êtres d’en haut, ni ceux d’en-bas, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu en Christ-Jésus notre Seigneur.
Epître aux Romains 8, 35-39


Prière :


Heureux le coeur amoureux
Qui sur Dieu seul a fixé sa pensée,
Qui pour Lui renonce à toute chose créée
Et trouve en Lui sa gloire et son contentement
Il vit insoucieux, même de soi,
Car toutes ses intentions sont en Dieu.
Ainsi, joyeux, et fort heureux,
Il franchit les vagues de cette mer tempétueuse.

Sainte Thérèse d’Avila (XVI°siècle)


Sessions en cours à Béthanie :

· «Vivre avec les Anges » : du 3 au 4 février. Le monde céleste est, certes, invisible, mais omniprésent. Nous sommes entourés d’Anges et chaque Ange a un rôle, une mission, en particulier celui qui nous est le plus intime et notre meilleur serviteur : l’Ange gardien.

· « Le Moi profond » : les 17 et 18 Février avec le philosophe Bertrand Vergely. Qui est derrière mes masques et mes apparences ? La découverte stupéfiante du noyau de mon être. Qui suis-je réellement ?

· Retraite du Grand Carême : du 23 au 25 février. Savoir entrer du bon pied dans la grande quarantaine qui prépare Pâques. Il n’y a de chemin de transformation que par l’ascèse. Week-end de jeûne, solitude, rumination de la Parole.


Information :

· Un événement exceptionnel qui illumine notre histoire : le sacre épiscopal du Père Michel Mendez, devenu Monseigneur Grégoire, le 17 décembre dernier. Il s’agit d’un acte réellement fondateur qui nous permet de poursuivre la restauration de l’Orthodoxie Occidentale, en communion avec les évêques du Monastère Saint Michel du Var et ceux du Monastère de la Sainte Présence de Saint-Dolay. Il existe désormais une Assemblée d’évêques orthodoxes occidentaux en France. Pour en savoir plus, vous pouvez vous reporter à l’Annexe ci-jointe …

· Dans le dernier numéro de la revue « Terre du Ciel », intitulée maintenant « Sources », est publié un long article, avec photos, sur la vie à Béthanie et son activité. L’auteur en est la journaliste Anne de Grossouvre (« Sources », Domaine de Chardenoux, 71500 Bruailles)

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BETHANIE, Prieuré Notre-Dame et St-Thiébault, 57680 GORZE

 

Communiqué de Presse
Gorze (57) – 19 décembre 2006

Un évènement historique :
le sacre d’un évêque orthodoxe occidental.


Résumé :

Gorze, le 17 décembre 2006 – Les orthodoxes de rite occidental se sont réunis dans l’Est de la France, à Gorze en Moselle, le 17 décembre, autour de quatre évêques orthodoxes occidentaux pour sacrer le Père Michel Mendez, jusqu’alors abbé du monastère orthodoxe St Michel de Bois-Aubry en Touraine, évêque de l’Eglise orthodoxe des Gaules sous le nom de Grégoire. Suivant la Tradition des premiers siècles dans notre pays, le Père Michel Mendez a été élu démocratiquement par l’assemblée générale de l’Eglise orthodoxe des Gaules et sacré ensuite par ses pairs les évêques des Eglises orthodoxes occidentales (Mgr Vigile et Mgr Martin, de l'Eglise orthodoxe Française, Mgr Maël et Mgr Marc, de l'Eglise orthodoxe Celtique).

Cette Eglise si ancienne par son histoire et si jeune dans sa résurgence est composée de petites communautés paroissiales en France et en Belgique et propose aux occidentaux qui le souhaitent de vivre la foi chrétienne dans la fidélité aux sources du Christianisme, celles des Apôtres, des Pères du désert et de la mystique orthodoxe, sans oublier pour autant que nous vivons au 21e siècle.

Réunissant foi orthodoxe et culture occidentale, Tradition et modernité, cette Eglise locale propose des voies nouvelles pour vivre le message toujours actuel du Christ dans ce monde en quête d’amour et de profondeur, d’unité et de diversité, partageant la vision originelle du christianisme sur le monde et sur l’homme pour répondre aux grands défis de notre civilisation post-moderne.


En détail…

Pendant plus de dix siècles, l’Occident chrétien a été fondamentalement en communion de foi avec l’Orient chrétien malgré les incidents et les brouilles passagères qu’on connaît dans toutes les « familles ». Puis ce fut une longue séparation (8 s.) qui devint une grande ignorance réciproque.

L’émigration russe du début du 20e siècle rappela l’existence de l’Orthodoxie, c’est-à-dire d’un christianisme proche des origines, à l’Occident. Il rencontra aussi l’aspiration de certains occidentaux à retrouver cette Eglise du 1er millénaire, cette Eglise indivise, dans sa foi vivante et expérimentale, dans les splendeurs de sa liturgie occidentale et dans sa capacité de liberté en Dieu, débarrassée des rajouts et sédimentations que les siècles et l’esprit rationalisant avaient déposés pendant le dernier millénaire.

Cette rencontre produisit la résurgence de l’Orthodoxie occidentale. Depuis 70 ans des hommes et des femmes ont essayé de restaurer, malgré de multiples difficultés, cette Eglise de nos Pères dans notre Europe déchristianisée et sécularisée : une Eglise qui professe la foi et l’enthousiasme des origines, qui célèbre l’ancienne liturgie des Gaules, celle que le génie de notre culture multiple (grecque, latine, gauloise, mérovingienne…) enfanta avant que ne soit imposée l’uniformisation ecclésiale par le pape de Rome.

Les descendants d’immigrés de Russie, de Grèce ou des Balkans et leur clergé ont eu et ont toujours bien des difficultés pour comprendre qu’on puisse confesser la foi orthodoxe et être occidental. Ils confondent souvent la foi et la culture et veulent imposer l’une avec l’autre. La hiérarchie catholique romaine, de son côté, voit généralement d’un mauvais œil ces communautés chrétiennes à la fois très anciennes et pourtant toute nouvelles : leur seule présence semble contester les discours « religieusement corrects ». Les orthodoxes occidentaux ont ainsi pris conscience avec le temps qu’ils ne peuvent attendre d’aides de personnes sinon de Dieu et d’eux-mêmes. Aussi ont-ils décidé de se réunir maintenant en communion des Eglises orthodoxes occidentales, ne dépendant plus hiérarchiquement des Eglises orthodoxes orientales, tout en les reconnaissant comme des Eglises-sœurs dans la foi et en gardant la main tendue vers elles.

Partageant la même foi mais délaissant le caractère souvent autoritaire et conservateur des structures d’Eglises telles que nous les connaissons, ils veulent établir entre eux des rapports d’amour et de respect, de collaboration et de solidarité. Dans ce cadre nouveau ils se sont réunis dans l’Est de la France, à Gorze en Moselle, le 17 décembre, autour de quatre évêques orthodoxes occidentaux pour sacrer le Père Michel Mendez, jusqu’alors abbé du monastère orthodoxe St Michel de Bois-Aubry en Touraine, évêque de l’Eglise orthodoxe des Gaules sous le nom de Grégoire.

Cette Eglise si ancienne par son histoire et si jeune dans sa résurgence est composée de petites communautés paroissiales en France et en Belgique et propose aux occidentaux qui le souhaitent de vivre la foi chrétienne dans la fidélité aux sources du Christianisme, celles des Apôtres, des Pères du désert, de la mystique orthodoxe, sans oublier que nous vivons au 21e siècle. Réunissant foi orthodoxe et culture occidentale, Tradition et modernité, cette Eglise locale propose des voies nouvelles pour vivre le message toujours actuel du Christ dans ce monde en quête d’amour et de profondeur, d’unité et de diversité, partageant la vision originelle du christianisme sur le monde et sur l’homme pour répondre aux grands défis de notre civilisation post-moderne.