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Lettre n°207



« Le vin qui réjouit le cœur de l'Homme » ps 104


Chers amis,


« Faisons un Adam » dit Elohim, « dans notre image, capable de notre ressemblance. » Genèse 1.7


Le verbe « faire » préside à ce verset. Il rend compte d'une opération divine très distincte du verbe « créer ». « Créer », c'est poser l'autre en face à face. « Faire », c 'est travailler cet autre avec sa collaboration (synergie). L'Homme est ce matériau travaillé par l'artiste divin !


Dieu est un artiste et Il veut faire de chacun de nous un chef d'œuvre... « Tes mains m'ont façonné, elles m'ont fait tout entier » dit Job à Dieu, « et tu me détruirais ? » Le « faire » se joue à partir d'un élément crée. Nous ne sommes pas créateurs, nous sommes artisans. Notre vocation consiste à faire, avec l'aide de Dieu, une ressemblance qui soit conforme à notre identité la plus profonde. Ce faisant, au cœur de cette alliance du créateur et de sa créature, l'eau de « l'inaccompli » est changée en vin nouveau, symbole de ce qui « réjouit le cœur de l'Homme » et qui sera utilisé par l'artiste divin pour nous communiquer son sang précieux par le rite liturgique.


Les « noces de Cana » ouvrent un chemin possible de la nouvelle alliance qui est « de faire tout ce qu'Il vous dira. » Au cœur même de notre quotidien a lieu le « miracle inaperçu dans le bruit du festin. » (Lanza del Vasto). Dieu avec nous annonce l'alchimie retrouvée qui est de travailler avec Lui notre « Adamah », ce féminin intérieur dont l'épouse des noces est le signe extérieur. 



Nous devons résolument tourner nos regards vers nos profondeurs qui, il faut bien le dire, nous fascinent et nous font trembler. Il y a en chacun de nous une jungle où grouillent des animaux sauvages qui cherchent à nous dévorer... et qui bien souvent dévorent nos énergies ! C'est un parasitage quasi permanent dont malheureusement nous ne sommes pas toujours conscients...


Ces agressions intérieures se manifestent aussi à l'extérieur... On raconte qu'un jour le Bouddha fut agressé par une personne qui lui cracha dessus… ce dont le Christ fit aussi ô combien l'expérience ! Bouddha dit-on, essuya le crachat en disant : « Avez-vous quelque chose d'autre à dire ? » L'homme répliqua : « je viens de vous agresser ! Pourquoi n'êtes-vous pas en colère ou bouleversé ? » Bouddha répondit : « je ne suis pas votre esclave ; que je me mette en colère ou pas, c'est mon choix. Mon mental n'est pas esclave de vos actes ! »


L'alliance n'est pas non plus un esclavage... C'est une mise en lumière qui engendre l'être humain à lui-même. Nous ne sommes ni esclave de Dieu, ni des autres, ni de nous-mêmes. Toute la création est un hymne de louange face à l'alliance de deux libertés, celle de l'Homme avec son Dieu.


Cette liberté est aussi une grande responsabilité... Que « faisons-nous » de ce temps qui nous est donné... Comment vivons-nous cette liberté ? Le Christ, à chaque instant m'interroge, comme Il le fit pour les disciples de Jean Baptiste qui le suivaient près du Jourdain : « Que cherchez-vous ? », et on pourrait ajouter « en ce moment » dans ce que vous êtes en train de « faire » ?

 

Avec toute mon affection en Christ !

 

Père Francis

 


 

Prière


Heureux l’homme qui craint le Seigneur,

qui marche dans ses voies.

 

Tu jouis alors du labeur de tes mains,

pour ton aise et ton bien-être.

 

Ton épouse est comme une vigne féconde

au cœur de ta maison,

 

tes fils comme des plants d’olivier

autour de ta table.

 

Voilà de quels biens sera béni

celui qui craint le Seigneur !

 

Que le Seigneur te bénisse de Sion,

puisses-tu voir Jérusalem dans le bonheur,

tous les jours de ta vie !

 

Puisses-tu voir les fils de tes fils :

paix sur Israël !       

 

Psaume 128 (127)

 

 

 

 

Texte à méditer


Le Christ a choisi d’accomplir son premier miracle lors de noces. Il l’a fait, certainement, pour sanctifier le mariage. Pour sanctifier aussi la vie ordinaire, pour sanctifier aussi un événement joyeux et non un événement triste. Il aurait tout aussi bien pu commencer son activité de thaumaturge en guérissant un malade ou ressuscitant un mort, en soulageant des hommes dans la tristesse, en ouvrant les yeux d’un aveugle. Non ! Il a accompli comme premier miracle un acte dans une atmosphère de réjouissance, donnant ce commandement essentiel d’être dans la joie.

 

Saint Jean de Saint-Denis (1905-1970)

 



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