| Centre de Rencontres
Spirituelles Prieuré Notre-Dame et St-Thiébault 57680 GORZE Tel.03 87 52 02 28 (de 10h à 12h et de 15h à 18h sauf le dimanche et le mercredi) Fax 03 87 69 91 79 E-mail : centre.bethanie@wanadoo.fr Site web: www.centre-bethanie.org |
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Gorze, Février 2008
Chers Amis,
Le grand thème de ce Carême que nous amorçons est notre
transformation. Si nous prenons les moyens et surtout l’esprit de cette
sainte Quarantaine, alors la fête de Pâque nous illuminera. Devenir
un « homme nouveau », voilà l’objectif. C’est
pourquoi la Sagesse de l’Eglise nous a donné à méditer
récemment la fameuse parabole du Semeur. Le Christ est un admirable conteur,
rien qu’en écoutant sa parole, nous sommes déjà en
voie de transformation. Pédagogie extraordinaire !
Nous sommes au monde pour être transformés et l’Evangile
est le livre où nous en faisons l’apprentissage. L’homme
n’est vraiment homme que s’il devient dieu. Là est le sens
de la vie. Il s’agit d’une mutation de l’être, non d’une
simple amélioration morale, devenir meilleur en se laissant glisser paisiblement
vers le ciel le long d’un plan incliné… Nous pouvons observer
le mystère extraordinaire de la croissance d’un être vivant
: ce n’est jamais aller du moins vers un meilleur ou un grossissement,
mais toujours une transformation : un adulte n’est pas un gros bébé
et un papillon n’est pas une grosse chenille. C’est bien d’une
mutation qu’il s’agit, d’une trans-formation, c'est-à-dire
de passer d’une forme à une autre, donc de mourir à une
réalité pour renaître à une autre, ce passage est
notre pâque que le Christ lui-même est venu nous apprendre. Toute
sa vie en est le Chemin et chacune de ses paroles nous y incite vigoureusement.
Ainsi cette parabole du semeur est à elle seule une synthèse
inépuisable d’ascèse et de mystique. A la contempler et
à ruminer le texte longuement, elle nous engendre à une toute
nouvelle manière d’être ici et maintenant, y compris dans
notre corps. Le processus de la mutation se met en route dès l’instant
où je l’accepte. Tout comme le grain de blé qui accepte
de quitter son petit bonheur de grenier. Il y est heureux, certes : on est ensemble
avec d’autres grains, il fait bon, pas trop froid ni trop chaud, tout
est parfait. Que voulons-nous de plus que le bonheur de la santé, de
la réussite, de l’aisance ? Tout va bien ! Mais ce ne sont que
des petits bonheurs quand même et de surcroît, si on en reste là,
ils nous font rater la vie, car tel n’est pas son sens… Dieu ne
nous a pas du tout créés que pour cela !
Mais voilà donc que le grain de blé est chargé avec un
tas d’autres sur une charrette, à la recherche d’autres bonheurs.
Pour lui tout est nouveau, du jamais vu, sa soif d’inédit est comblée
: un soleil resplendissant, le ciel bleu, des arbres avec des oiseaux, des fleurs…
A chaque tour de roue il y a du changement, la vie est belle, toute morosité
des petits bonheurs a maintenant disparu ! La gratitude l’envahit, Dieu
est bon ! Mais à quoi bon…puisque ce pour quoi il est créé
ne se réalise pas ? Il est toujours grain de blé, il n’a
pas été transformé ! Au milieu des bonheurs sa vie n’est
qu’un échec !
La charrette arrive enfin sur la terre fraîchement labourée. Le semeur enfonce le grain dans la profondeur du sol. C’est l’épreuve inattendue : l’humidité le pénètre jusqu’aux tréfonds, il est transi de froid et tombe dans la ténèbre ; dépression et maladie, rien ne va plus : il se désagrège, se décompose et va mourir… Même sa foi merveilleuse en Dieu tombe en poussière, car il dit en lui-même ce qu’il a si souvent entendu dans sa vie : « Si Dieu existait, cela ne m’arriverait pas ! »
Mais l’hiver passe, comme tout hiver, et acceptant finalement de se laisser enfouir par l’épreuve incompréhensible, s’abandonnant totalement à cet humus fertile, il commence à être visité, au sein même de son tombeau, par une poussée étrange. La Vie, une Vie tout à fait autre se met à germer au coeur de son consentement. Il sent qu’il va passer sur l’autre rive à mesure qu’il n’offre plus de résistance à ce qui se passe en lui. Bien plus : découvrant peu à peu que Quelqu’un était à l’œuvre derrière tout cela, le grain de blé arrive même à dire « Oui » à ce qui lui advient, à devenir un avec la terre et l’épreuve qu’elle lui impose. Il a l’impression d’épouser le vent, en quelque sorte, et d’être accordé à une Volonté supérieure. Une sagesse inconnue pénètre alors en lui et il se surprend à chanter, parfois, et de plus en plus souvent il bénit ce qui lui est contraire. Chaque fois qu’il fait cela, il meurt un peu plus à lui-même, à tous ses faux préjugés sur le bonheur, et constate qu’une sorte de plénitude monte en lui. Un jour de printemps, alors que tout son être n’est plus que chant et action de grâce au milieu de cette nuit au fond de la terre, son étonnante plénitude fait une percée. Elle monte jusque par-dessus la terre, elle surmonte tous les obstacles et porte au grand espace son fruit : cent pour un ! Le grain de blé s’est transformé en épi. Il a compris maintenant pour quoi il existait et où se trouvait cette joie que personne ne pourrait plus lui ravir. Son Dieu n’est plus celui qui aime les bonheurs faciles, seulement ceux qui nous transforment.
Que la Grâce, véhiculée par ce temps exceptionnel de l’année
et offerte à chacun, nous fasse muter vers Son Royaume de Paix et de
Joie !
Avec toute notre affection, à bientôt !
Père Alphonse et Rachel
Prière de Saint Ephrem le Syrien (IV°siècle) :
(à dire tous les jours)
Seigneur et Maître de ma vie,
L’esprit d’intégrité, d’humilité, de
patience et de charité
Donne à ton serviteur !
(on se prosterne)
L’esprit d’oisiveté, de découragement, de domination
et de parole facile
Eloigne de moi !
(on se prosterne)
Oui, Seigneur et Roi,
donne-moi de voir mes fautes et de ne pas juger mon frère
Car Tu es béni dans les siècles des siècles ! Amen.
(on se prosterne)
Texte à méditer :
En vérité, en vérité, je vous le dis,
si le grain de blé ne tombe en terre et ne meurt, il reste seul ;
s’il meurt, il porte beaucoup de fruit.
Qui aime sa vie la perd
et qui hait sa vie en ce monde
la conservera en vie éternelle. (Jn 12,24)
Les prochaines sessions à Béthanie :
· « Le Rire » avec le philosophe Bertrand Vergely, du 8 au
9 mars. Un thème étrange et fondamental. Avec ou sans le rire
la vie est vivante ou morte. Stupéfiante découverte !
· « Semaine Sainte et Nuit Pascale », du 19 au 23 mars. Sommet de l’Année Liturgique et mystère de la vie de chacun. Mettre ses pas dans les pas du Christ, c’est renaître.
· « » du 19 au 20 avril. Etre centré ou non, telle est la question d’une vie. Découvrir le Royaume intérieur par le corps que je suis.
· « L’approche intégrative et la vision quantique de la santé » avec Jean-Louis Garillon, du 26 au 27 avril. Quoi de neuf dans le domaine médical quantique aujourd’hui ? Comment apprivoiser ces nouvelles découvertes ?
Informations :
- Ce début de Carême est marqué par une rude épreuve pour notre Communauté. Rachel est immobilisée dans une douloureuse fracture d’une cheville. Mais la bénédiction demeure sa prière permanente et notre consolation. Merci de nous accompagner aussi par votre prière !
- Béthanie organise un pèlerinage en terre Sainte du 13 au 24 juillet 2008 avec Père Alphonse et Rachel et le Pasteur Michel Magnin, il reste quelques places, si cela vous intéresse, demandez les renseignements au secrétariat de Béthanie à l’adresse habituelle ou par courriel : centre.bethanie@wanadoo.fr
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BETHANIE, Prieuré Notre-Dame et St-Thiébault, 57680 GORZE