![]() |
![]() |
|
|
Textes
|
||
![]() |
Par où commence la lutte contre le péché Saint
Isaac le Syrien Chacun
sait une chose, c'est que toute lutte contre le péché et
le mal commence par le travail du jeûne. C'est vrai spécialement
pour celui qui combat les péchés intérieurs. Le signe
que quelqu'un hait réellement le péché et les désirs
pervers, c'est qu'il commence à jeûner. Le
jeûne renforce toutes les vertus; c'est le début du combat
spirituel, la beauté de la virginité et de la sainteté,
le début de la voie chrétienne, le père de la prière,
la fontaine de paix, l'enseignement de la quiétude intérieure,
le germe de toutes bonnes qualités. De même que l'oeil sain
recherche la lumière pure, de même pratiquer le jeûne,
avec discernement, conduit au désir de prier. Aussitôt que
l'on commence à jeûner, l'esprit est poussé à
la communion avec Dieu. Un corps qui jeûne ne supporte pas de rester
oisif. Car le jeûne mène naturellement à la vigilance
pour Dieu, non seulement de jour mais de nuit. Et le corps jeûnant
ne connaît pas la fatigue de lutter contre le sommeil ; quoique
les sens soient affaiblis, l'esprit est éveillé à
Dieu dans la prière. Il vaut mieux négliger quelque travail
par une faiblesse due au jeûne que négliger ce même
travail à cause de la paresse due à ce que l'on a trop mangé. Inutile
d'insister sur les beautés du jeûne. Beaucoup de docteurs
et de Pères ont parlé des victoires obtenues par le jeûne
et des belles choses qu'il apporte. Tous les livres nous informent de
l'importance du jeûne et des victoires qu'on lui doit de génération
en génération. Tous disent le secours qu'il apporte et les
louanges que lui doivent ceux qui en usent, car d'expérience chacun
sait qu'il est source de tout ce qui est bon. Aussi
longtemps que la bouche est sous le sceau du jeûne, l'esprit médite
la repentance de son âme; le désir pervers s'éloigne.
L'on n'a jamais vu quelqu'un, jeûnant avec discernement, sujet à
la concupiscence. Car le jeûne est le dépôt de toute
vertu. Qui le méprise fait fuir toute vertu. Quand
le jeûne fait défaut, l'on s'assoupit, le corps s'alourdit,
les épaules chancellent, l'esprit devient borné. L'on se
sent poussé à abandonner son travail, avec une aversion
pour ce qui fortifie l'âme. L'esprit devient froid et sombre, frustré
et confus. L'obscurité envahit l'âme entière. Une
déprime et un rejet suivent concernant tout labeur pour Dieu. On
ne se sent pas de lire la Bible. Tout le nécessaire est négligé.
Les pensées roulent ici et là. L'esprit devient obtus par
l'errance. D'impures pensées envahissent l'intellect. Tels sont
les fruits venant d'un estomac gorgé. Car quiconque pourvoit son
corps de trop de choses, réduit son âme à la pauvreté. |
|
| imprimer
le texte |
||