| Centre de Rencontres
Spirituelles Prieuré Notre-Dame et St-Thiébault 57680 GORZE Tel.03 87 52 02 28 (de 10h à 12h et de 15h à 18h sauf le dimanche et le mercredi) Fax 03 87 69 91 79 E-mail : centre.bethanie@wanadoo.fr Site web: www.centre-bethanie.org |
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Gorze, février 2009
Chers Amis,
Les Pères du Désert disent : « Une journée sans contrariété
est une journée perdue ! » Cet aphorisme est la conviction commune
de beaucoup de philosophes et, bien sûr, des plus grands spirituels. Pourquoi
? Parce qu’ils ont la certitude, souvent durement acquise, que les catastrophes
sont là pour nous éviter le pire. Et le pire c’est de traverser
la vie sans naufrages, de rester à la surface des choses, de confondre
la vie avec son ombre, de prendre les apparences pour la Réalité
et donc de ne jamais être précipité dans une autre dimension.
En fait de catastrophes, nous sommes bien servis depuis quelques temps…
Une terrible angoisse d’être engloutis tout vivants dans la fameuse
crise financière habite la masse des gens, une peur sournoise remontant
des profondeurs de l’inconscient nous dit que le fléau dévastateur
du sud-ouest d’hier peut être notre lot demain n’importe où,
et à cela qui suffirait, s’ajoutent les misères incalculables
de notre quotidien…
La question n’est donc pas de savoir si nous avons des contrariétés,
petites ou grandes, dans nos journées, car elles pullulent ! Mais : qu’en
faisons-nous ? La plupart du temps nous nous fermons et cette résistance
à la vie telle qu’elle se présente risque de nous encapsuler
dans la tristesse, la dépression ou le pire des désespoirs, c'est-à-dire
tout ce qui s’oppose à la vie ! La société de consommation
nous y enfonce encore davantage, car elle nous exploite à mort en nous
faisant croire que notre salut c’est de consommer ses « remèdes
». Nous vivons innocemment dans une immense conspiration contre la naissance
de l’homme à lui-même et à sa profondeur. Chacun y
va de ses solutions qui nous murent un peu plus dans notre forteresse…
Elles sont, certes, des clés, mais qui n’ouvrent jamais au-delà
de l’horizontalité animale. La crise financière échappe
aux pouvoirs de notre raison et donne raison à toutes les interprétations…
La catastrophe écologique du sud-ouest est due, évidemment,
au réchauffement climatique. Quant à nos misères du jour,
elles sont des « tuiles » que nous envoie le « bon »
Dieu… « Qu’ai-je fait à Dieu pour qu’Il me fasse
cela ?! » ou encore : « Si Dieu existait, Il ne pourrait pas permettre
cela ! » Selon l’antique théorie, il faut toujours un responsable,
un bouc émissaire, qui endosse la faute et barre donc la découverte
de l’Essentiel oublié… Ainsi nous sommes tous spécialisés
dans l’esquive et le détournement !
Tout cela est sans doute trop facile à écrire quand on n’est
pas dans le malheur, mais pour qui s’y trouve ces propos paraissent d’un
cynisme insupportable. Et pourtant il n’y a pas d’autre issue que
de se tourner vers soi-même. La transformation du monde commence dans
notre propre coeur et nulle part ailleurs !
L’homme est un microcosme, ce qu’il vit il le fait vivre au restant de toute la Création, au macrocosme. S’il s’arrache à la source de toute vie : Dieu. La nature ne peut que se révolter et tout ce que l’homme entreprend est voué au nihilisme…
Tant que l’homme n’a pas compris cela, il est en crise. Celle-ci est comme un bélier qui enfonce les portes de notre conscience endormie ou rebelle. L’épreuve est proportionnelle à la sourde oreille. Et cela cogne jusqu’à ce que nous soyons dans les derniers retranchements de notre résistance, de notre « non » à ce qui est, et qu’un jour arrive le grand lâcher-prise où nous dirons à Dieu : « Seigneur, fais de moi ce que Tu veux ! Je m’abandonne et me confie à toi ! »
Assumer totalement tout ce qui est, et les événements que notre mental refuse en les interprétant comme « malheureux » ou « inadmissibles » : cette acceptation de la souffrance fait alors de la vie une « initiation », à condition que cette unité avec l’Etre soit notre motivation essentielle et prime sur tous les autres désirs. Nous ouvrir à ce qui nous vient, c’est nous ouvrir au Verbe lui-même, au Soi. Et lorsque l’ouverture est devenue totale, que toute l’existence est devenue « oui » à tout ce qui nous advient, sans que l’ego intervienne pour réagir, nous sommes vainqueurs d’une victoire absolue et trônons sur le trône même du Verbe, comme le promet l’Apocalypse. Nous sommes aux antipodes de la « résignation », qui n’a rien d’évangélique, ou pire : de l’acceptation d’une défaite ! Il s’agit de l’abandon, du « oui » du Christ et de Marie, de poser avec eux la bénédiction sur tout ce qui est ici et maintenant. Cela seul permet à Dieu d’être Dieu, que l’existence la plus noire devienne miraculeuse, que la maladie et la souffrance soient un processus de guérison, que la mort elle-même se présente comme le plus grand des remèdes, car « tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu » (Rm 8,28). Mais le vrai miracle, le voici : l’ego meurt, nous cessons d’être les esclaves de nos émotions et acquerrons la certitude d’être guidés de l’intérieur. Plus rien ne nous trouble, plus aucun jugement ne franchit nos lèvres, la Vie nous porte et nous sommes animés, fascinés tout entier par cette bénédiction merveilleuse : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi ! » (Ga 2,20) Alors, mais alors seulement, c’est Lui qui exprime en nous sa volonté et nous offre la solution à toutes les crises, quelles qu’elles soient… La seule catastrophe, c’est de nous détourner de Dieu ; le seul remède à tout, c’est de revenir à Lui.
Avec toute notre affection, à bientôt !
Père Alphonse et Rachel
Prière de Sainte Thérèse d’Avila
Je suis à Vous, pour Vous je suis née,
qu’ordonnez-Vous qu’il soit fait de moi ?
Vous voyez ici mon coeur,
je dépose sur la paume de votre main
mon corps, ma vie et mon âme, mes entrailles et mes affections ;
doux époux, ma rédemption, puisque je me suis offerte à
Vous
qu’ordonnez-Vous qu’il soit fait de moi ?
Donnez-moi la mort, donnez-moi la vie :
donnez-moi santé ou maladie,
honneur ou déshonneur donnez-moi,
donnez-moi la guerre, ou une paix accrue,
la faiblesse, ou la force accomplie, puisque à tout je dis oui.
Qu’ordonnez-Vous qu’il soit fait de moi ?
Donnez-moi richesse ou pauvreté,
donnez-moi consolation ou désolation,
donnez-moi allégresse ou tristesse,
donnez-moi l’enfer, ou donnez-moi le ciel,
douce vie, soleil sans voile,
puisque je me suis rendue merci.
Je n’ai vécu que Vous en moi, je suis à Vous, pour Vous
je suis née,
qu’ordonnez-Vous qu’il soit fait de moi ?
Texte à méditer :
Saint François dit : « Le Seigneur m’a fait voir que la
plus haute activité de l’homme et sa maturité ne consistent
pas dans la poursuite d’une idée, si élevée et si
sainte soit-elle, mais dans l’acceptation humble et joyeuse de ce qui
est, de tout ce qui est. L’homme qui suit son idée reste enfermé
en lui-même. Il ne communie pas vraiment aux êtres. Il ne fait jamais
connaissance avec l’univers. Il lui manque le silence, la profondeur et
la paix. La profondeur d’un homme est dans sa puissance d’accueil.
La plupart des hommes demeurent isolés en eux-mêmes, malgré
toutes les apparences. Ils sont pareils à des insectes qui ne parviennent
pas à se dépouiller de leur coque. Ils s’agitent désespérément
à l’intérieur de leurs limites. Au bout du compte, ils se
retrouvent comme au départ. Ils croient avoir changé quelque chose,
mais ils meurent sans avoir vu le jour. Ils ne se sont jamais éveillés
à la réalité. Ils ont vécu en rêve ».
(Eloi Leclerc « Sagesse d’un pauvre », p 135)
Les prochaines sessions à Béthanie :
· Du 27 février au 1er mars : « Entrée dans le Grand
Carême ». Jeûne, silence, solitude, rumination de la Parole
de Dieu. Retraite pour un renouvellement de notre être.
· Du 12 au 16 mars : « Prière de Jésus : Prière du coeur », le bâton de pèlerin offert par la grande Tradition hésychaste des Pères du Désert pour illuminer notre vie quotidienne.
· Du 28 au 29 mars : « L’art d’être dans l’instant présent » avec le Père Francis Dekeyser. Par le corps que je suis, découvrir l’immense trésor qui habite le « ici et maintenant »
Informations :
- Les anciens « classiques » parmi nos écrits : « L’Au-delà
au fond de nous-mêmes – Initiation à la méditation
» et « Prière de Jésus : Prière du coeur »
sont à nouveau réédités en livres de poche. Le premier,
muni d’une magnifique préface de Jean-Yves Leloup, va paraître
en avril aux éditions Dervy. Le second, avec la préface de monseigneur
Kallistos Ware, vient de reparaître à nouveau aux éditions
Albin Michel. Monseigneur Kallistos, métropolite du patriarcat de Constantinople,
est notre père spirituel depuis la mort du père Sophrony. Nous
sommes vraiment heureux de sa préface de plus de dix pages, où
il développe sa profonde connaissance de cette Prière et de son
ancienne Tradition.
- Si vous n’êtes pas déjà au courant, nous vous annonçons
la naissance au ciel d’Olivier Clément, grand penseur orthodoxe,
universellement connu. Pendant trente ans il a été un phare sur
notre Chemin. Certains parmi vous ont participé à ses sessions
à Béthanie ou ont lu ses articles dans la revue « Le Chemin
» à laquelle il a collaboré. Dans le prochain numéro
du 30 mars nous lui rendrons hommage. « Que le Seigneur fasse briller
sur lui la Lumière de sa Face ! »
Pour recevoir la lettre de Béthanie gratuitement chaque mois par internet,
inscrivez-vous en vous connectant à l’adresse http://www.centre-bethanie.org/liste_diffusion.htm
et enregistrez votre adresse e-mail. Si vous ne disposez pas d’internet
nous vous enverrons la lettre par courrier mais pour ce faire, merci de nous
adresser des enveloppes timbrées libellées à votre adresse.
BETHANIE, Prieuré Notre-Dame et St-Thiébault, 57680 GORZE