Lettre n°229 - Tous passants et pélerins
- centre béthanie
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Gorze, janvier 2026
Chers amis,
Nous sommes tous passants et pèlerins
Qui peut dire avec certitude d'où vient sa vie ? Et où va sa vie ? Et qui suis-je vraiment ? La véritable connaissance est une expérience, et elle manifeste l'énergie fondatrice de la création : « Dieu est Amour, et celui qui demeure dans l'Amour demeure en Dieu et Dieu en lui », nous dit l'apôtre Jean. Si nous remplaçons le mot amour par l'expression « puissance de vie », alors je suis une expression de cette puissance de vie qui est le Père, dont témoigne le Fils par la puissance des dons de l'Esprit saint qui procède du Père.
Cette puissance de vie venue du Père est la racine incréée de tout ce qui existe. Elle apporte au cosmos une information unique et divine.
« Le temps est accompli, et le royaume de Dieu est proche » ; nous sommes invités au festin du royaume et cette invitation est un appel au repentir : « Repentez-vous et croyez à la bonne nouvelle. » Ce repentir qu'on appelle aussi « metanoïa » est un mouvement éternel pour un renouveau sans fin. La « metanoïa » n'a pas de but, le but c'est la « metanoïa » !
Cette conversion des cœurs est possible en Christ et c'est le sens même de son incarnation. Il vient pour « faire toutes choses nouvelles » et Il transfuse à la création tout entière l'énergie de Sa personne divine. Ainsi la nature humaine et la nature divine sont unies dans la personne du Christ, sans confusion ni séparation.
Nous sommes donc régénérés dans nos fondements crées. Par le baptême reçu de Jean-Baptiste, le Christ régénère les éléments du monde : la terre, l'eau, l'air et le feu. Ces éléments constituent notre structure humaine fondatrice. L'eau est l'élément qui préside aux reins, lieu énergétique de notre « mandat céleste ». L'énergie des reins est l'engagement avec détermination. « Le Seigneur règne vêtu de majesté, le Seigneur a revêtu la puissance, Il l'a noué à ses reins. »
La grande question qui se pose aux pèlerins que nous sommes, est celle que nous pose Jésus à travers l'évangile de saint Jean quand Il demande aux disciples de Jean-Baptiste qui le suivent : « Que cherchez-vous ? »

Il nous invite à nous poser sans cesse cette question : A l'instant, en vérité, qu'est-ce que je cherche vraiment... Revenir encore et encore à cette question ontologique ! Pourquoi ? Parce que la réponse m'habite...et je n'aurai de réponse nulle part ailleurs. Mon véritable désir est d'adhérer au mouvement de la vie...Mon véritable besoin, ce que je cherche vraiment, c'est de danser la vie, d'être un vivant, dans une vie sur-abondante pour celui qui laisse vivre la vie en lui.
C'est véritablement une invitation aux noces. C'est le chemin de notre destiné où chacun vit sa propre vie, chante le chant de la vie dans sa propre mélodie en harmonie avec tout le cosmos... Le Christ transforme l'eau en vin aux noces de Cana, Il annonce que Sa présence au cœur de notre quotidien est une bénédiction qui transforme l'eau de notre quotidien en vin des noces : oui, le vin réjouit le cœur de l'homme, et ce vin deviendra dans le sacrement de l'eucharistie le sang du Christ, pour qu'il n'y ait plus entre Lui et nous la plus infime séparation. Avec le Christ s'arrête la religion... Il n'y a plus rien à relier : Il est le sang de mon sang, le souffle de mon souffle, la chair de ma chair : « Tout est accompli ! »
Je vous dis toute mon amitié en Christ, à bientôt !
Père Francis
Prière
Tu es apparu dans le monde, Toi qui as créé le monde, afin d’illuminer ceux qui étaient assis dans les ténèbres :
Ami de l’homme, gloire à Toi !
Que Dieu nous prenne en pitié et qu’Il nous bénisse, qu’Il fasse briller sur nous la lumière de Sa Face afin d’illuminer ceux qui étaient assis dans les ténèbres :
Ami de l’homme, gloire à Toi !
Ainsi on connaîtra Ses voies sur la terre,
Son salut, parmi toutes les nations, afin d’illuminer ceux qui étaient assis dans les ténèbres :
Ami de l’homme, gloire à Toi !
Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit.
Ami de l’homme, gloire à Toi !
Répons long des vêpres de la Théophanie
Texte à méditer
Si tu reçois dans ton âme le Verbe tout entier, tu réuniras en elle tous les remèdes. Évite seulement de méconnaître la mesure de la grâce ; évite seulement que par suite de ta somnolence et de ton insouciance, l’ennemi ne sème méchamment, après coup, de l’ivraie (cf. Mt 13, 25) ; évite seulement, après avoir donné de la jalousie au Malin à cause de ta pureté, de devenir, à l’inverse, digne de pitié par ton péché ; et le pardon que tu as obtenu gratuitement, maintiens-le par ta vigilance. Si le pardon t’est venu de Dieu, que le maintien du pardon vienne aussi de toi.
L’esprit impur est sorti de toi (cf. Lc 11, 24), expulsé par le baptême ; il ne supporte pas son expulsion ; il rencontre des âmes qui ont été baptisées et dont le bain a lavé la perversité : il craint cette eau, il est étouffé par cette purification, comme « Légion » le fut dans la mer ; il revient vers la maison dont il s’était éloigné ; il est impudent, il est opiniâtre, il attaque de nouveau, il tente un nouveau coup.
S’il trouve le Christ établi là et ayant rempli la place que lui-même a laissée vide, il est de nouveau repoussé, il s’en va sans avoir rien fait, il est piteux de sa course errante ; si, au contraire, il trouve en toi la place balayée et bien rangée (cf. Lc 11, 25), mais vide et inoccupée, prête à recevoir indifféremment celui-ci ou celui-là qui s’en empare le premier, il s’y précipite, il s’y établit en plus grand arroi, et le dernier état devient pire que le premier (cf. Lc 11, 26).
Saint Grégoire de Nazianze (390) Discours 40, 34-35






