| Centre de Rencontres
Spirituelles Prieuré Notre-Dame et St-Thiébault 57680 GORZE Tel.03 87 52 02 28 (de 10h à 12h et de 15h à 18h sauf le dimanche et le mercredi) Fax 03 87 69 91 79 E-mail : centre.bethanie@wanadoo.fr Site web: www.centre-bethanie.org |
![]() |
Gorze, février 2010
Chers Amis,
Le printemps sera bientôt à nos portes et avec lui le grand renouvellement
de toute la création. Pour participer à cette mutation, la sagesse
de la Tradition nous invite à 40 jours de jeûne, qui aboutissent
à la renaissance pascale. C’est le « Carême »
ou « printemps de l’âme », comme l’appellent les
Anciens, qui nous fait passer à l’acte.
Le jeûne pose en effet la décision du changement à la racine
de la liberté, il réoriente tout l’être dans l’expérience
d’une faim durable comme folie d’amour pour Dieu. Endurer la faim,
sans manger, signifie d’abord que l’homme ne dépend pas de
la nourriture, qu’il n’est plus victime du mensonge universel dont
la société entière a fait sa vision, car elle ne survit
que par la « consommation », et que, finalement, la faim est un
état spirituel. En lui on découvre ce que Satan veut nous cacher
depuis toujours, à savoir que nous dépendons totalement de Dieu
et de Dieu seul ! C’est pour cela que jeûne et prière sont
si intimement liés. Le jeûne seulement physique ne serait qu’un
suicide, si l’alchimie de la prière ne le transformait pas en une
formidable source d’énergie : Certains démons ne s’en
vont que par la prière et le jeûne, dit Jésus (Mt 17,21).
C’est le jeûne et la prière conjoints qui nous arrachent
à la tentation démoniaque et nous incorporent à l’expérience
du Christ pour nous entraîner dans un processus de libération avec
Lui et en Lui. Ce jeûne en Christ est donc véritablement ontologique,
il s’enracine dans l’acte rédempteur du Christ, dont le jeûne
des quarante jours culmine dans la croix et la résurrection. Le jeûne
priant est une participation intime à la Pâque du Christ.
Par le jeûne nous entrons dans l’expérience du dépouillement
infini du Christ, son anéantissement, et là, nous prenons immédiatement
conscience de la maladie dont nous avons le plus besoin d’être sauvés
: notre complicité avec nous-mêmes. Nous sommes possédés
par notre moi ; notre perpétuel tourment, notre vraie misère,
où s’originent toutes les autres, se trouve là et nulle
part ailleurs. C’est le mal radical qui corrompt en nous tout ce qui est
possible sur le plan spirituel, la source de tous les désastres, de tous
les malheurs, personnels et universels.
La purification opérée par le jeûne et la prière
est sans limites. Elle pénètre jusqu’au méta-centre
de l’homme, révèle le noyau de l’être, le point
de repos intérieur (Dr Buchinger). Là, dans l’ultime faiblesse
où peut nous conduire le jeûne, dans l’abîme de notre
« néant », où notre lâcher-prise est absolu,
s’ouvre à nous l’abîme de Dieu. Nous expérimentons
que le Royaume de Dieu nous est intérieur, que nous participons dès
maintenant de sa gloire. Alors l’homme commence à sentir ce renouvellement
de soi qui signifie sa lente naissance au ciel ici-bas même et, qu’en
fin de compte, il ne mourra plus…
Tous ceux qui font l’expérience du jeûne sont surpris par
la lente transmutation de leur corps et leur nouveau rapport à la matière,
à tout ce qui les entoure, au cosmos lui-même. Le corps est un
microcosme.
Quand le jeûne nous fait « basculer », il s’agit d’une
différence radicale d’aimantation. On passe de la toute puissante
aimantation vers le bas à l’aimantation légère et
très joyeuse vers le haut, céleste et angélique. Le corps
se spiritualise, parce qu’il cesse d’être sous la domination
du ventre et de ses instincts, d’une part, et d’autre part parce
qu’il entre en osmose avec le corps spirituel ou subtil dont parle saint
Paul (1 Co 15,44). La sensation du corps doit alors s’exercer, elle ne
cesse de s’approfondir et devient peu à peu, comme disent les Pères,
« sensation du Divin ». Cette sensation est un vrai lieu géométrique
où confluent toutes les données d’un réel progrès
sur le Chemin, d’une profonde transformation : présence à
soi, présence à Dieu et présence au présent. La
simple sensation du corps pourvu qu’elle dure, ouvre à une nouvelle
conscience et fait tomber le voile trompeur des apparences.
Il y a beaucoup de manières de jeûner, chacun doit trouver la sienne,
compte tenu de sa santé, de son travail et des circonstances de sa vie
: ne rien manger du tout et boire abondamment, ne prendre qu’un seul repas
par jour ou encore manger très sobrement… Le jeûne s’adresse
aussi aux plaisirs. Ainsi peut-on par exemple supprimer les desserts, le vin
et tout ce qui flatte l’ego. On peut jeûner de pensées, du
jugement, de la parole facile, du cinéma et de la télévision,
de certaines habitudes… Il n’y a pas de limites à nos dépendances
et chacun doit discerner ce qui l’empêche de vivre pleinement.
Pour finir rappelons qu’en jeûnant, je gagne du temps : il appartient
à Dieu pour la prière ; et je gagne de l’argent : il appartient
aux nécessiteux ! C’est le fameux trinôme : « Jeûne
– Prière – Aumône » fixé très tôt
par la Bible (Tobie 12,8).
Pour sauter dans cette fabuleuse aventure, nous vous proposons un week-end de
jeûne à Béthanie du 26 au 28 février.
A vos marques et bon courage !
avec toute notre affection, à bientôt !
Père Alphonse et Rachel
Texte à méditer :
Voici ce qu’opère le jeûne : il guérit les malades,
dessèche les écoulements d’humeurs corporelles, repousse
les démons, expulse les mauvaises pensées, rend l’esprit
plus clair, purifie le cœur, sanctifie le corps, place l’homme sur
le trône de Dieu.
Le jeûne est une grande force et procure de grands succès. Le jeûne
est la vie des anges, qui place celui qui s’y adonne dans l’ordre
angélique…
Bienheureux celui qui jeûne pendant tout ce temps, car il habitera la
céleste Jérusalem, il chantera avec les anges, il se reposera
avec les prophètes et les apôtres.
(Saint Athanase d’Alexandrie, IVe siècle)
Prière de l’Eglise orthodoxe pour le carême:
(Après chaque phrase, on se prosterne front contre terre ou on s’incline
profondément selon ses possibilités)
Seigneur et Maître de ma vie, l’esprit d’oisiveté, de découragement, de domination et de paroles faciles, éloigne de moi.
l’esprit d’intégrité, d’humilité, de patience et de charité, donne à ton serviteur.
Oui, Seigneur et Roi, donne-moi de voir mes fautes et de ne pas juger mon frère
car Tu es béni dans les siècles des siècles. Amen.
(Saint Ephrem le Syrien, IVe siècle)
Les prochaines sessions à Béthanie :
· Du 26 février à 19h au 28 février à 17h
: Retraite du Grand Carême. Jeûne, silence, solitude, méditation
de la Parole de Dieu.
· Du 13 mars à 9h au 14 mars à 17h : « Comment sortir du mal-être et aller vers la liberté », avec le philosophe Bertrand Vergely.
· Du 20 mars à 9h au 21 mars à 17h : « Apprivoiser la mort ». Muter vers la plénitude de vie et faire de la mort une « grande allégresse ».
· Du 31 mars à 19h au 4 avril à 16h : Semaine Sainte et
Nuit pascale. Apprendre à vivre et à mourir avec le Christ.
Pour recevoir la lettre de Béthanie gratuitement chaque mois par internet,
inscrivez-vous en vous connectant à l’adresse http://www.centre-bethanie.org/liste_diffusion.htm
et enregistrez votre adresse e-mail. Si vous ne disposez pas d’internet
nous vous enverrons la lettre par courrier mais pour ce faire, merci de nous
adresser des enveloppes timbrées libellées à votre adresse.
BETHANIE, Prieuré Notre-Dame et St-Thiébault, 57680 GORZE