top of page
  • Instagram
  • Facebook
  • Youtube
  • Facebook

Lettre n°235 - Dormition-Assomption Eté 2026


Chers amis,

 

 A la fin de son parcours terrestre, Marie ne vit plus d’agonie ni de catastrophe finale : elle passe de la vie à la Vie, comme le chante un hymne. 

     

C’est le mystère appelé « Assomption » : Marie ressuscite ! Etant devenue un avec la mort par pur amour, elle ne la subit plus de l’extérieur, comme un ennemi qui terrasse. 

   

Jésus est entré dans la souffrance et la mort, Lui, Dieu consubstantiel au Père et à l’Esprit Saint, pour métamorphoser ces lieux de ténèbres et de désespoir en chemin de résurrection. Maintenant, pour qui dit « oui » à la mort, la mort n’est plus l’endroit maudit de la corruption, le lieu du Dragon et des enfers, mais la chambre nuptiale où a pénétré l’Amour infini qui, désormais, y attend chacun. Marie est la première de l’humanité qui est entrée dans cette manière radicalement nouvelle de vivre la mort. Offrande parfaite, mort par conformité, identification avec l’Époux... 

   

Épouser la mort est le grand secret. Ici l’homme se trouve guéri définitivement par la déification de toute sa personne. Il n’y a pas de plus grande louange de gloire du Père que celle-là ! Ces épousailles ultimes du Christ mort et ressuscité sont la « doxologie » par excellence, l’heure de sa gloire ( Jn 17, 1).

   

Marie, dans tout son être, est devenue cette louange vivante. Sa résurrection, après celle du Christ, ouvre maintenant à toute l’humanité le Chemin vers le ciel, clos depuis tant de millénaires. Mais le ciel où pénètre le Christ et Marie ressuscités, c’est d’abord mon propre cœur, car le Royaume des cieux est au-dedans de vous. 

   

En Christ et par Marie, nous sommes donc déjà ressuscités (Col 3.1). Notre corps de mort est habité par eux qui ont tout accompli. Tout est en attente dans notre profondeur la plus charnelle, pesante et ténébreuse, pour un dépassement de notre moi conditionné, psychobiologique. Il suffit que l’homme entende l’appel intérieur et se mette en route, se nourrisse tant soit peu des trésors de sagesse qui reposent en lui, pour que le corps naisse à cette étincelle de conscience qui alors, d’étape en étape, le fait croître vers le corps de gloire.

 

Fresque le chapelle orthodoxe de Gorze
Fresque le chapelle orthodoxe de Gorze

VIVRE EST GLOIRE

   

Tout commence, dit saint Théophane le Reclus (XIX°s.), par le sentiment de cette mystérieuse Présence en nous. Sentir que Dieu est la Vie de notre vie (saint Augustin), laisser vivre en soi cette expérience jusqu’à la sensation du Divin (Saint Dumitru Staniloë), culminant parfois dans le tressaillement silencieux de tout le corps qui s’éveille. 

   

Par l’assomption de son corps en nous, Marie nous transmet son plus haut degré de louange, qui est la danse de sa résurrection. Danse dans la non-mort car, en vérité, vivre est gloire, écrit Olivier Clément. La danse n’est pas forcément une gestuelle, mais l’allégresse fondamentale de l’être dont participe le corps, même s’il reste immobile ! 

   

Dans ce sens, Marie est la danse personnifiée et on s’imagine mal qu’elle ait récité le Magnificat au garde-à-vous... La vie tout entière de Marie, sans péché, c’est-à-dire sans l’ombre d’une séparation, non seulement s’intègre spontanément à la grande danse cosmique de la Création, mais elle en est encore le couronnement. 

   

Son Assomption physique révèle maintenant aux yeux de tous pourquoi tout l’univers danse, depuis la danse des atomes jusqu’à celle des astres et des immenses nébuleuses de galaxies... En Marie toute la Création s’élève, devient totale transparence et atteint la plénitude de sa destinée : n’être que louange face au Créateur. Il n’y a plus d’extérieur et d’intérieur, de matériel et de spirituel, mais une seule grande vibration : la Joie.

                                                 

Père Alphonse Goettmann




Prière

Dans ton enfantement Tu de âmes de la mort.

                    Dans ton enfantement Tu demeures vierge,


dans ton Assomption Tu n’abandonnes pas le monde, ô Mère de Dieu.


Tu passes de la vie à la Vie, étant Mère de la Vie


et par tes prières Tu délivres nos âmes de la mort.


Grande Antienne de la Dormition ton Assomption Tu n’abandonnes pas le monde, ô Mère de Dieu. 

Tu passes de la vie à la Vie,

étant Mère de la re de Dieu 

Tu passes de la vie à la Vie, étant Mère e la Vie 

et pTexte à méditer


Mon sentiment c’est qu’il n’est pas facile de parler de la Mère de Dieu. Tout ce qui la concerne a quelque chose pour moi d’un peu secret, comme un secret que l’Eglise ne délivre que peu à peu. La Bonne Nouvelle, l’Evangile, est celle du Christ mort et ressuscité. La Vierge, elle, n’est pas du côté de l’annonce mais de l’accueil et elle est maintenant au cœur de la communion des saints. La louange de la Mère de Dieu dans les offices de l’Eglise orthodoxe s’entretisse toujours très discrètement à la louange du Christ et à la louange de la Trinité. 

                  

« Corps de mort et de gloire » (DDB), p.140.

                                           Olivier Clément, historien et théologien orthodoxe (1921- 2009)                  





bottom of page