Lettre n°237 - Octobre 2026
Nous sommes des passants sur cette terre depuis notre exil du Jardin d’Eden, mais en chemin vers le Royaume des Cieux, où nous attend Notre Père Eternel.
Cependant nous avons une mission à accomplir : réussir notre vie, c’est-à-dire nous réaliser. Certes ce n’est pas facile, nous en faisons l’expérience, mais le Christ nous a précédés, Il est venu nous manifester qu’Il est le Chemin en Personne. Sur ce chemin de réalisation, il est important d’être accompagné spirituellement, c’est pourquoi certains Saints nous sont envoyés par le Saint-Esprit afin de nous éveiller et de nous guider.
Sainte Thérèse d’Avila, la Santa Madre, la Dame errante de Dieu, possède à merveille ce charisme. La Santa Madre ne nous dit pas une parole qu’elle n’ait d’abord expérimentée et soumise à ses Pères spirituels qui par la suite lui ont ordonné de transmettre tous ses dons reçus de Dieu.
Thérésa de Alemada, est née en 1515 à Avila en Espagne, de racines juives, mais d’ascendants convertis comme beaucoup à l’époque. Elle entre dans la règle du Carmel, dans la lignée du prophète Elie à l’âge de 20 ans, et elle vit pour Dieu un amour passionné. Le Christ prend sa vie en main, et comme dans le Cantique des Cantiques, elle s’unira à Lui dans des épousailles mystiques culminant dans d’ineffables visions et jusque dans la « transverbération » où elle se sent embrasée par le feu de l’Amour Divin qui va lui laisser des traces, à tel point que son cœur physique aussi en sera touché. Ses reliques en témoignent…
La Santa Madre aura fondé 17 carmels féminins au sein d’un état de santé très fragile et dans des déplacements en chariot sur des milliers de kilomètres. Elle rend son âme à Dieu dans le carmel d’Alba de Tormes, le 4 octobre 1582 qui devient le 15 octobre par la réforme du calendrier.
« Mon Epoux et Seigneur, l’heure désirée est venue. Il est temps de nous voir, mon Aimé, mon Seigneur. »
Un parfum sublime exhale de son corps qui est aujourd’hui encore transmis par ses reliques à Alba de Tormes (Rachel en est témoin). La Santa Madre est canonisée en 1622 et sera la première femme proclamée docteur de L’Eglise en 1970. Mais la Santa Madre continue à vivre parmi nous depuis cinq siècles. Des carmels se sont formés dans tous les pays du monde, elle est ainsi fondatrice de Béthanie, à Gorze en 1982. Elle nous a laissé un héritage spirituel, une sagesse, une mystique, qui non seulement interroge beaucoup de chrétiens de toutes les religions, mais aussi des philosophes, des psychologues et des athées. Quelle grâce pour notre siècle !

Dans la lumière du Saint-Esprit, accueillons les précieuses paroles et les conseils que nous offre Sainte Thérèse d’Avila :
« Heureux le cœur amoureux, qui sur Dieu seul a fixé sa pensée, qui pour Lui renonce à toutes choses créées et trouve en Lui sa gloire et son contentement. Il vit insoucieux même de soi, car toutes ses intentions sont en Dieu. Ainsi, joyeux et fort heureux, il franchit les vagues de cette mer impétueuse… Que ton désir soit de voir Dieu, ta crainte de Le perdre, ta douleur de ne pas Le posséder, ta joie ce qui peut te conduire à Lui, et tu vivras dans une grande paix. »
Découvrons maintenant les richesses de l’oraison, ferments de la vie spirituelle des carmélites, mais aussi pour tous ceux qui prennent le chemin de leur transformation. L’oraison est une véritable échelle de Jacob, sur laquelle par étapes, nous montons vers Dieu, et sur laquelle par étapes, Il descend pour s’unir à nous.
« Que toutes décisions graves passent d’abord par la prière. Ecoutons Dieu ainsi qu’on écoute le meilleur des amis. Lorsque nous nous appliquons à faire Sa Volonté, nous n’avons rien à craindre, Il prend tout en main. »
« L’amour n’est jamais oisif. Puisque contempler, pratiquer l’oraison mentale et vocale, soigner les malades, faire des travaux ménagers, travailler même au plus bas office, c’est toujours servir l’Hôte qui vient habiter chez nous, y manger, s’y reposer ; que vous importe de vaquer à une chose ou à une autre ? Ce qui importe c’est d’aimer, car le Seigneur considère moins la grandeur des œuvres que l’amour avec lequel on les fait. »
Encore quelques conseils pour mieux pratiquer l’oraison :
« Représentez-vous le Seigneur Lui-même auprès de vous, et considérez avec quel amour et quelle humilité Il vous instruit, et croyez-moi, autant que vous le pouvez, ne vous écartez jamais d’un si bon Ami. »
Et maintenant pour finir cette brève rencontre avec Sainte Thérèse d’Avila, recevons ce cadeau que l’on a trouvé dans son bréviaire le jour de sa naissance au ciel, tout empli du parfum de son amour pour Dieu.
« Que rien ne te trouble
Que rien ne t’épouvante
Tout passe, Dieu ne change pas.
La patience obtient tout.
Celui qui possède Dieu
Ne manque de rien.
Dieu Seul suffit. »
Faisons de cette prière un pain quotidien qui transformera profondément notre vie.
Rachel Goettmann (1930-2014)
Prière
…Donnez-moi la mort ou la vie, donnez-moi la santé ou la maladie, donnez-moi honneur ou mépris, donnez-moi le combat ou une paix parfaite, la faiblesse ou la force accomplie, puisque à tout je dis oui : qu'ordonnez-vous qu'il soit fait de moi ? Donnez-moi richesse ou pauvreté, donnez-moi consolation ou désolation, donnez-moi joie ou tristesse, donnez-moi l'enfer ou donnez-moi le ciel, ma douce vie, ô soleil sans voile, puisque je suis à vous tout entière, qu'ordonnez-vous qu'il soit fait de moi ?
Sainte Thérèse de Jésus (1515-1582)
Les étendards du Roi s’avancent, la Les étendards du Roi s’avancent, la Croix dans son mystère brille, la vie y meurt dans les souffrances et par Les
étant Mère de la re de Dieu
Tu passes de la vie à la Vie, étant Mère e la Vie
et pTexte à méditer
Nous pouvons par la pensée nous mettre en Présence du Christ, nous embraser peu à peu du plus grand amour pour la sainte humanité, Lui tenir compagnie, Lui parler, Lui recommander nos besoins, nous plaindre à Lui dans nos peines, nous réjouir avec Lui dans les consolations, nous garder de L’oublier dans la prospérité. Ne cherchons point à Lui faire de beaux discours, parlons Lui simplement pour Lui exprimer nos désirs et nos besoins. C’est là une méthode excellente et elle nous fait avancer en très peu de temps. Celui qui s’étudie à vivre en cette précieuse compagnie, qui cherche à en retirer les plus grands avantages, y puise un amour sincère pour ce Maître auquel nous sommes redevables de tant de bienfaits ; celui-là je l’affirme, est avancé dans la foi de l’oraison.
Sainte Thérèse de Jésus (1515-1582)


