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Lettre n°233 - Tout est accompli !


Gorze, mai 2026


Tout est accompli !


 C’est le don de l’Esprit au jour de la pentecôte qui constitue l’Église. Chaque fidèle devient un être charismatique pénétré, corps, âme, esprit des dons de l’Esprit Saint. L’orthodoxie est la forme du christianisme la moins traduisible en concepts. Parler de la Pentecôte est une chose ; vivre le mystère en est une autre. La conviction, venant des Pères de l’Eglise, est qu’il n’est pas bon de spéculer sur les mystères qui ne s’offrent qu’à la contemplation (et non à la seule rationalisation comme c’est encore trop souvent le cas dans nos discussions théologiques.) « Parler de Dieu est une grande chose » dit saint Grégoire de Naziance, « il est encore mieux de se purifier pour Dieu. »


L’Eglise sanctifie, prie, contemple, plus qu’elle n’enseigne et ne forme. Nous ne sommes pas à l’université pour l’acquisition de diplômes de spiritualité, mais pour l’acquisition de l’Esprit Saint qui fait de nous des « pneumatophores. » L’âme est instable, on le sait bien, il suffit d’observer nos « états d’âme », mélanges de pensées de toute sorte et d’émotions perturbantes ; mais l’esprit en l’homme, lui, est stable.

 

La liturgie et les sacrements nous stabilisent peu à peu dans notre esprit (que certains Pères appellent « la fine pointe de l’âme. ») Nous nous habituons à « bombarder » notre âme liturgiquement et sacramentellement dans le céleste palpable et vécu de la prière liturgique, afin que l’âme s’habitue, tout naturellement, à se sentir constamment en présence de Dieu. Présence de Dieu veut dire : paix, joie et amour vécu au jour le jour de manière plus ou moins intense et qui deviennent chaque jour une évidence quasi organique de la présence du Christ en nous. 




Icône de la Pentecôte de Saint Jean de Saint-Denis


« Toute parole conteste une autre parole, mais quelle est la parole qui peut contester la vie ? » dit saint Grégoire Palamas.

 

Ce Père de l’Eglise cite trois sources de la vie spirituelle : les écritures, la tradition des Pères et « son humble expérience de Dieu. » Cette humble expérience, nous pouvons l’appeler l’expérience fondatrice du « numineux » (pour reprendre ce terme formé par Rudolf Otto). Expérience de plénitude, d’ordre et d’unité qui se traduit par l’irruption du Saint Esprit au coeur même de notre quotidien le plus banal... A cette lumière, on peut comprendre à quel point le « mysticisme orthodoxe » découle tout entier de la parole de saint Pierre (2P1,4) : « Afin que vous deveniez participant de la nature de Dieu. » Une telle définition du but de la vie chrétienne signifie que le terrestre n’a de sens qu’à la mesure de sa participation au céleste.

 

Participer au céleste veut dire que notre spiritualité est essentiellement biblique, à la fois dans l’esprit du premier testament qui est le récit d’un peuple conduit par Dieu vers la terre promise et dans l’esprit du nouveau testament qui est la révélation plénière d’un Dieu d’amour qui nous rappelle sans cesse de choisir la vie, c’est à dire de suivre le chemin pour s’ouvrir à notre vérité et devenir des vivants.

 

Ce chemin c’est évidemment le Christ, puisqu’Il a dit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. » La parole du Christ, lue ou écoutée, conduit toujours à la parole vivante, à la présence de la personne du Verbe. Saint Ephrem conseille : « Avant toute lecture, prie et supplie Dieu pour qu’Il se révèle à toi. » Connaître, « naître avec » ce n’est pas voir de l’extérieur, mais assimiler, intégrer, s’identifier… En hébreux et en grec, le verbe connaître signifie « connaître par communion », avec un sens nuptial.

           

Je vous dis toute mon amitié en Christ, à bientôt !

 

Père Francis


Prière

 

Esprit Saint, Dieu Créateur, Dieu d’Amour, Dieu de douceur,

viens descend dans notre cœur…


Viens, répands sur nous tes Dons, seul Trésor des cœurs  fidèles,

et tous nous te bénirons, dans les splendeurs éternelles !


Prière attribuée au roi Robert II le Pieux (+1031).



Texte à méditer


Il est plus près de nous que nous-mêmes. Quand l’Esprit saisit notre être, nous ne savons plus où Il commence et où nous finissons : Il nous saisit, Il nous transperce, Il nous envahit comme la lumière du matin. Comme dit David le Psalmiste : où que j’aille, je Te trouve partout. Si je monte aux cieux, Tu y es ; si je descends dans l’abîme, Tu es là, derrière les mers et les océans, sur les terres, dans les airs, là-bas, je Te retrouve, ô mon Esprit Divin ! Chaque mouvement, chaque souffle est par Lui, avec Lui, en Lui, comme une flamme, comme le feu, comme une rosée, comme la lumière inaccessible, porteuse de la douceur puissante et de la paix…


…Quand nous L’avons ressenti, quand nous L’avons saisi – parce qu’on Le saisit – alors aucune épreuve, aucun trouble ne peut plus arracher de notre cœur cette joie que le monde ne connaît pas, parce que nous sommes déjà greffés à la Divinité.

Saint Jean de Saint-Denis,

Eugraph Kovalevsky (1905-1970)

Homélie de Pentecôte 1953


 





 
 
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