| Centre de Rencontres
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Gorze, avril 2010
Chers Amis,
Le Christ ressuscité est venu allumer en chacun d’entre nous la
fête immuable de l’Amour et de la Joie. Désormais sa plénitude
de Lumière et de Vie constitue le tréfonds même de notre
être. Qu’on se souvienne de cette admirable image des Pères
pour exprimer le mode de guérison de l’homme par Dieu : le feu
dans le fer. Le fer jeté dans la braise prend les propriétés
du feu, comme par osmose, ainsi, à l’Incarnation, Dieu devient
homme et celui-ci acquiert les qualités divines, sa nature malade unie
à celle de Dieu se transforme.
Le Christ guérit notre nature de l’intérieur ; en y descendant
Il la libère de ses infirmités, et en même temps Il la régénère
et l’illumine. Il se fait lui-même passion, écrit saint Maxime
le Confesseur dans les « Centuries », pour guérir nos passions
pas Sa passion. Effaçant ainsi dans la chair nos passions au-delà
de toute mesure, en son amour de l’homme, il renouvelle dans l’Esprit
nos facultés.
En y descendant, le Christ-Dieu n’écarte pas la souffrance et
la mort pour les remplacer par la Vie, c’est la souffrance elle-même
qui se transforme en chemin vers l’incorruptibilité et la mort
se métamorphose en Vie. Le vieil homme, dans sa nature corrompue, a été
crucifié avec le Christ. Désormais, nous sommes libérés
de l’esclavage des passions et du pouvoir tyrannique qu’avait Satan
sur nous (Rm 6,6 ; He 9,26).
Par sa mort et sa résurrection, le Christ recrée l’homme
et renouvelle sa nature de fond en comble. Libérée de ses passions,
celle-ci retrouve l’orientation première vers Dieu, les facultés
sont restaurées et l’être entier de l’homme recouvre
sa santé paradisiaque. Bien plus : dans le Christ ressuscité,
tout est pleinement accompli ; non seulement notre nature est libérée
de tous ses maux, mais elle est déjà pleinement déifiée.
En effet, par l’Incarnation, qui culmine dans la Résurrection et
la Pentecôte, s’abolit toute distance entre Dieu et l’homme.
Le Christ unit en une seule personne divinité et humanité : en
tant que tel Il est l’Homme Nouveau, Celui qui engendre la nouvelle race
des hommes. Depuis sa venue dans notre chair, nous sommes objectivement libérés
de la rupture avec Dieu, son « Image » en nous a retrouvé
sa plénitude et sa beauté originelle, notre asservissement à
Satan est terminé, il nous est à nouveau possible de vivre selon
notre vraie nature. « Objectivement », le Christ a tout «
accompli » (Jn 19,30), chaque homme reste libre, bien sûr, de l’accepter
ou non. Mais désormais Satan n’a plus aucun pouvoir sur l’homme
si celui-ci ne lui donne pas son libre accord.
Nicolas Cabasilas dit que Dieu a refondu la nature humaine comme on refait une
statue brisée et défigurée en la mettant dans un autre
moule. Le « moule » c’est le Christ, c’est en Lui, à
son Image, que l’homme est remodelé. Les Pères sont sur
ce point d’un réalisme inouï, ce qui est d’ailleurs
dans la logique même de l’Incarnation. Cabasilas ramasse le vécu
de toute une Tradition mystique depuis les origines quand il dit :
Le sang par lequel nous vivons maintenant est le sang du Christ et notre chair est le corps du Christ…Les membres nous sont communs et la vie nous est commune.
Dans cette mutuelle inhabitation, Dieu repose dans l’homme corporellement
(Col 2,9) et l’homme repose corporellement, physiquement en Dieu. Communion
charnelle où le corps se manifeste comme lieu de perception immédiate
du Christ-Dieu incarné en l’homme.
Le seul travail de l’homme, c’est de s’ouvrir de tout son
être à cette Présence qui l’habite, plus intime à
lui que lui-même (saint Augustin), de s’unir à elle consciemment
et, d’étape en étape, jusqu’aux plus hautes épousailles.
Ce sont là les étapes même de notre guérison. Il
n’y a plus alors de maladie, bien que malade, il n’y a plus de mort,
bien que mourant, même si l’homme extérieur en nous s’en
va en ruines, l’homme intérieur se renouvelle de jour en joue…
et une masse éternelle de gloire nous attend (2 Co 4,16-18). Aucune limite
ne s’impose à cette croissance qui désormais est autre que
la santé physique.
Il se produit sur ce Chemin de re-création un saut de la conscience,
où l’homme quitte le plan horizontal des opposés : bien-mal,
santé-maladie, vie-mort… La guérison prend alors un sens
radicalement nouveau. A mesure que l’homme s’unit au Christ personnellement
et entre dans le trésor de vie et de grâces ouvert pour lui par
la mort et la résurrection, des pans de murs s’écroulent,
des fixations passionnelles lâchent prise, des nœuds se défont…
c’est la naissance à la dimension non conditionnée : Dieu
naît dans l’homme et l’homme naît en Dieu. Depuis son
Exil, l’homme soupire après cette réciprocité des
consciences divino-humaine, car la conscience de l’homme est le lieu du
repos de Dieu ; elle est ontologiquement malade sans l’étreinte
de la conscience amoureuse de Dieu. C’est dans cette étreinte que
se trouve la guérison définitive de l’homme. Il n’y
a aucune limite à l’expérience de cet approfondissement
sans fin, car la conscience de l’homme est capable d’accueillir
en elle l’infini de la lumière de Dieu. C’est là le
lieu de son repos.
Avec toute notre affection, à bientôt !
Père Alphonse et Rachel
Texte à méditer :
L’Esprit-Saint fait pénétrer le Christ en nous jusqu’au
bout de nos doigts. Il pénètre notre corps… Moi, indigne,
je suis la main et le pied du Christ ! Je meus ma main et ma main est tout Christ,
je meus mon pied et je vois toute la gloire de Dieu, car la divinité
de Dieu s’est unie à moi indivisiblement.
(Saint Syméon le Nouveau Théologien, XIe siècle)
Prière :
C’est le Jour de la Résurrection, rayonnons de joie en cette solennité.
Embrassons- nous les uns les autres. Disons frères, même à
ceux qui nous haïssent. Pardonnons tout à cause de la Résurrection,
et clamons : Christ est ressuscité des morts, par la mort Il a vaincu
la mort. A ceux qui sont dans les tombeaux, Il a donné la vie.
(Troisième nocturne de Pâques)
Les prochaines sessions à Béthanie :
· Du 7 au 9 mai : « Sauvegarde de la Création » - Retrouvailles autour d’un chantier pour l’entretien de Béthanie.
· Dimanche 9 mai : Divine Liturgie pour la Sauvegarde de la Création à 10h30 et à 15h, conférence de Jean-Marie Pelt.
· Du 14 au 16 mai : « La voie des Psaumes ». Apprendre à psalmodier pour enchanter sa vie avec la Parole de Dieu.
· Du 22 au 23 mai : Fête de la Pentecôte.
Samedi à 16 H : conférence du Père Alphonse.
A 19H : Grandes Vêpres et imposition des mains « pour la guérison
de l’âme et du corps ».
Dimanche à 10H30 : Tierces solennelles suivies de la Liturgie pentecostale
et des Agapes fraternelles.
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