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Lettre n°205



Gorze, Novembre 2023

Chers amis,


« Avent » vient du latin « Adventum » répondant au mot grec « parousie ». C'est le temps de préparation de la fête de la Nativité du Sauveur. Qui dit préparation dit « jeûne, aumône et prière ».

De nos jours l'Avent est considéré comme le début de l’année liturgique, en fait le début de la nouvelle genèse inaugurée par l'incarnation du Verbe car Dieu se fait Homme !

Trois personnages apparaissent au premier plan de ce temps béni : Marie, Jean Baptiste et Isaïe. Dès le début des 42 jours de ce « carême d'hiver » le ton est donné : « Cieux, écoutez ! Terre, prête l'oreille ! Oui ! Adonaï parle ! »

C'est un rappel à l'évidence ! Oui, Adonaï parle. Il y a une « parole » qui est « prononcée », ici et maintenant, et nous sommes invités à entrer plus profondément dans l'écoute. Cette parole en moi est créatrice et elle régénère celui qui l'entend. « Être dans l'acte d’entendre, d’abord, puis écouter ce qui est entendu. »

Tout ceci nous ré-oriente à chaque instant dans la bonne direction. Jeûne, miséricorde, prière pour laisser notre cœur s'ouvrir un peu plus, le laisser devenir cette grotte dans laquelle va naître le Verbe. Bien sûr cela ne se fait pas sans notre participation avec un clair regard sur soi, regard éclairé par l'Esprit saint et qu'il nous faudra courageusement assumer... Oui ! Je ne comprends pas... Je ne connais pas... « un âne « connaît » la crèche de son maître » dit Isaïe, « Israël ne connaît pas ». Israël, c'est moi !

Ce manque de sagesse fait de nous « des malfaiteurs, des fils pervertis ». Alors Dieu demande : « Où faut-il encore frapper, vous qui persistez dans la rébellion ? » Persister dans la rébellion, ce n'est rien d'extraordinaire ! C'est une banalité au cœur de ma vie quotidienne la plus simple...C'est vivre dans l'atmosphère du « non à ce qui est ! » Ceci est, à chaque instant, la marque la plus flagrante des prétentions de l'ego. Vivre, au contraire dans l'atmosphère du « oui à ce qui est », c'est entrer dans une nouvelle naissance, celle du « Fils » en nous. « Si vos fautes sont comme l'écarlate, comme la neige elles blanchiront. Si vous consentez et entendez, vous mangerez le meilleur de la terre. »

Consentir, accueillir, devenir réceptivité, puis laisser être ce qui se donne en nous. « Présider à la Vie, ne pas accaparer ! » dit le Tao. Nous sommes invités dans ce temps de l'Avent à être à la fois Marie et Jean Baptiste. Ce que nous laissons mûrir en nous en accueillant cette vie telle qu'elle se présente ici et maintenant, se transmute en une voix « qui crie dans le désert » et qui m'appelle à la métanoïa permanente. Il y a en moi « plus grand que moi » et je ne suis pas digne de « délier la courroie de Sa sandale ». Peu importe d'ailleurs, ce qui compte c'est d'en devenir conscient pour que naisse en moi la véritable humilité, c'est à dire la véritable fécondité qui laisse être ce qui doit être dans l'harmonie de la symphonie universelle cosmique : « J'ai dit à l'amandier : Frère, parle-moi de Dieu ; et l'amandier a fleuri. » L'amandier se réjouit de sa floraison en accomplissant sa vérité d'amandier en silence !

Il y a en nous une exigence de floraison au cœur même des ténèbres de l'hiver... Comme Marie, nous sommes invités à laisser notre terre s'ouvrir pour que germe le Sauveur.

Contemplons durant ce temps de l'Avent la très Sainte Mère de Dieu car chaque âme est et devient ce qu'elle regarde. Nous sommes invités à une métamorphose du regard... invités à « prendre le temps des visages » ... pour se laisser « envisager » par la Présence, là où Elle de manifeste.


Avec toute mon affection en Christ !

Père Francis




 

Prière


Aujourd’hui, le monde se prépare à ton avènement,

ô Christ notre Dieu.

La désolation des hommes touche à son terme

et la mort est à l’agonie.

Tu viens en gloire juger les vivants et les morts,

et nous ressusciter par le souffle de ton Père.

Fidèles, relevons la tête et clamons : alleluia, alleluia, alleluia !

                     

Grande Antienne du 1er dimanche de l’Avent

 

 


 

Texte à méditer


… le jeûne corporel ne suffit pas ... Il faut y joindre le jeûne de l'âme ... Notre âme a elle aussi ses nourritures nocives. Le dénigrement en est une et on s'y complait volontiers; la colère en est une autre, la jalousie une autre encore, la vaine gloire enfin. Toute passion et toute divagation du cœur est une forme d'aliment qui nourrit l'âme de mets nocifs.

 

 

Jean Cassien, moine, Père de l’Eglise, Ve siècle


 

(Attention, les dates des 2 dernières sessions au bas de ce lien sont erronés, veuillez vous référer au calendrier des activités sur le site internet)




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