Centre de Rencontres Spirituelles
Prieuré Notre-Dame et St-Thiébault
57680 GORZE
Tel.03 87 52 02 28
(de 10h à 12h et de 15h à 18h sauf le dimanche et le mercredi)
Fax 03 87 69 91 79
E-mail : centre.bethanie@wanadoo.fr
Site web: www.centre-bethanie.org
Gorze, novembre 2004
Chers amis,
Avec le mois de novembre nous arrivons à la fin de l’année
liturgique et le commencement de l’Avent qui nous ouvre à la préparation
de Noël. Dans les Evangiles lus pendant ces temps-ci, le Christ utilise
un langage apocalyptique à la manière des grands prophètes.
Il annonce l’abomination de la désolation, qu’il y aura des
guerres et des bruits de guerre, des famines, des tremblements de terre, des
trahisons et des haines intestines...La liste est longue de ce fameux chapitre
24 de saint Matthieu, où nous constatons, tous les jours un peu mieux,
que cette prophétie de Jésus est en train de se réaliser
: l’Apocalypse est bien commencée, nous sommes à la fin
des temps. N’avons-nous pas tous les matins les bras en croix sur notre
journal où ces événements nous crucifient ? Les heures
noires devant la télévision ne nous jettent –elles pas dans
la dépression et l’angoisse ?
Il est très important d’être solidaires et de communier par
la compassion à la souffrance des hommes, mais le Christ nous invite
à partager sa vision prophétique de la réalité et
à entrer dans une compréhension évangélique de l’Histoire.
C’est tout le contraire du désespoir ! Redressez la tête,
dit-il, ne vous alarmez pas…ce sont les douleurs de l’enfantement.
Par son Incarnation à Noël, le Christ a fait de l’histoire
le temple de sa Présence. En dessous des convulsions terribles de la
surface, que relate le journal et le petit écran, il y a le Christ-Libérateur
à l’œuvre qui « enfante » le monde dans une recréation
continuelle. La vision du Christ en croix, agonisant sous les coups, les plaies
et le sang, nous met dans l’effroi à juste titre, mais celui qui
descend dans la profondeur de ce mystère sait, comme Marie, que la puissance
ressuscitante de Dieu est à l’œuvre pour « faire toute
chose nouvelle ». Cela n’enlève rien à la souffrance,
mais la transforme de fond en comble !
La seule chose que nous demande le Christ, au coeur du désarroi, c’est
de faire confiance à sa Présence et à sa Parole. On ne
construit pas sa vie sur la tyrannie des émotions ! Seule la foi renouvelée
nous sauve à chaque instant, adhérer au Christ, coûte que
coût. Car, dit-il, il surgira des faux Christ et des faux prophètes
qui abuseront bien des gens…n’en croyez rien ! Ce ne sont pas seulement
toutes les idoles de notre temps, mais aussi toutes nos dépendances et
passions auxquelles nous nous agrippons pour combler nos béances quand
rien ne va plus…
Le Christ doit devenir notre unique référence, le « Rocher
» sur lequel nous nous appuyons, Celui auquel nous rapportons tout, joies
et peines du quotidien. Le mystère de l’Avent révèle
alors son plein sens : celui de la venue du Seigneur que nous attendons. Comme
nous l’avons dit : Il est venu dans l’histoire, mais tant qu’Il
n’est pas venu dans mon coeur, c’est comme si rien ne s’était
passé ! En fait, chaque instant est une porte fermée à
laquelle le Christ ne cesse de frapper, selon l’Apocalypse, si je dis
« oui », Il entre dès maintenant dans mon intimité
(Ap.3,20). L’Evangile est clair : chaque respect, chaque service rendu,
une affection désintéressée, chaque sympathie, toute générosité
et don de soi, jusqu’au sourire, la prière humble et cachée,
notre travail fait avec amour et conscience ouvre la porte, accélère
la fin des temps et le retour définitif du Christ. Mais à la base
de tout cela d’abord : mon coeur illuminé par sa Présence,
ici et maintenant, et devenant un foyer rayonnant dans cette humanité
en détresse.
Nous sommes nés au monde pour cette Joie sans limites, immense, éperdue.
La Joie est vraiment le critère que nous sommes dans la vérité,
elle est la tonalité de ce temps de l’Avent, un de ses dimanches
lui est même consacré, il s’appelle « Laetare »
: Réjouissez-vous sans cesse dans le Seigneur, je le répète
encore, réjouissez-vous…Le Seigneur est proche, s’écrie
saint Paul ce jour-là dans son Epître (Phil. 4,4). Tout ce qui
nous confirme dans la joie est vrai, tout ce qui nous en éloigne est
faux. Et cette joie a ceci de singulier : elle ne dépend ni de faveurs
spéciales, ni de circonstances extraordinaires, ni de dispositions intérieures
impossibles à réaliser. Elle ne dépend que de ce seul fait
qui subsiste par lui-même et qui est toujours de la dernière actualité
: la présence du Seigneur !
Nous vous invitons donc à faire de l’Avent un temps fort par un
quadruple exercice : 1° : intensifier la prière – 2° :
s’exercer à la vigilance en instaurant dans la journée des
rappels réguliers – 3° : choisir la sobriété
dans le boire et la manger ou toute autre dépendance pour devenir libre
– 4° : s’exercer à la joie intérieure, avoir un
coeur rempli de gratitude. Sur ce chemin vers Noël, nous serons comme Marie,
en lente gestation d’un avenir nouveau, porteurs du Christ, en parfaite
osmose avec le Vivant…
Dans cette profonde et joyeuse attente !
Avec toute notre affection, à bientôt !
Père Alphonse et Rachel
Hymne à la Vierge chanté pendant l’Avent:
Etoile de la mer, nourricière de Dieu,
O mère toujours vierge, porte du ciel, salut !
De l’ange Gabriel tu reçois cet Ave,
par ce nom nouveau d’Eve, fonde nous sur la paix.
Délivre les pécheurs, éclaire les aveugles,
chasse de nous les maux et obtiens nous la joie.
Sois vraiment notre mère, intercède pour nous
auprès de ton enfant Dieu, né de toi pour nous hommes.
Accorde un chemin droit, une vie sans tache,
et que, voyant- Jésus Roi, nous soyons dans la liesse.
O Vierge sans égale, o très douce entre toutes,
obtiens pour nous pardon, douceur et pureté.
Louanges soient au Père et au Christ notre Roi,
honneur au Saint Esprit Dieu, unique Trinité !
Amen !
(saint Venance Fortunat, VI°s)
• Texte à méditer du prophète Isaïe (Is.9, 1-6)
Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière,
sur les habitants du sombre pays, une lumière a resplendi.
Tu as multiplié la nation, ta as fait croître sa joie ; ils se
réjouissent devant toi comme on se réjouit à la moisson,
comme on exulte au partage du butin.
Car le joug qui pesait sur elle, la barre posée sur ses épaules,
le bâton de son oppresseur, tu les as brisés comme au jour de Mâdian.
Car toute chaussure qui résonne sur le sol, tout manteau roulé
dans le sang, seront mis à brûler, dévorés par le
feu.
Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné,
il a reçu le pouvoir sur ses épaules et on lui a donné
ce nom :
Conseiller-merveilleux, Dieu-fort, Père-éternel, Prince-de paix,
pour que s’étende le pouvoir dans une paix sans fin sur le trône
de David et sur son royaume, pour l’établir et pour l’affermir
dans le droit et la justice.
Dès maintenant et à jamais,
L’amour jaloux du Seigneur Sabaot fera cela.
• Sessions en cours à Béthanie :
- Du 20 au 21 novembre : « Trouver sa voix ». Celui qui la trouve,
grâce à l’exercice, a un accès direct à la
connaissance de soi. Il peut alors approfondir sans cesse le mystère
de son identité. Un chemin de vie !
- Du 26 au 28 novembre : retraite de l’Avent. Temps-fort de mise en application
des exercices proposés plus haut. Permettre à notre foi de devenir
une réelle expérience.
- Du 4 au 5 décembre : « Apprivoiser la mort ». C’est
la condition d’une vie nouvelle ou de la vie tout court ! Vivre sa mort
aujourd’hui, c’est vivre à jamais pleinement…
- Du 11 au 12 décembre : « Vivre avec les Anges ». En finir
avec les ésotérismes trompeurs et découvrir la merveille
d’une formidable Présence, d’une Amitié unique et
d’un service désintéressé.