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Lettre n°210 - Choisis la Vie!



Gorze, Avril 2024


 

Choisis la Vie!

 

Chers amis,

 

 Dans le livre du Deutéronome, l’un des cinq livres de la Torah (la Loi), Dieu dit : « J'en prends aujourd'hui à témoin contre vous le ciel et la terre : j'ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité… »

 

En ce temps où nous venons de célébrer la mort et la Résurrection du Christ et dans le contexte sociétal qui est le nôtre aujourd’hui en France, cette Parole de Dieu, éternelle, prononcée aux hommes de tous les temps, tant à chaque homme qu’à toute l’humanité, prend un relief vraiment particulier.

 

En effet, vous aurez sans doute remarqué que c’est en plein carême (début mars) que l’inscription dans la constitution française des « conditions dans lesquelles s'exerce la liberté garantie à la femme d'avoir recours à une interruption volontaire de grossesse » a eu lieu et dans le même temps qu’a été publié le projet de loi dit « sur l’aide à mourir ».

 

Les deux nous sont présentés comme étant des droits de l’homme et de la femme à garantir et à élargir. Or ce qui nous est présenté comme de la compassion et de l’humanité, se révèle aussi comme étant un droit à stopper la vie dans son surgissement.

 

Avoir de la compassion pour les femmes en souffrance devant une grossesse non désirée ou pour les patients atteints d'une maladie grave, potentiellement mortelle, et en grande souffrance physique, psychologique, est une intention louable et, de notre part, un devoir d’amour.  Reste qu’on ne peut oublier qu’en France il y a eu 234 300 avortements pour 726 000 naissances en 2022. (drees.solidarites-sante.gouv.fr

 

Simone Veil, lors du débat sur la loi légalisant l’avortement, disait : « Je le dis avec toute ma conviction : l’avortement doit rester l’exception, l’ultime recours pour des situations sans issue. » 

 

Ne pouvons-nous rien faire pour que l’avortement devienne une exception, un ultime recours ? Ne pouvons-nous rien faire pour aider les femmes et les hommes d’aujourd’hui à recourir à la contraception s’ils ne désirent pas d’enfants ? Ne pouvons-nous rien faire pour aider concrètement et spirituellement les femmes qui vivent une grossesse non désirée ? Ne pouvons-nous rien faire pour les patients en fin de vie et en grande souffrance ? les soins palliatifs existent et sont remarquables, ne peuvent-ils pas être développés, généralisés ? On a de l’argent pour tant d’autres choses…

 

  Avant de répondre par l’avortement et le suicide assisté à ces grands drames que vivent nos contemporains, nous ne devons pas oublier de regarder en face les fondamentaux spirituels de l’humanité et, pour nous chrétiens, les fondamentaux de la Révélation. Dieu est l’auteur de la vie et Il est également le Seigneur et le Maître de la mort et du processus de notre mort. Le cinquième commandement ou cinquième Parole (de Dieu) dans la Torah dit sans autre commentaire : « Tu ne tueras point ». Cette parole doit nous interroger, nous percuter ! C’est vrai pour l’avortement et pour la fin de vie, mais aussi pour la guerre, la famine et toutes les situations mortifères.


Anastésis, icône copte
Anastasis, icône copte

Oui nous sommes appelés à accompagner et à soulager nos frères dans ces moments si difficiles, si particuliers et Jésus lui-même abrégeait les souffrances de ses contemporains. Il le faisait en guérissant les malades. Lui-même face à la souffrance et à la mort a dit à Gethsémani : " Père, s'il est possible, que cette coupe s'éloigne de Moi, mais que Ta Volonté soit faite et non la Mienne " (Mt.26,39).

 

" Un membre souffre-t-il, tous les membres souffrent avec lui " (1 Co 12:25-27), dit saint Paul. Cela puisse-t-il être vécu aujourd’hui par chacun de nous dans notre prière quotidienne et dans le concret de notre existence et de nos engagements. Tout est possible à ses sujets, sauf l’indifférence ! Nous sommes tous concernés car l’humanité est une, elle est un corps.

 

N’oublions jamais la parole de Dieu : « J’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité » (Deutéronome 30.19). Oui ! A      chaque instant nous avons personnellement devant nous la vie et la mort et nous faisons des choix !

 

Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de nous.

 


Avec toute mon affection en Christ

Père Pascal

 


 

Prière


…C’est Toi qui as formé mon corps,      

Tu l’as tissé dans le sein de ma mère.


Je Te bénis pour tant de puissance,      

pour le prodige de l’être humain.


Tes œuvres sont merveilleuses, Seigneur !      

Mon âme se plaît à les publier !


Ma substance ne T’était point cachée      

quand je grandissais dans le secret,      

tissé dans les profondeurs de la terre…

Psaume 139. 13-15

 



 

Texte à méditer


Que la personne en ait conscience ou non, le passage de la mort à la vie s’opère par la grâce du Salut et de la rédemption donnée par le Christ, car tout homme est associé au mystère pascal du Christ. L’enjeu de la fin de vie est capital… La difficulté est que cette décision (le suicide assisté) ne laisse pas un espace suffisant pour que la dimension transcendantale de la mort soit explorée jusqu’au bout. Toute personne retrouve en fin de vie ce qui a été semé dans son enfance. Et pour les chrétiens, c’est le Christ. Parfois il ne faut pas grand-chose pour que ressurgisse l’eau de la grâce, juste un peu de temps. Encore faut-il le laisser à chacun.

 

Abbé François Buet, médecin et aumônier à Marseille

 



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